DU MOUVEMENT ET DU TEMPS
Î63. Du mouvement. — Lorsque la distance de deux poinls change d'une manière coïKÎnue, on dit que ces points sont en mouvement l'un par i-apport à l'autre; et, généralement, lorsque les distances d'un point aux différents poinls d'un sysiècne rigide varient d'une manièic continue, ou, en d'autres ternies, lorsque la position de ce point par rapport à ce système change d'une manière continue, on dit que ce point est en mouvement par rapport au système. Le lieu de ces positions relatives se nomme sa trajectoire relative à ce SYStème.
Si au lieu d'un point on en a un nombre quelconque formant un système rigide, on dira que ce système est en mouvement par rapport au premier, lorsque les posiiious relatives de ses points varieront d'une manière continue.
Nous n'entendrons jamais autre cliosc que cela par mouvement; ce sera toujours un déplacement relatif; nous n'attacherions aucun sens à un déplacement absolu.
Mais comme notre point de vue choquera presque tout
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224 DU MOtJVEMENT PRODUIT PAR LES FORCES.
le monde au premier abofd, nous croyons utile de l'appujer de quelques développements, et nous ne douions pas qu'après réflexion, i! ne soit adopiij par tous ceux qui ont accepté completetnem nos données de la science de l'éienduc.
!l est encore sans doute des pliiSosopîies qui croient à l'existence de ce qu'où appelle Vespacn absolu, indépendant de la création, qui existait avant elle, et subsisterait encore si elle était anéantie. Ils disent cet espace immobile, parce qu'il n'y aurait aucune raison pour qu'il se déplaçât d'un côté plutôt que d'un autre, et ne chercbent nullement à se rendre compte de ce qu'ils entendent par direction absolue. Chaque point de cet être infini a pour eux une personnalité propre, qu'il conserve éternellement avec son immobilité; et c'est à ces points, qu'ils appellent /îoreî, qu'ils comparent tous les points de la création. Le mouvement absolu d'un point matériel consiste pour eus dans sa coïncidence successive avec des points dilTérenls de l'espace immobile. Le mouvement l'clalif est bien entendu par eux suivant la définition que nous en avons donnée; mais tous les principes et toutes les données premières sont rapportés par eux au prétendu mouvement absolu, et se déduisent, par une extension spécieuse, des observations faites sur les mouvements relatifs. De sorte que, dans l'application de leur science aux phénomènes naturels, il n'y aura
au nom de la raison seule, et non de la pratique, que n cherchons à corriger le point de départ de la science.
Dans nos données de la science de l'étendue, nous pensons avoir fait justice de cet être imaginaire, qu'on appelle l'espace, et de la personnalité de ses points. Pour nous, par conséquent, le repos absolu est, non plus une cliose impossible à reconnaître, mais tout simplement un nonsens; car ce serait la coïiicîdence avec les mêmes points
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