INTRODUCTION
Les études ophthalmologiques ont acquis, depuis ces vingt dernières années, un développement sans exemple dans l'histoire de la médecine, par sa rapidité et son caractère éminemment scientifique.
En effet, les moyens d'exploration de l'œil ont atteint une perfection si grande, que ses altérations les plus profondes peuvent être observées aujourd'hui avec une précision presque mathématique. D'un autre côté, la connaissance parfaite des lois de l'optique a permis d'établir sur des bases certaines la physiologie et la pathologie de l'accommodation et de la réfraction, naguère encore confuses et mal définies. Enfin la chirurgie oculaire elle-même s'est enrichie de conquêtes sans nombre.
Ces brillantes découvertes, dues aux travaux persévérants de quelques hommes illustres, parmi lesquels brillent au premier rang MM. Helmoltz, Donders, de Grœfe et Bowman, auraient pu, comme tant d'autres, rester stériles pour la pratique; mais elles ont donné lieu à des applications nombreuses.
qui n'ont pas tardé à se généraliser, et la thérapeutique des maladies externes, comme celle des affections profonde^ de l'œil, a fait en peu de temps des progrès auxquels on semblait ne devoir jamais atteindre.
Ce grand mouvement scientifique, qui a pris naissance en Allemagne, a trouvé en France une extension rapide, et d'un côté comme de l'autre un vaste champ s'est ouvert à l'expérience. Peu à peu toutes les questions importantes del'ophthalmologie. ont été soigneusement révisées, et la lumière s'est faite sur un grand nombre d'entre elles. Quelques-unes cependant sont encore indécises, et parmi celles-ci se place en premier lieu la question du traitement chirurgical de la cataracte.
Tous les chirurgiens ont été frappés des revers inattendus que donnent les méthodes anciennes d'opération de la cataracte, dans bien des cas où elles ne devraient compter que des succès. Après avoir exécuté fidèlement l'abaissement ou l'extraction et s'être retirés confiants dans une guérison parfaite, que de fois n'ont-ils pas vu s'évanouir leurs plus chères espérances ! Aussi ne faut-il pas s'étonner qu'ils aient cherché à se prémunir contre ces désastres imprévus et décourageants, et à modifier les procédés opératoires de façon à rendre les guérisons de plus en plus nombreuses, et aussi indépendantes que possible de l'état des malades et du milieu dans lequel ils se trouvent.
Présentées par des hommes dont les noms sont chers à la science, ces nouvelles méthodes, qui paraissaient pleines de promesses, ont été accueillies avec enthousiasme. L'opération de M. de Graefe, qui résumait à elle seule tous les essais tentés jusqu'alors, a été immédiatement soumise à l'expérimentation.
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et l'on peut constater que ses résultats ont bientôt confirmé les espérances qu'elle avait fait entrevoir.
Toutefois, soit par habitude, soit par méfiance, un bon nombre de chirurgiens hésitent encore à abandonner les anciennes méthodes à l'aide desquelles s'est fondée leur juste réputation. En un mot, le monde ophthalmologique est en ce moment divisé en deux camps : dans l'un, sont les partisans de l'opération nouvelle ; dans l'autre, ceux qui la critiquent ou qui attendent.
Cependant cette indécision ne peut se prolonger plus longtemps, et, maintenant que l'on compte par plusieurs milliers les opérations pratiquées à l'aide du procédé de M. de Grsefe, il me semble qu'il est possible de trancher cette importante question. Ce sera là l'objet de mon travail.
Le choix de ce sujet pour ma thèse inaugurale m'a été suggéré par le D"' Emile Martin, directeur de l'Institut ophthalmique de Marseille, dont j'ai suivi assidûment la clinique pendant plusieurs années. Mes idées en ophthalmologie se sont formées auprès de lui, et je suis heureux de pouvoir le remercier publiquement d'avoir bien voulu me prêter pour les conclusions de ce mémoire l'appui de ses conseils et de son expérience. Les observations que je publie, pour servir au jugement de l'extraction linéaire composée, sont toutes tirées de sa pratique, et la plupart, recueillies à l'Institut ophthalmique, se rapportent à des opérations auxquelles j'ai assisté,
et dont j'ai pu, plusieurs mois après, constater le résultat définitif.
divise mon travail en trois parties. Dans la première,
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j'apprécierai brièvement les avantages et les inconvénients des anciennes méthodes , sans entrer dans la description du manuel opératoire, que je suppose parfaitement connu.
Dans la seconde, je décrirai complètement le nouveau procédé de M. de Graéfe (extraction linéaire composée), et je ferai suivre cette étude des observations qui s'y rapportent.
La troisième partie sera réservée aux conclusions.