OBSERVATION XX
Méningite suite Erysipèle de la face (Streptocoque ?) (Du Cazal, Soc. méd. des Hôpitaux, 8 janvier i8go).
Le 30 décembre, entrait dans le service de M. du Cazal, au Val-de-Grâce, un garde de Paris âgé de 34 ans.
Il avait un érysipèle remontant à 5 jours et qui avait eu pour point de départ une excoriation de l'aile du nez.
L'érysipèle évolue normalement. — Après guérison on constate un petit phelgmon de l'angle int. de l'œil gauche.
Le malade passe dans un service de chirurgie.
Incision le 5 janvier. Rien à signaler.
Le 7 au matin on le trouve mort dans son lit.
Autopsie. — Intégrité des sinus veineux, méningite supputée ayant envahi les faces du cerveau. Intense surtout au niveau de la fente interhémisphérique s'étcndant en arrière de chaque côté sur les hémisphères cérébraux.
Tout le tissu cellulaire de l'orbite était pris, le sinus frontal correspondant rempli de pus.
MÉNINGITES A COLI
OBSERVATION XXI De Neumann et Schceffer (In Th. Adenot).
M""^ S., 37 ans, entre le janvier 1887 à l'hôpital. D'après les voisins elle serait tombée malade à la suite de mauvais traitements que lui aurait fait subir de son mari.
Ce dernier prétend au contraire que, rentrant chez lui, il aurait trouvé sa femme étendue à terre, la lampe tombée sur la table gisant à côté d'elle.
La malade à son entrée est inconsciente, ses yeux sont fixes, la pupille gauche est plus dilatée que celle du côté opposé.. ,
La commissure labiale droite est 'un peu abaissée. Ses membres paraissent contracturés. Ses linges sont souillés de matières fécales. Sa déglutition est difficile, le pouls très affaibli. Pas d'exanthème.
Comme traitement on pratique des injections d'éther, glace sur la tête, moutarde aux mollets.
Mort le soir même.
Deux jours après.
Autopsie : Légère congestion à la base des poumons.
La pie-mère est infiltrée de pus sur le trajet des vaisseaux d'une façon générale. La face convexe est moins altérée que la base.
Les plus grandes altérations siègent au niveau du chiasma et des scissures de sylvius et sur la face supérieure du cervelet.
Les lésions sont aussi étendues des deux côtés.
Le tissu cérébral est œdémateux. Les ventricules cérébraux sont remplis d'un liquide louche.
Les enveloppes de la moelle sont épaissies et contiennent un liquide purulent.
Examen bactériologique. — Dans le pus bacilles grêles et très nombreux.
Ne liquéfient pas la gélatine :
Ce bacille est anaérobie facultatif.
Il est mobile et se colore comme le typhique.
Sur pomme de terre il pousse mieux que le typhique et donne au bout de peu de jours un dépôt grisâtre limité au point d'ensemencement.
Le bacille est pyogène, le bacille typhique ne l'est pas.
Suivent les résultats des expériences sur les animaux.
Remarque. — Nous pensons que ce bacille est le B. coli dans une de ses formes se rapprochant du B. d'Eberth.
OBSERVATION XXII Adeiiot (Résumée In Th. de Lyon).
Le 31 mars 1888, entre à la salle des Troisièmes Femmes, n° 34, dans le service de notre maître M. le D''
Clément, médecin des hôpitaux, dont nous avions, alors l'honneur d'être l'interne, une femme M. M., âgée de 42 ans, couturière, demeurant à Lyon, chemin de Baraban.
Hérédité inconnue.
Quelques symptômes d'hystérie.
Ménopause depuit huit mois. La malade se plaint de ressentir des douleurs vagues dans l'abdomen et le côté droit.
On ne constate rien d'anormal ni du côté des poumons ni du côté du cœur.
La langue est un peu rouge sur les bords ; les fonctions digestives sont à peu près normales sauf une constipation légère habituelle.
Pas de vomissements. L'abdomen est volumineux; adipose très marquée des parois.
La pression est douloureuse au niveau de la partie médiane au-dessus de l'ombilic. Pas de douleurs dans les fosses iliaques.
Pas de signes d'entéroptose et de néphropthose.
Jamais de douleurs rhumatismales.
Rien du côté du vagin.
La pression même légère au niveau des espaces intercostaux inférieurs droits est douloureuse. Il existe en ce point une véritable hyperesthésie delà région.
Pas d'anesthésie cutanée ni des muqueuses.
La malade semble d'une intelligence moyenne, elle rit presque constamment, parle beaucoup et avec volubilité. Parfois elle éclate de rire quand on lui adresse la parole, et souvent répond mal ou refuse de répondre.
Rien dans les urines.
Pas de fièvre.
Diagnostic. Névropathie hystérique.
4 avril. Perte de connaissance. Puis délire. Pas de convulsions.
5 avril. Incohérence. Hallucinations. Cherche à sortir de son lit, se débat; sourit ou pleure sans motif.
6 avril. Obnubilation, figure grimaçante, sardonique. Température le 6 au soir, 38''5
Température le 7 au matin, 38°8 Etat plus grave.
Regard incertain. Figure grimaçante sans déviation de la face. Expression stupide et souriante du visage, de temps en temps de petits soubresauts dans les membres.
Gêne de la déglutition.
Pas de strabisme. Pupilles plutôt rétrécies réagissant à la lumière. Légère inégalité.
Pas de vomissements. Constipation.
La malade exécute les mouvements qu'on lui commande.
Température le soir, jS^S, ; pouls, 108, régulier. 8 avril. — Mort.
^Autopsie du système nerveux ; forte congestion, méninges non adhérentes à l'encéphale.
Infiltration abondante gélatineuse dé la pie-mère, plaques et traînées opalines, blanchâtres dans les sillons et les scissures de sylvius.
Examen bactériologique. — L'auteur a trouvé un bacille ressemblant dans sa forme au bacille d'Eberth, mobile comme lui, poussant sur pomme de terre en culture brunâtre, dans un cas, ne poussant que très discrètement dans un autre et qui paraît bien être du coll.
MENINGITES A BACILLE D'EBERTH