‹ Des méthods dans les sciences de raisonnementChapitre 168 sur 198 · DU BIEN ET DU MAL · texte numérisé non relu

DU BIEN ET DU MAL

23. L'iiomme ayant reconnu dans la plupart de ses actes un but déterminant, une volonté, a dû nécessairement admettre, dans l'Etre qui a créé l'Univers, une 'volonté et lin but.

La conformité à cette volonté est ce que j'appelle le Inen; l'opposition, le mal.

L'obéissance à cette volonté est ce que j'appelle le rfevo»de riiomme.

L'iiomme a donc le devoir ou Yohligation de ne faire que des actes conformes au bien. Cela ne veut pas dire qu'il doive faire tout ce qui est bien et possible ; mais il y a des cas où l'abstention est un mal; de sorte que ce n'est pas seulement par des actes qu'on peut être en opposition avec la volonté de Dieu, mais encore par des omissions.

Le but de l'espèce humaine est celui que lui a assigné la volonié du Créateur. Il est donc nécessairement bon; mais tous les moyens ne doivent pas être employés par l'homme pour y parvenir ■, ils sont assujettis, comme tous ses actes, à être conformes au bien.

La matière inerte obéit sans résistance aux lois qui lui ont été assignées ; mais il n'en est pas de même de l'homme, à qui Dieu a donné l'intelligence et le sentiment, et dont les actes, tout eu dépendant à un certain degré de son organisation matérielle, résultent de la délibération du principe immatériel qui est en lui.

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Les actes des hommes ne pouvaient dond être déterminés par un principe régulier et fatal comme l'attraction : il fallait que chaque individu eût une connaissance suffisante du bien ou de la volonté de Dieu; et c'est ce qui lui a été (Sonné par une rèwélaîion , qui ne manque à aucun homme. La connaissance ainsi acquise du bien et du mal est ce qu'on appelle la conscience.

La science du bien et du mal se nomme la morale. Elle dirige le sentiment qui pourrait quelquefois s'égarer.

La connaissance du bien, indispensable pour le faire, n'était pas suffisante, il fallait le faire aimer et faire haïr le mal : ce sentiment a été profondément imprimé dans tous les hommes, et les plus dépravés ne peuvent parvenir à l'éteindre complètement en eux.

Dieu a donc voulu que l'homme éprouvât de la satisfaction à faire le bien, et c'est en cela principalement que consiste ce qu'on appelle sa bonté ; car il pouvait se faire obéir par la souffrance aussi bien que par le plaisir. Quant au mal, si l'on est souvent entraîné à le faire par un intérêt quelconque, le souvenir en est douloureux, et le coupable est puni parle remords.

24. L'homme, amené, tant par l'intelligence que par le sentiment, à la croyance à un Créateur, dont sa conscience lui indique la volonté générale, ne peut croire que ce Créateur ait voulu l'induire en des erreurs et des illusions perpétuelles. Ce sentiment est profondément gravé dans le cœur de tous les hommes; et, bien qu'ils se trompent quelquefois, ils ne doutent pas qu'un sentiment ou une croyance que tous les hommes ont partagée en tout temps ne soit la vérité : « C'est pour cela, dit Descartes, que je crois à la vérité des théorèmes de Géométrie, admis par tout le monde. C'est pour cela que nous croyons à l'existence des corps extérieurs, malgré les égarements fortuits des sens.

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Et nous n'escepVms pas celle de notre propre corps : car rhomme est tout entier dans la pensée, le sentiment et la

sensation, et tout cela n' entraîne pas nécessairement l'existence des molécules physiques, auxquelles cependant nous croyons, d'abord instinctivement, et ensuite par la raison que nous venons de donner. Il est des philosophes qui, par des considérations purement humaines appréciées par leur raison seule, se sont créé un type de ce qu'ils appellent le bi<in, sans que Dieu y intervienne en aucune manière. Ils scmhlcnt ignorer qu'ils ne sont parvenus à cette notion, si toutefois ils sont dans le vrai, que parce qu'ils ont suivi les indications de leur conscience, qui leur a été donnée par Dieu pour leur faire connaître sa volonté. Ils se figurent avoir établi le bien, et, s'ils croient en Dieu, ils déclarent, dans leur orgueil, qu'il ne peut vouloir autre chose. »

Celte opinion est, comme on le voit, l'inverse delà nôtre. îNous prenons pour principe du bien la volonté de Dieu, et nous le connaissons par la révélation qu'il nous en fait, et que nous appelons la conscience.

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