‹ Des Mesures Prises Par Les Romains Pour Encourager Les Constructions Et Pour Assurer La Protection Des Édifices Des Assurances MutuellesChapitre 1 sur 74 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

René CLÉMENT

Président: M. DESJARDINS, professeur.

DEL LYON-CAEN, professeur SUFFRAGANTS : LÉON MICHEL, Re Ü CHAVEGRIN, agrégés PARIS

LIBRAIRIE NOUVELLE DE DROIT ET DE JURISPRUDENCE ARTHUR ROUSSEAU, ÉDITEUR {#, RUE SOUFFLOT, ET RUE TOULLIER, 13.

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auteurs.

Châteauroux. — Typographie et Stéréotypie A. MAJESTÉ

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ET

La maison des anciens n’était pas seulement l'abri de la famille, le toit auquel on s’attache parce qu'il est le cadre des affections les plus chères et des souvenirs les plus précieux. Elle était autre chose encore, au moins dans les premiers âges, elle était le temple de la religion domestique.

A la place d'honneur, chez les Grecs, près de la porte d'entrée, chez les Romains, au centre même de l’habitation, se trouvait la pierre où l’on entretenait le foyer. C'était là que se tenaient les Pénates et les Lares !, et

4, Les Lares ou Mânes sont les âmes des ancêtres morts. L’expression, dii penates (dieux de l’intérieur) est plus large. Elle paraît embrasser à la fois, les Lares et les dieux d’en haut qui recevaient de la famille un culte particulier et, à l’origine, exclusif. Fustel de Coulanges, Cité antique, 1. I, chap. in; 1. II, chap. 11. — Le plus souvent, elle désigne ces

derniers dieux, mais la distinction entre les Lares et les Pénates, n’est pas toujours très nette, Duruy, Histoire des Romains, I, 83.

que s’accomplissaient les cérémonies de leur culte *.

Ce culte du foyer qui n’était autre, à l’origine, que le culte des ancêtres morts, paraîl avoir précédé de beaucoup la croyance à des dieux supérieurs, étrangers à la nature humaine, habitant les hauteurs de l’Olympe, et non pas les entrailles de la terre, à quelques pieds de la surface, comme les Mânes. Lorsque l’homme, personuifiant, dit-on, les forces de la nature pour les adorer, sous des noms divers, se fit de Ja divinilé une conception nouvelle, ce culte perdit de son crédit, mais ne disparut point. Il résista même aux attaques de la philosophie, quand elle vint ébranler, à son tour, la foi dans les dieux d’en haut. Sans doute, dès les derniers siècles qui précédèrent l'ère chrétienne, on ne croyait guère à la puissance des morts, mais le sceplicismelui-mème ne s’affranchissait pas des rites et des usages du vieux culte. « Horace, Ovide, Juvénal, dit M. Fustel de Coulanges, soupaient encore devant leur foyer et faisaient la libation et la prière ?. » Cicéron, qui se montre si dédaigneux des superstitions de son temps dans le raté sur la nature des dieux”, s’écrie, dans son plaidoyer Pro domo:« Qu'ya-t-ilde plus saint, de plus inviolable aux yeux de la religion, que la maison d’un citoyen? Là sont ses autels, là ses foyers, ses dieux Pénales, son culte, ses fêtes, ses cérémonies religieuses. C’est un asile si sacré pour tous que

A. Cilé antique, 1. II, chap. vi.

2. Cilé antique, 1. I, chap. nr, p. 25. — Les Grecs perdirent la foi dans les vieilles croyances beaucoup plus tôt que les Romains, dont la religion, plus sévère, était aussi plus respectée. G. Boissier, La religion romaine, J, chap. 1, $ 3; — Duruy, Hisloire des Romains. Introd., p. 121.

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