‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 2)Chapitre 17 sur 63 · CAUSES ET EFFETS · texte numérisé non relu

CAUSES ET EFFETS

20. L'homme, au milieu d'événements de tout genre qui se passent sous ses yeux, n'a pas tardé à s'apercevoir que le plus souvent ils naissent les uns des autres d'une manière plus ou moins sensible. Ainsi, parexemple, il voit un corps en mouvement déplacer un corps en repos qu'il vient choquer-, il recommence l'expérience un grand nombre de fois, dans des conditions identiques, et le résultat est toujours le même : il ne peut douter alors que le déplacement du second corps ne doive être attribué au premier. Userait par trop étrange que ce déplacement en fût indépendant, et qu'il n'eût lieu que précisément au moment, arbitrairement variable, où le premier corps vient rencontrer le second.

Supposons maintenant une voiture immobile à laquelle un cheval est attelé. Après un certain temps, le maitre donne un signal, le cheval s'ébranle et la voiture se met en mouvement. Les mêmes choses se reproduisent un grand nombre de fois devant un spectateur : que devra-t-il penser ? Evidemment il jugera que le maitre a décidé le mouvement du cheval, et celui-ci le mouvement de la voiture; en d'autres termes, il dira : le commandement du maître a produit le mouvement du cheval, et ce dernier a produit celui de la voiture.

Si l'on présente un aimant à un morceau de fer libre, on voit ce dernier marcher vers le premier, et ce mouvement

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