De nalura deorum, II
l'on ne peut, sans impiété, en arracher personne !. »
Changer de demeure, démolir, reconstruire sa maison ce n'étaient pas, comme chez les peuples modernes, de simples actes de la vie matérielle ; c’étaient des évènements qui Intéressaient la religion et qui ne pouvaient pas se reproduire souvent, sans troubler le culte domestique. Il était impossible d'abandonner, sans raison grave, l'enceinte où avaient vécu, et, souvent, où reposaient les ancêtres, les dieux d’aujourd'hui, ceux qui étaient les protecteurs de la famille, et qui seraient devenus, pour peu qu'on les eût négligés, des génies malveillants. Renverser ce petit temple, pour un motif futile, eat été aussi une impiété.
Le plus grand châtiment qu'on infligeait à un citoyen coupable d’avoir attenté à la sûreté de l’État, ou à la liberté, était de raser sa maison. C'était plus que le frapper dans ses biens, c'était le punir dans son culte qui était, en quelque sorte, banni comme lui de la cité. « Sp. Melius aspirait à la royauté, sa maison fut rasée... La maison de Sp. Cassius ayant élé abattue pour le même crime, l’on construisit sur le terrain le temple de Tellus. Dans les prés de Vaccus était la maison de M. Vaccus, elle fut confisquée et démolie, afin que le nom dela place rappelâtle souvenir de sa perfidie. M. Manlius, après avoir précipité les Gaulois du Capitole, ne se contenta point de la gloire d’un siimportant service ; convaincu d’avoir aspiré à la royauté, sa maison fut détruite, et l’on voit encore les deux bois sacrés qui en couvrent les ruines.» Cicéron, qui rapporte ces faits, dans son plaidoyer pour sa maison, s’indigne que lui, tant de fois proclamé par le Sénat le