‹ Des méthods dans les sciences de raisonnementChapitre 180 sur 198 · CHAPITRE VI, 4g · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI, 4g

Ai. Voyons mainteaant comment ces considérations peuvent s'appliquer aux événements sociaux.

Ici les sources d'événements sont les tendances des hoLnmes, supposées les mêmes pour tous ; les boules hlanclies et noires sont les actes, conformes ou contraires à la marche providentielle, que les tommes peuvent produire, et qu'on peut toujours supposer ramenés, comme les boules, à un même degré de possibilité. Nous pouvons donc conclure du théorème éi

que :

Les hommes, usant de leur liberté pour satisfaire leurs goûts, leurs besoins et même leurs caprices, produisent, dans un intervalle de temps suffisamment long, un ensemble d'actes, les uns favorables, les autres opposés à la marche providentielle de la société, ces derniers y entrant dans un rapport extrêmement petit par rapport aux autres .

On peut donc regarder comme assuré le mouvement de l'espèce humaine vers le but qui lui est assigné.

■42. On objectera peut-être que le théorème que nous avons invoqué ne donne pas la certitude, mais une probabilité qui en approche indéfiniment; que, par conséquent, il ne serait pas impossible que, dans l'événement composé d'un nombre immense d'événements simples, le rapport des nombres d'événements des deux espèces fût très-différent de celui de leurs probabilités simples; que, par exemple, il n'ait été tiré que des boules noires; qu'ainsi, dans la question, qui nous occupe, il serait possible que tous les hommes, au lieu d'agir suivant leurs goûts et leur intérêt véritable, ne commissent que des actes opposés : d'où résulterait pour la société une marche contraire Il celle qui lui a été assignée.

Sans doute cela est possible, mais la probabilité que cela arrive est si faible, que l'on peut réellement regarder cet

Dirii. — ?{étli.,V. 4

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