‹ Des méthodes dans les sciences de raisonnement (volume 5)Chapitre 5 sur 219 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

1. Dans la première Partie de cet Ouvrage, nous avons fait connaître la méthode que l'on devait suivre pour la formation d'une science de raisonnement, c'està-dire d'une science dans laquelle tous les rapports entre les choses qu'on y considère sont des conséquences nécessaires de vérités et de données premières, admises avec le sentiment de l'évidence. Les premiers exemples, que nous avons donnés de cette méthode, se rapportaient à la science des nombres et à la science de l'étendue; nous allons maintenant l'appliquer à la science des forces.

Les données fondamentales des deux premières, quoique fournies jusqu'à un certain point par l'observation des objets naturels, sont indépendantes de l'espèce de la matière qui les compose, et qui peut varier de l'un à l'autre : elles ne se rapportent qu'à la distinction et à l'étendue de ces objets. On y fait abstraction de la matière môme, et l'on vit dans le monde idéal de la grandeur, de la figure et du nombre, dont le sentiment pourrait rester en nous lors même que le monde matériel, qui nous l'a donné, se trouverait anéanti.

2. Mais les données premières d'où résultent les lois de ce monde idéal seraient insuffisantes pour dé-

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