OBJET DE CET OUVRAGE
La science d'une chose est l'ensemble des lois de cette chose. Pour qu'elle soit ce que nous avons appelé une Science de raisonnement, il faut que toutes ces lois puissent se déduire comme conséquences nécessaires de vérités admises, înconte stables, et déterminant complètement ce qu'on peut appeler la nature de la chose.
Dans notre Ouvrage sur les méthodes, nous avons dit comment on procédait à la formation des Sciences qui peuvent être élevées à ce rang, et nous n'avons cru pouvoir faire l'application de nos principes qu'à trois Sciences seulement : la première, des nombres; la seconde, de l'étendue; la troisième, des Jbrces.
Cependant, quelques branches d'autres Sciences, particulièrement de la Physique, peuvent être traitées de la même manière que les trois que nous venons de nommer, en considérant certaines hypothèses très - vraisemblables
Duji. — Mélh., V. I
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comme étant l'expression exacte de la vérité ; et généralement l'esprit de cette méthode peut diriger dans l'étude de tous les sujets dont les éléments ont entre eux des liaisons qui permettent l'emploi du raisonnement. C'est ce que nous nous proposons de montrer ici, en prenant pour exemples la Science qui semble le moins susceptible de se prêter à la rigueur du raisonnement, et qu'on serait même tenté de regarder comme étant entièrement du domaine du sentiment et de la foi, la Science de l'homme moral.
Ce que nous entendons par l'homme moral , c'est l'homme considéré principalement sous le rapport du bien et du mxil, tant à l'égard de lui-même qu'à l'égard de ses semblables. D est inutile de dire que nous ne ferons pas abstraction de son intelligence, qui joue un rôle important dans presque tous ses actes ; mais elle ne sera pas l'objet spécial de notre étude, qui n'est pas la recherche de la vérité en général, mais de la vérité en ce qui concerne les sentiments et les actes des hommes.
D'après la méthode dont nous voulons faire ici l'application, nos premières recherches devront avoir pour objet la connaissance des données propres à déterminer la nature de l'homme. Elles se diviseront en deux Parties bien distinctes : la première, relative à l'homme individuel, la seconde, à l'homme social.
Ce premier objet étant rempli, le moins imparfaitement qu'il nous sera possible, nous essayerons d'en déduire les conséquences les plus générales et les moins incontestables. Cette ébauche sera bien loin sans doute de constituer une Science de raisonnement; mais elle sera quelque chose de plus qu'une croyance aveugle à des vérités imposées, autre chose surtout qu'un ensemble de règles de pure conven-
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