‹ Des méningites suppurées non tuberculeusesChapitre 31 sur 52 · OBSERVATION XXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXX

Méningite cérébro-spinale aigué généralisée, association d'un pneumocoque à forme spéciale et du Bacterium coli (Inédit).

(Obs. due à Textrême .obligeance de MM. Touchart et Marie, internes des Hôpitaux.

Examen bactériologique fait par M. le Df Méry qui a bien voulu nous le communiquer).

Le nommé C. Eugène entre à l'hôpital de l'Hôtel- Dieu, salle Saint-Augustin.

On n'a aucun renseignement sur ce malade qui arrive

dans le coma. Il serait malade depuis huit à dix jours seulement.

Etat actuel. — Malade, 52 ans, bien constitué, solide, vigoureux ; état comateux absolu. Regard fixe mais sans déviation conjuguée de la tète et des yeux. — Pas de strabisme. Pas de paralysie. La sensibilité paraît conservée partout, le malade réagit très bien, à la figure. Il prononce des paroles incohérentes et mâchonne des mots incompréhensibles.

Raideur de la nuque.

Cœur. — Normal. Les bruits sont bien frappés. Pouls plein et bondissant, mais très régulier.

Poumons. Rien à l'auscultation ni à la percussion. — Respiration réguUère.

Le ventre est assez fortement rétracté en bateau.

Rétention d'urine, la vessie forme une forte saillie au dessus du pubis (Pas d'albumine).

Raie méningitique très marquée (longue à apparaître et lente à disparaître). Rien du côté des autres organes.

Pas de vomissements, le malade ne peut prendre que très difficilement un peu de lait.

Temp. 39°.

6 juin. — Aucune modification, même état, toujours même mâchonnement des mots et paroles incohérentes.

Temp., 38°, 4 et 37°, 8.

Mort dans la soirée.

Autopsie. — Poumons congestionnés.

A droite, anciennes adhérences réunissant les deux plèvres. — On ne peut sortir le poumon droit de la cage thoracique sans le déchirer.

Parenchyme. — Mou, flasque, presque noir. Pas de zones d'hépatisation.

Gauche. — Mêmes caractères que le poumon droit à un degré moins accentué cependant. Pas d'adhérences. Cœur normal.

Cavité abdominale. — Foie volumineux, un peu jaunâtre.

Raie petite et ferme.

Intestin. — Rien.

Cavité crânio-rachidienne. — Couche épaisse de pus sur la convexité des hémisphères, elle prédomine surtout au niveau des circonvolutions rolandiques et du lobe frontal.

Le lobe occipital est beaucoup moins touché. En certains points surtout au niveau des sillons l'épaisseur des fausses membranes atteint 2 et 3""" et plus. Leur couleur est verdâtre.

Base. — Au niveau de la protubérance et des pédoncules on retrouve encore des fausses membranes absolument semblables aux précédentes.

Cervelet et bulbe noyés dans un liquide blanchâtre franchement purulent. -

Pas de granulations tuberculeuses.

Moelle. — Fausses, membranes blanchâtres sur toute son étendue, arborisations vasculaires très nombreuses.

Pus dans r oreille droite.

Examen bactériologique (Dû à l'obligeance de M. le D-" Méry).

L'examen direct du pus a montré la présence de nombreuses chaînettes ne se décolorant pas par la méthode de Gram.

Sur les tubes de gélose ensemencés avec le pus, on trouve deux espèces de colonies, les unes, d'un blanc laiteux opaque, composées de bacilles mobiles se décolorant par le gram, colonies que ce premier examen et les cultures ultérieures nous ont permis d'affirmer être du bacille coll.

Les autres offrant l'aspect d'une goutte ou même d'une traînée d'huile transparente à la surface de la gélose et offrant à l'examen des chaînettes que nous avons trouvées à l'examen direct du pus.

Une souris, inoculée avec le pus, succomba au bout de 48 heures sans lésion au point d'inoculation, mais le sang contenait de nombreux cocci.Les cultures du sang donnèrent à l'état de pureté le microbe en chaînette trouvé dans le pus.

M. Netter nous fit remarquer qu'on pouvait déceler la présence d'une capsule étroite autour des microbes en chaînette. Ces caractères divers, existence de la capsule, aspect de la culture, sa durée maxima (4 jours) nous ont amené à penser qu'il s'agissait lànon d'un streptocoque mais d'un pneumocoque spécial, affectant la disposition en chaînettes qu'on doit rapprocher, d'après M. Netter, du pneumo-streptocoque décrit, dans les méningites cérébro-spinales par les auteurs italiens (Bonome, etc.).

L'inoculation du coli bacille, rencontré dans ce cas, faite à un cobaye, a montré qu'il était absolument dépourvu de virulence. Il est probable qu'il s'agit là d'un envahissement cadavérique par le bacille.

^marque. — Ce bacille, qui semble se rapprocher de celui décrit par Bonome, est en ce moment étudié par

MM. les docteurs Netter et Méry qui doivent donner sous peu le résultat de leurs recherches.

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