DES DEUX PRINCIPES QUI CONSTITUENT L'HOMME
2S. La partie matérielle de l'homme, dont nous venons de reconnaître l'existence, est composée des mêmes éléments cliiniiques qu'mie multitude de corps inertes que l'on rencontre dans la nature : on y trouve de l'oxygène, de l'hydrogène, du carbone, de l'azolo, du phosphore, de la chaux, etc., etc. Ces divers éléments, considérés séparément, ne présentent rien qui donne l'idée de sensation, de sentiment ou de pensée ; et l'on ne se figure pas facilement que leur réunion, dans les proportions mêmes où ils se trouvent dans le genre humain, put produire rtcn de semblable, en supposant même qu'ils fussent disposés de manière à en former les différents organes. C'est pour cela que de tout temps on a admis qu'il y a autre chose dans l'homme que les éléments matériels que l'on peut mesurer et peser; qu'il y a un autre principe, invisible et impondérable, une àme qui sent et pense, qui a besoin des organes matériels pour entrer en relation avec la nature, et qui, par son union mystérieuse avec le corps, constitue l'ôtre humain. Ce second principe, qui ne tombe pas sous nos sens, est rejeté par ceux qui ne croient que sur le témoignage des sens. Cependant, ne serait-ce pas insensé à l'homme de déclarer qu'il ne peut exister que de la matière ; et si l'on admet qu'il peut esister des êtres immatériels, qui par cela même ne peuvent être aperçus au moyen des sens matériels, comment pourrait-on déclarer impos-
Hosted by
siLIc l'union d'un pareil être et de la matière gui forme le corps humain !'
26. Amour de soi. — Vous admette/, autour des atomes qui composent les corps des fluides impondérables qui, par leur séparation ou leur réunion, produisent des effets prodigieux, et cependant vous ne les voyez, ni ne les touchez; devez-vous regarder comme impossible l'existence d'êtres encore moins matériels que les fluides impondérables auxquels vous croyez sans scrupule ? Et si vous trouvez quelque difficulté à les admettre, trouvez-vous plus naturel de croire aux découvertes géométriques faites par des molécules tbimiques convenablement groupées?
Vous dites que les forces qui sollicilenl toutes les molécules solides ou liquides qui composent le corps liumain déterminent l'action des organes, font circuler le sang et toutes les humeurs, et produisent tous les phénomènes que l'on observe dans l'homme. Mais d'abord que sont ces forces? Vous ne direz pas que c'est de la matière comme peut-être les corps impondérables auxquels vous croyez : ce ne serait que reculer la difficulté et la reporter aux forces produites par ces fluides subtils; vous croirez donc à l'existence des choses immatérielles. Pourquoi ne pas aller plus loin dans cette voie ?
Vous voyez des organes matériels sécréter certaines matières, et il vous semble naturel d'admettre que leur rôle ne doit pas se borner là; que, par exemple, le cerveau doit sécréter la pensée comme le foie sécrète la bile. Croyez-vous alors que la pensée est quelque chose de matériel ? sinon, comme vous croyez qu'elle est quelque chose que vous dites sécrété, vous croyez donc à un être immatériel et vivant?Le nier : par quelle suite de subtils non-sens pourrez-vous seulement expliquer ce que vous entendez par cette ridicule sécrétion?
Hosted by
Votre théorie vous jelte à chaque instant dans des contradictions inévitables, parce que vous rencontrez malgré vous des causes ou des effets immatériels. Il serait bien plus simple de marcter hardiment dans cette voie, d'admettre dans l'homme une àme imm.atérielle qui sent et pense, qui conduit le corps par une action, invisible à nos yeux, sur les nerfs qui, à leur tour, par des actions que nous pouvons mieux suivre, déterminent les mouvements de tout genre compatibles avec la constitution du corps humain .
Hosted by