‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 5)Chapitre 218 sur 219 · CHAPITRE XXVI. .i4g · texte numérisé non relu

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par le soleil sur la portion de la terre qui dépasse la sphère, dont le diamètre est la dislance de ses deux pôles. Il est parvenu, malgré le peu de ressources que lui offrait l'état de la science, à ce grand résultat : que cette action devait produire sur Taxe de la terre un mouvement très lent autour de l'axe de l'écliptique. Ainsi léquateur terrestre, toujours également incliné sur le plan de l'écliptique, devait le couper suivant une ligne variable faisant une révolution entière dans un intervalle de plus de vingt-six mille années. Les points d'intersection de cette ligne avec la circonférence de l'écliptique étant les points équinoxiaux, il en résulterait pour ces points le mouvement régulier de précession que l'on connaissait depuis si longtemps, et dont on ne soupçonnait même pas la cause.

Mais la loi de la précession des équinoxes est légèrement troublée par l'action de la lune, qui, par un effet semblable à celui du soleil sur le ménisque terrestre, produit sur l'axe de la terre une légère déviation qui s'accomplit dans une période d'environ dix-huit ans, et à laquelle on a donné le nom de natation.

La théorie de Newton l'a ainsi conduit à l'explication des mouvements du globe terrestre, considéré dans son ensemble comme un corps de figure invariable ; mais il lui a été donné "ncore de reconnaître les causes des mouvements périodiques qui ont lieu à la surface de l'Océan, et que Galilée lui-même n'avait pas soupçonnées. Il a reconnu que cette sorte de perturbation, que l'on nomme ^wx et rejlux^ était due à l'inégalité de l'attraction exercée sur les différents points de la terre, tant par le soleil que par la lune. Galilée, après avoir réfuté différentes explications de ce remarquable phénomène, en a donné lui-même une tout aussi inadmissible; mais, ne connaissant pas la gravitation universelle, il ne pouvait en trouver la vraie théorie,

DuH. — Méth. IV. ag

45o DU MOUVEMENT PRODUIT PAR LES FORCES.

Nous n'en dirons pas davantage sur le grand problème du mouvement d'un système de corps libre ; pour les détails et les calculs qui s'y rapportent, nous ne pouvons que renvoyer aux Mémoires et aux Traités spéciaux de Mécanique céleste.

Nous n'avons voulu que poser la question et en indiquer les grandes divisions : nous ne pouvons faire plus, d'après l'objet de cet Ouvrage; mais nous n'avons pas cru devoir faire moins.

1. Dans celle Partie de noire Ouvrage, nous nous sommes proposé de donner un exemple de l'application de nos méthodes générales à la formation d'une science de raisonnement, dont les éléments dépendraient du système matériel au milieu duquel nous vivons.

Nous avons choisi à cet elTet la propriété la plus simple et la plus générale de la matière, qui joue un rôle dans presque tous les phénomènes que nous ofTrent les corps, indépendamment de l'espèce particulière de la matière qui les compose, et se présente par conséquent la première à notre étude : cette propriété est la mobilité.

2. On reconnaît bientôt que le plus ordinairement le déplacement d'une portion quelconque de matière n'est pas spontané et est dû à quelque chose en dehors d'elle; et cette observation est si générale, que, lors même que cette cause nous est cachée, nous sommes portés à admettre qu'elle existe. Ces causes de mouvement, que nous trouvons en nous-mêmes, et dont nous avons le sentiment toutes les fois que nous déplaçons un corps, nous les nommons des forces.

Une force met un corps libre en mouvement; mais plusieurs forces agissant sur un même corps, pourraient se détruire mutuellement, et le corps ne serait pas déplacé. Dans ce cas, on dit que ces forces sont en équilibre. L'objet que nous avons eu en vue a été l'étude de ces mouvements ou de ces équilibres; et l'ensemble de leurs

452 nr mouvement produit par les forces.

lois, c'est-à-dire des rapports nécessaires résultant de Taclion des forces sur les corps, constitue la science des forces.

3. Pour qu'elle devienne une science de raisonnement, il faut, comme nous l'avons dit précédemment, connaître la nature des forces , c'est-à-dire connaître assez de propriétés des forces, pour que tous leurs effets en soient des conséquences nécessaires.

Ces propriétés fondamentales, qui renferment virtuellement la science entière, ne peuvent être obtenues que par l'observation des phénomènes; car le monde matériel aurait pu être soumis à des lois différentes de celles qui le régissent, et, par conséquent, ces lois ne peuvent être découvertes par l'intelligence de l'homme qui se placerait en dehors de ce monde réel.

C'est l'établissement de ces lois fondamentales qui a dû nous occuper d'abord.

4. Les forces sont de ces choses qui ne peuvent être définies; dire que ce sont des causes de mouvement, n'est pas réellement les définir, puisque ces causes n'étant pas connues d'avance, ce ne serait que substituer un mot à un autre. Mais, ce qui est essentiel, c'est que leur égalité et leur addition soient définies avec précision; et c'est parla que nous avons commencé.

Quant à l'établissement des principes fondamentaux, nous nous sommes d'abord occupé de ceux qui se rapportent à l'équilibre, parce qu'ils sont plus simples et moins nombreux que ceux qui se rapportent au mouvement; et nous avons exposé complètement la science de I «Hjuihbre, avant de nous occuper de celle du niouvonunt, non seulement parce qiu^ la première est plus facile, mais encore parce qu'elle est la base de la seconde.

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