‹ Des methodes generales d'operation de la cataracte et en particulier de l'extraction lineaire composeeChapitre 2 sur 13 · DE QUELQUES PROCEDES PARTICULIERS · texte numérisé non relu

DE QUELQUES PROCEDES PARTICULIERS

Il existe deux méthodes fondamentales et générales d'opération de la cataracte: V abaissement et V extraction. Toutefois, avant de les examiner, je dirai quelques mots des procédés particuliers applicables aux cas spéciaux, tels que la discision, V extraction linéaire simple et V aspiration.

Y La discision consiste à faire une ouverture dans la capsule du cristallin, pour mettre ce dernier en contact direct avec l'humeur aqueuse qui en imbibe la substance, la gonfle et amène peu à peu sa résorption. C'est une opération très-

rationnelle, d'une exécution facile et relativement exempte dé dangers, surtout lorsqu'on a soin de proportionner,, comme l'indique M. de Grsefe, l'ouverture de la capsule au gonflement cristallinien que l'oeil peut supporter sans augmentation de la tension intra-oculaire. Malheureusement, elle ne peut être appliquée aux cataractes ordinaires de l'âge mûr, parce que celles-ci se prêtent peu à la résorption, qui exigerait un temps très-prolongé (dix-huit mois ou deux ans), pendant lequel l'œil serait exposé à une foule de complications. On l'emploie exclusivement pour les cataractes sans noyau dur, pour les cataractes stratifiées des sujets jeunes, dans lesquelles l'opacité est trop étendue pour permettre d'y remédier par une simple pupille artificielle, et enfin pour les cataractes capsulaires très-peu épaisses.

Dans le but de restreindre le nombre des points de contact des masses cristalliniennes avec l'iris et de prévenir l'inflammation de cette membrane, M. de Gi'sefe a proposé d'associer à la discision une iridectomie pratiquée à la partie supérieure. Ce moyen offre, en outre, l'avantage d'éviter les complications glaucomateuses qui naissent à la suite d'une imbibition et d'un gonflement trop rapides du cristallin et déterminent la compression des nerfs intrinsèques de l'œil.

Le professeur de Berlin a encore apporté à la discision simple une autre modification, qui consiste à faire avec une aiguille large une ponction à la cornée, de manière à obtenir une plaie très-étroite. Cette plaie permet la rétention de l'humeur aqueuse à mesure qu'elle se reproduit, et on peut, en exerçant une pression sur une de ses lèvres, évacuer à plusieurs reprises une petite quantité de l'émulsion cristallinienne suspendue dans le liquide de la chambre antérieure.

Dans les cas où l'on emploie la discision pour les cataractes capsulaires peu épaisses, M. Bowman (1), de Londres, a proposé

(1) Ophthalmic hospital Rep . , 1865, vol. IV.

de se servir de deux aiguilles que l'on introduit à travers la cornée. L'une sert à immobiliser la mince opacité, que l'on attaque avec l'autre et qui serait souvent trop mobile pour se laisser dilacérer avec une seule aiguille.

Il y a quelques années, MM. Mannhardt et de Gr8efe(l) ont employé la discision comme moyen préparatoire à l'extraction, dans les cas de cataracte non mûres, pour amener rapidement l'opacification du cristallin. Mais ce ne doit être là qu'un procédé d'exception, réservé pour les sujets qui se trouvent dans l'impossibilité de se servir de leurs yeux pendant longtemps, à cause de l'existence d'une cataracte double présentant une marche extrêmement lente.

2° 'L'extraction linéaire simple a pour but de faire sortir une cataracte par une plaie rectiligne de la cornée, de 5 à 6""" d'étendue. C'est un procédé particulier auquel M. de Grsefe (2) a eu le mérite d'assigner son véritable terrain, en restreignant son usage aux cataractes entièrement molles et aux cataractes ramollies qui succèdent, chez les jeunes sujets, à une blessure de la cristalloïde. On conçoit, en effet, qu'il ne peut être employé pour les cataractes dures, dont l'issue, alors même qu'elle serait possible, entraînerait nécessairement la contusion et l'irritation de l'iris et de la plaie cornéenne.

Aussi cette opération n'est-elle entrée dans la pratique qu'à l'époque où les moyens d'exploration ont été assez perfectionnés pour éclairer l'observateur sur la consistance exacte de chaque variété de cataracte.

3° La swcc^b?^ ow. aspiration, au moyen d'une aiguille creuse, est encore un procédé qui a été employé quelquefois pour les cataractes liquides. On prétend que Rhazès l'a, le premier, mis en usage chez les Arabes. Il avait été complètement oublié, lors-

(1) Klmische Monatshlàtter fur Augenheilimnde, 1864, p. 408.

(2) Archivfûr Ophthalmologie, 1855, 1, 2, p. 21.

que, en 1847, M. le professeur Laugier essaya inutilement de le mettre en honneur en France.

Dans ces derniers temps, des expériences sur ce procédé ont été reprises en Angleterre, au moyen de l'aiguille de Laugier, avantageusement modifiée par M. Bowman, qui a donné à son appareil la forme d'une curette aboutissant à un petit corps de pompe. Comme il faut faire précéder l'introduction de cet instrument, dans la chambre antérieure, d'une petite incision de la cornée et de l'ouverture de la capsule, on ne voit pas pourquoi les cataractes entièrement liquides, pour lesquelles on l'emploie, ne sortiraient pas aussi bien directement à travers la section linéaire. L'aiguille à succion semble donc tout à fait superflue, et elle est de nouveau tombée dans l'oubli.

Après avoir donné une mention à ces procédés exceptionnels, je vais maintenant passer en revue les méthodes générales d'opération de la cataracte, en commençant par l'abaissement.

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