‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 2)Chapitre 20 sur 63 · DE DIEU · texte numérisé non relu

DE DIEU

22. L'homme, ayant acquis la connaissance de l'état antérieur de la Terre, n'a pu se refuser à admettre pour l'espèce humaine une création postérieure à celle de la matière, et le sentiment de causalité l'a conduit à admettre un Créateur. L'immensité de ce qu'il connaît de l'Univers le porte à attribuer à ce Créateur une puissance sans bornes. A mesure qu'il acquiert plus de connaissances sur l'organisation des êtres vivants, sur la constance des lois auxquelles sont soumises les fonctions qui entretiennent la vie, et qui sont si compliquées dans l'animal même qui nous parait le plus infime, il se fait une idée de plus en plus grande de l'intelligence qui entretient ce qui a été créé, qui fait se reproduire les êtres d'une même espèce par une création différente de la première, et pourvoit ainsi à la continuité de l'existence de cette espèce.

Mais ce n'est pas seulement l'observation de la nature vivante ou inanimée qui conduit l'homme à admettre une cause créatrice et directrice, d'une puissance et d'une intelligence sans bornes : il y a été porté de tout temps par un sentiment instinctif qui lui a d'abord inspiré des croyances grossières qui se sont épurées peu à peu, se sont simplifiées de plus en plus, et réduites enfin à l'admission d'une seule cause qui a créé l'univers, tant animé qu'inanimé, et lui a imposé les lois qui le régissent et le conservent

Cette cause unique et universelle, nous lui donnerons le nom de Dieu.

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