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DES DESMIDIÉES ET DES DIATOMÉES OU BACILLARIÉES

Monsieur,

Sachant que depuis plusieurs années je me suis livré spécialement à l'étude des algues dites inférieures, et surtout à celle des desmidiées et des diatomées ou bacillariées, vous m'avez témoigné le désir de faire entrer, dans l'ouvrage que vous allez publier sur les usages du microscope, quelques détails des procédés au moyen desquels je suis parvenu à recueillir, préparer et conserver d'une manière satisfaisante ces êtres minimes qui sont pour la plupart invisibles à l'œil nu quand ils sont isolés.

Je vais m'efforcer, avec d'autant plus d'empressement , de remplir vos vues, que je pense que c'est, pour ainsi dire, une dette contractée envers vous par les naturalistes observateurs que de vous communiquer le résultat succinct de recherches que vous avez si généralement favorisées par le soin que vous apportez à la confection des instrumens auxquels nous devons la plus grande partie de nos découvertes microscopiques récentes.

L'emploi du microscope, si nécessaire pour reconnaître la structure et l'organisation des végétaux et principalement des algues, est indispensable pour déterminer les petites espèces qui, comme les desmidiées et diatomées, ne peuvent être aperçues qu'à l'aide de pouvoirs amplifians assez considérables. L'étude de ces êtres, comme celle des infusoires, parmi lesquels plusieurs auteurs les placent encore , est donc une étude complètement microscopique.

Je n'entrerai point dans une discussion inutile ici sur la véritable place que doivent occuper ces infiniment petits. Qu'ils forment le passage du règne végétal au règne animal, ou qu'ils appartiennent exclusivement à l'une de ces deux grandes divisions, ces êtres, à organisation très curieuse, réclament également l'examen microscopique , et c'est pour cette raison que je vais

donner quelques détails sur leur récolte , sur leur conservation, et enfin sur toutes les préparations qui peuvent faciliter leur étude.

Les diiférentes opérations minutieuses que l'expérience m'a enseignées chaque jour, et que je vais indiquer, peuvent convenir également , dans beaucoup de cas , à la récolte et à la préparation des infusoires et de quelques algues faisant partie de familles ou tribus voisines des desmidiées et des diatomées : telles sont certaines petites espèces de nostochinées appartenant aux genres Micraloa, Pleurococcus, Cylindrocystis, Agmeneiium, Hor- Diospora, etc.

Pour ne pas multiplier les citations, je me bornerai aux deux familles (diatomées et desmidiées) dont je me suis occupé particulièrement; et, pour que l'on puisse se rendre compte exactement de mes indications , je terminerai cette notice par une liste des espèces qu'elles renferment, telles que je les ai groupées (1).

Avant de parler de leur récolte, je vais essayer de tracer superficiellement quelques uns des caractères généraux qui distinguent au premier aperçu ces deux familles.

Les desmidiées présentent des corpuscules de formes très variées , rarement disposés en filamens , le plus souvent isolés , sphériques ou ovoïdes , rayonnans , chargés d'aspérités tuberculeuses ou de pointes, fusiformes , droits ou courbés en croissant, etc. ; ils sont munis d'une enveloppe membraneuse , flexible, se déformant par la dessication. La matière interne (endochrome) qu'ils renferment est verte, granuleuse, lamellaire ou rayonnante.

Les desmidiées se trouvent dans les eaux douces, dans les étangs, les mares et les fossés, principalement dans les marais tourbeux où croissent des mousses du genre Sphagnum. Je n'en connais point qui habitent les eaux salées. Elles sont beaucoup moins nombreuses dans les contrées dont le terrain est calcaire que dans celles dont le sol repose sur des roches granitiques, quartzeuses ou schisteuses; elles n'ont pas un mouvement sensible sur le porte objet du microscope. Cependant il est facile de remarquer dans les localités où elles vivent ou dans les vases où on les conserve , qu'elles se dirigent vers la lumière et se rapprochent en pellicules ou en sortes de pinceaux d'un beau vert, réunies entre elles au moyen d'un mucus qui les entoure ordinairement.

Les diatomées ou baciliariées ont des corpuscules (frustuies) le plus souvent prismatiques et rectangulaires , nus ou renfermés dans un tube gélatineux , simple ou rameux , isolés ou réunis en filamens comprimés ou

(1) Algues des environs de Falaise, in -8, pi. 1834. — Considérations sur les Dialumées, in-8. 1838. Meilhac, libraire, c»oî(re Saint-Benoît , 10.

cylindriques, libres ou attachés à des corps étrangers par des pédicelles plus ou moins allongés. Leur enveloppe [cuirasse, carapace) de nature siliceuse, diaphane , fragile , ne se déformant point par la dessication, renferme une matière muqueuse jaunâtre, roussâtre ou brune.

Les diatomées habitent les eaux douces et salées. Elles sont communes dans la mer, les rivières, les ruisseaux, les fossés, les flaques des chemins et des terrains argileux inondés, etc. ; elles se groupent autour des pierres et des végétaux plongés dans l'eau, et les recouvrent, ainsi que la vase des lieux submergés, de couches d'un brun roux plus ou moins foncé. Les corpuscules des espèces libres et de celles pourvues de pédicelle, lorsqu'elles en sont détachées, ont un mouvement de reptation très prononcé.

Plusieurs diatomées ont été trouvées à l'état fossile , et M. Ehrenberg a reconnu que certains tripolis , employés dans les arts, étaient entièrement composés de leurs carapaces siliceuses conservées. La calcination des espèces vivantes ne détruit ni ne déforme même leur enveloppe, et, par ce procédé, on forme un tripoti artificiel, comme je l'ai reconnu par des expériences dont j'ai communiqué les résultats à l'Académie des sciences en 1836.

J'ai donné ailleurs les caractères complets de ces deux familles, qui se distinguent surtout par leur mode de reproduction.

Les espèces qu'elles renferment vivent le plus souvent mélangées en grand nombre dans les mêmes eaux, et c'est alors que leur étude devient plus difficile, parce que, ne pouvant isoler les espèces, il semble impossible d'en conserver sur mica ou sur verre des échantillons purs, si nécessaires pour la comparaison, moyen d'étude plus avantageux que les descriptions et les dessins les mieux faits , qu'on ne doit pas négliger cependant à cause des déformations que produit la dessication dans l'endochrome des frustules.

Pour procéder à la récolte , il faut se munir 1° d'un assortiment de Oacons à large ouverture, fermés par des bouchons de liège; 2° de quelques feuilles de papier fort bien collé ; 3° d'une provision de lames de mica (talc) coupées en petits carrés , ou , à leur défaut , de morceaux de verre mince > pour préparer sur place les espèces qui ne peuvent supporter le transport sans se détériorer ; te d'un assemblage de rondelles de liège que nous appelons la Plie diatomique , et dont je vais décrire plus loin la construction; 5° d'une cuiller en fer étamé dont le manche est remplacé par une douille qui permet de la placer au bout d'un bâton. En outre , comme dans toutes les herborisations on doit avoir une bonne loupe ou biloupe qui donne un grossissement très fort pour pouvoir examiner ce que l'on récolte, en attendant les observations plus complètes que fournira le microscope au retour. Un lame de verre un peu allongée et à angles arrondis sert de porte-objet pendant l'excursion ; une lame de porcelaine blanche est souvent utile aussi pour l'observation des desmidiées et des espèces muqueuses qui glissent

quand on est forcé de placer verticalement la lame de verre pour les examiner, tandis que la plaque de porcelaine peut être tenue horizontalement.

En plongeant la lame de verre dans l'eau, où l'on aperçoit quelque indice des objets qu'on veut recueillir, on racle légèrement la surface des corps qu'ils recouvrent, et l'examen à la loupe vous engage à la récolte ou vous démontre son inutilité si les espèces sont trop mélangées ou en trop petit nombre.

Si on désire récolter les espèces remarquées , on enlève avec soin , au moyen de la cuiller, la couche superficielle des corps chargés de ces êtres, et on la dépose dans un flacon, en ayant soin de l'emplir complètement, si ce sont des espèces libres , pour diminuer le ballotage produit par le transport. Les espèces filamenteuses , telles que les Micromega, Schizonema, Fragiiaria , Gaitloneiia, Diatoma, Desmidium , etc., peuvent être enveloppées seulement dans un papier fort, après les avoir fait égoutter un peu. Quant aux espèces libres , les Frustutia , Surir etia, Sigmateiia, Scenedesmus , Closterium, Micr aster ias , Heterocarpeiia, Binatella, etc., on peut en emplir des flacons sans trop de précaution, puisque, lorsqu'on les aura déposées dans des assiettes ou des soucoupes, leur tendance à se diriger vers la lumière les déterminera en peu de temps à revenir former une couche au fond de l'eau, sur le sable ou les débris avec lesquels on les aura recueillies.

Il faut faire attention, en remplissant un flacon , à ne pas étendre beaucoup sa récolte au-delà du point dont on a examiné le produit à la loupe , car on serait exposé à mêler un grand nombre d'espèces différentes qui vivent souvent dans le voisinage et présentent les mêmes teintes sur les corps qui en sont revêtus.

Les diatomées, portées sur des pédicelles par lesquelles elles sont attachées à d'autres algues ou à des corps inondés de diverses natures, se détachent si facilement de leurs supports qu'il est indispensable d'en préparer des échantillons sur place. C'est pour avoir négligé cette précaution que beaucoup d'espèces pédicellées ont été regardées comme libres. Les Cymbofhora , pour la plupart , ont été , par cette raison, placés par plusieurs auteurs parmi les Frustuiia ou Cyméella. Pour faire sécher sans inconvénient les lames de mica ou de verre sur lesquelles on a disposé des groupes de diatomées stipitées , on a recours à la Pile diatomique. Ce petit appareil est formé de disques de liège ou simplement de bouchons coupés en rondelles d'une à deux lignes d'épaisseur, et enfilés par une tige de laiton reployée aux deux extrémités de manière à former un petit bâton d'une longueur convenable pour être placé diagonalement dans un compartiment réservé à l'un des bouts de la boîte destinée aux herborisations, ou, avec effort, dans l'intérieur du chapeau de l'explorateur algologiste. Les rondelles de liège sont pressées les

unes contre les autres par un bout de ressort à boudin placé au milieu de la pile et s'enroulant librement autour de la tige centrale. On engage dans les fentes qui existent entre les rondelles un coin des lames de mica ou de verre sur lesquelles on a préparé l'espèce délicate. On peut ainsi en placer un grand nombre qui se dessèchent sans se toucher. Un morceau de liège entamé par des traits de scie peut remplacer la pile , mais non avec avantage, parce que les lames de verre d'épaisseurs différentes ne sont pas toujours soumises à une pression suffisante pour les empêcher de se détacher.

Les A chnanthes, Cymbophora, Gomphonema, Exiiaria, doivent être ainsi recueillis pour les avoir complets ; sinon , on pourra encore en transporter quelques unes des espèces les plus solides en les plaçant , avec le moins d'eau possible , dans des flacons qu'on peut achever de remplir par de petites touffes de mousses ou de quelque autre substance flexible , pour empêcher le ballotage. Les Sphagnum aux feuilles molles et spongieuses remplissent très bien ce but.

On comprendra que la douille adaptée à la cuiller sert à l'emmancher lorsque les objets à recueillir sont dans une eau profonde ou dans un point écarté que la main ne peut atteindre.

Il m'est arrivé quelquefois de manquer de flacons un jour de récolte abondante et de les remplacer par des bouts de la tige fistuleuse de l'angélique sauvage, fermés à une extrémité par un nœud, et dont je bouchais l'ouverture supérieure par un autre bout de tige de plus petit diamètre et muni également d'une articulation.

Certaines espèces forment dans Veau des flocons légers que le mouvement de la cuiller chasse devant elle, et dont, par cette raison , il est difficile de s'emparer. Pour y parvenir, on se sert avec succès d'un tube ouvert aux deux bouts que l'on plonge dans l'eau en bouchant l'ouverture supérieure avec un doigt : quand on s'est approché du point que l'on veut saisir, on soulève ce doigt; aussitôt le liquide et les corps qui environnent l'ouverture inférieure se précipitent dans le tube ; alors , le doigt étant rabattu , on peut enlever la portion du liquide chargé des corps que l'on désirait.

La récolte terminée, le premier soin, au retour, est de préparer les espèces délicates, telles que les filamenteuses et les stipitées, que l'on n'a pu disposer sur place. On en prend de petites portions avec la pointe d'une plume à écrire taillée en cure-dent , ou avec un style en ivoire , écaille , corne ou bois dur , et on les étend sur mica ou sur verre. On peut aussi en arranger de plus grands échantillons sur papier pour placer dans l'herbier. Il faut éviter, en étalant les algues sur mica, de se servir d'une pointe métallique qui , le rayant trop facilement , nuirait à la transparence de ce porteobjet.

Je ne m'étendrai point sur les procédés à employer pour soumettre les objets au microscope ; ces détails, ayant été donnés dans l'ouvrage où cette Notice doit trouver place \ deviendraient superflus : seulement ] je me bornerai à faire observer que les êtres dont je m'occupe, ayant par leur forme globuleuse, ovoïde, prismatique ou cylindrique, une épaisseur relative assez considérable, il n'est pas nécessaire d'un grossissement très fort pour les étudier avec fruit. Celui de 300 à 350 diamètres est presque toujours suffisant; au-delà de ce degré, on voit mal les contours, et si l'on gagne quelques détails, on perd l'ensemble, puisque le foyer ne peut convenir à la fois à tous les plans que présente l'épaisseur.

Les desmidiées ne peuvent être bien observées que vivantes et de jour. Les détails de l'enveloppe des diatomées sont mieux, saisis à Fétat sec et par l'éclairage d'une lampe. Je préfère aussi ramollir ces objets dans l'eau pour les étudier, plutôt que de les conserver, entre deux lames de verre ou de mica, dans une goutte de térébenthine ou de quelque autre résine liquide qui ne permet pas de bien voir certains petits détails, comme les stries , les cannelures , etc.

On laisse sécher à l'air libre ces diverses préparations sur papier, sur mica ou sur verre. Les espèces qui , comme plusieurs Fragilaria , Gaiiioneiia , Frustutia , etc. , ne sont pas entourées d'un mucus sensible et qui , en se desséchant, s'exfolient ou deviennent pulvérulentes, demandent à être humectées avec de l'eau légèrement gommée ; mais il faut prendre garde de mettre trop de gomme, car elle produirait une ombre autour des corpuscules desséchés , lorsqu'on les examinerait au microscope.

Les Heterocarpelta, Micraslerias et Ciosterium 5 lorsqu'ils ne sont pas enveloppés de mucus , exigent aussi un peu de gomme pour les fixer sur la lame de mica.

Les espèces de Gomphonema ou de Cymhophora , qui vivent dans des masses gélatineuses épaisses, forment, en séchant naturellement , des paquets trop compacts qui ne permettent plus de voir la disposition des frustules. Pour bien les étendre sur la lame du mica , il faut soumettre ces petits groupes gélatineux à une pression modérée entre des feuilles de papier à dessécher, avec la précaution de les recouvrir de petits morceaux de papier suiffé qui s'enlèvent aisément lorsque les échantillons sont secs. Cette opération peut aussi se faire sur place dans un portefeuille.

Le papier suiffé , si précieux pour la préparation des algues marines muqueuses et gélatineuses , se fait en imprégnant de suif fondu une feuille de papier que l'on presse ensuite sous un fer chaud entre plusieurs autres feuilles de papier non collé qui enlèvent le suif surabondant.

Quant aux desmidiées et diatomées libres qu'on a recueillies en masse mêlées ausnble ou à la vase des fossés, mares ou flaques que l'on a explo-

rées, on met le contenu de chaque flacon dans un vase séparé, tel qu'une soucoupe ou une assiette creuse que l'on place dans un lieu exposé h la lumière, mais à l'abri des rayons du soleil, qui déterminerait des bulles dans le dépôt et empêcherait la surface d'être unie.

Au bout d'un jour ou deux, suivant les espèces, on voit la couche terreuse qui s'est déposée au fond des soucoupes, se couvrir d'une teinte brune si elle renferme des diatomées, ou d'une pellicule muqueuse verte et souvent chargée de petites houppes ou pinceaux , si ce sont des desmidiées.

Pour les diatomées, on incline doucement la soucoupe afin d'en faire écouler l'eau ; puis on promène , sur la surface chargée de frustules, un pinceau très doux et bien imprégné d'eau, de manière à ne pas atteindre la partie terreuse. On lave le pinceau dans un godet où se déposent les frustules sans aucun corps étranger, si l'on a fait cette opération avec beaucoup de légèreté. Quand l'eau du godet ne renferme qu'une espèce ou qu'elle est dominante , on en charge des lames de mica et de verre pour faire le nombre d'échantillons que l'on désire, en les gommant un peu si cela est nécessaire. Au lieu d'un pinceau , on peut aussi employer les barbes d'une plume que l'on passe doucement sur la vase. Plus le diamètre de la soucoupe est petit, plus la couche de frustules est é/paisse et facile à enlever.

Cette méthode est applicable à la plus grande partie des Frustulia, Surirtita, Sigmateila et Cyctotella.

Lorsque le dépôt qui se forme dans les soucoupes est composé de débris de végétaux ou de corps qui ne forment pas une surface assez plane , on peut alors user d'autres moyens qui m'ont réussi plusieurs fois. En tamisant sur ce dépôt inégal une couche de sable fin et lourd, tel que du grès, on forme un sol artificiel uni dont bientôt les diatomées viennent chercher la surface. D'autres fois, je place un morceau de tissu de fil ou de coton un peu clair sur le dépôt , en l'y maintenant étendu par une plaque de plomb du diamètre de la soucoupe et percée au milieu d'une large ouverture. Un ou deux jours plus tard , les frustules traversent le tissu et viennent s'étendre à sa surface supérieure dans la partie laissée libre par l'ouverture de la plaque métallique. Il est alors facile de laver cette partie dans un godet. J'ai encore obtenu des espèces pures en renfermant les débris qui les contenaient dans un petit sachet de gaze plus ou moins serré que je plaçais au milieu d'une assiette pleine d'eau; les frustules finissaient par quitter leur retraite et se disséminaient sur le fond du vase.

Les desmidiées libres, telles que les Micrasterias, Heiieretla, Heterocarpeiia, Ciosterium, Scenedesmus, Binatelia, etc., forment, dans les mêmes conditions que les diatomées, une couche muqueuse verte que l'on peut enlever facilement avec de petites cuillers minces ou même avec une lame de couteau, pour les préparer immédiatement. Quand on n'a pas le

temps de profiter de leur propension à rechercher la lumière et à s'établir à ia surface du dépôt des vases dans lesquels on conserve ces algues , on peut agiter les débris des végétaux auxquels les desmidiées sont le plus souvent mêlées; comme leur pesanteur est plus considérable que celle de ce détritus, en décantant avec précaution d'un vase dans un autre , et se servant d'une barbe de plume pour faire sortir les corps étrangers, on obtiendra un résidu assez pur, composé de desmidiées bien faciles à distinguer par leur couleur verte : on répétera cette transvasion autant de fois qu'il sera nécessaire, en ajoutant toujours assez d'eau pour diminuer l'effet du mucus propre à ces algues , et qui contribue à les faire adhérer aux débris dont on veut les séparer.

Quelques espèces viennent aussi nager à la surface de l'eau ; on les recueille en posant à plat sur ce liquide une lame de mica bien sèche, ou, dans certaines circonstances, enduite d'une légère couche de gomme.

Ces diverses méthodes ne sont applicables que dans le cas où les espèces ne sont pas mélangées ; mais quand plusieurs espèces de diatomées ou de desmidiées se trouvent réunies, et que l'on ne peut pas se les procurer autrement, il faut, après les avoir séparées des corps étrangers par les moyens décrits plus haut, employer d'autres procédés pour obtenir à part les diverses espèces.

Si elles ont une pesanteur spécifique différente, on y parvient en agitant l'eau qui les renferme dans un vase un peu profond , et opérant des décantations successives après des repos plus ou moins prolongés.

Si ces espèces mélangées ont des dimensions variées , en les faisant passer avec le liquide dans lequel elles nagent au travers de tissus de crin , de gaze , etc. , plus ou moins serrés , on arrive également à recueillir séparément des espèces distinctes.

Je ne dois pas oublier un procédé que j'ai employé avec un succès complet pour purifier des diatomées qui se trouvaient engagées dans un sable calcaire dont je ne pouvais achever de les débarrasser par les moyens que j'ai indiqués. Je versai dans la soucoupe qui les renfermait une certaine dose d'acide nitrique , qui bientôt eut dissous le sable calcaire ; et , après avoir lavé le résidu, j'obtins très pures les diatomées, qui n'avaient été nullement endommagées, grâce à leur enveloppe siliceuse que l'acide n'avait pu attaquer.

Dans le catalogue des genres et des espèces de desmidiées et de diatomées que je vais donner ci-dessous, comme je l'ai annoncé, je cite principalement les espèces que j'ai étudiées et dessinées moi-même, me proposant d'en publier une Monographie incessamment. Le nom de celles que je n'ai pas encore observées est précédé d'un astérisque. Pour plus de détails , je renvoie aux opuscules que j'ai publiés sur ce sujet, et que j'ai indiqués plus

haut dans une note. Pour les desmidiées , sur lesquelles je n'ai encore rien donné de complets j'ai cru devoir mettre à chaque genre une phrase caractéristique , latine pour plus de concision , pour montrer dans quelles limites je les circonscris , et éviter une longue synonymie qui trouvera place ailleurs.

DESMIDIÉES.

I. DESMIDIUM Ag. Corpuscula geminata in longam seriem conjuucta, itaque fiSum arliculatum constituent, (obulo commuui filiformi mucoso incluse.

1 D. Swartzii Ag.

2 D. aptogonem Breb. Alg. Fal.

3 D. cylindricum Grev.

4 D. bambusinum Breb. mss.

5 D. mucosum Breb. 1. c. Conferva mu-

cosa Merf.

6 D. vertebratum Breb. I. c.

* ? D. TENAX Ag.

II. SCENEDESMUS Meyen. Corpuscula fusiforunia, aut ovoïdea lateraliter in seriem planam conniventia.

1 S. quadricaudatus Ehrenb. Ach-

nanlhes Turp. Scen. magnus

Meyen. Kutz,

Var : je. S. longas Meyen.

2 S. quadrijugatus Breb. mss. Ach-

nanlhes Turp. Se. Leibleini

Kutz.

Var : /3. S. minor. Kulz.

3 S. obliquus Kutz. Achnanlhes Turp.

4 S. quadralternus Kulz. Achnanlhes ïurp.

Var : /3. S. octalternus Kuiz. S.

oblusus Meyen. *5 S. ellipticus Corda.

6 S. acutus Meyen.

Var: p. S. fusiformis Menegh.

7 S. pectinatus Meyen.

*8 S. triseriatcs Menegh.

9 S. dimorphes Kutz. AchnanthesTurp.

10 S. ovalternus Breb. 1. c.

11 S. tetradacrts Breb. 1. c.

Var : p. duplex.

12 S. TRIJUGATUS KutZ.

13 S. BIJUGATCSKutZ.

14 S. BILUNULATUS KutZ.

*15 S. parvolus Menegh.

III. HELIERELLA Bory et Turp. ( ex parte). Frons applanata, e corpusculis pluriuiis (quatuor saltem) radiatim vel stellatim conjuoetis couiposiîa.

1 H. Boryana Turp. Padiastrum duplex

etP.biradiatumMeyeno Micrasterias Boryi et selenœa Kutz.

2 H. heptactis Breb. mss. M. heplactis

Ehrenb. H. renicarpa Turp. Mi-

crasterias Ghibellina Menegh.

Var. p. Crux-Melitensis. Stau

ridium Corda. *3 H. Napoleonis Turp. • *4 H. simplex Breb. mss. Pediastrum

Meyen.

*5H. crucigenia Breb. mss. Crucigenia

quadrata Morren.

IV. MICRASTERIAS Ag. et Kutz (ex parte). Frons plerumque circularis, inciso- radiata e duobus corpusculis compressis basi coadunatis formata.

1 M. denticulata Breb et God. 1. c.

M. heliactis Kutz. Echinella radiosa Lyngb. tab. 79. f. 3. E.

rotata Grev. Euastrum Ehrenb.

Var. /3. laciniata.

2 M. incisa Breb. mss.

V.HETEROCARPELLATurp. (ex parle) Cosmarium Corda. Frons inflata vel vesiculosa polymorpha ( elongata vel rotundala, lobata vel sinuosa, tubercula-

ta veî aculeala) e duobus corpusculi?

basi coadunaiis formata.

Ursinelia

1 H. armata Breb. mss.

2 H. Baillyana Breb. mss.

3 H. margaritifera Breb.

Tarp.

4 H. tetrophtalma Kutz,

5 H. sinuata Breb., mss. Micrasterias

Breb. I. c.

Var. /3. Lyngbyei. Echinella radiosa Lyogb. lab. 79. f. 2.

6 H. pectinata Breb. mss.

7 H. cra^sa Breb. mss.

8 H. elegans Breb. mss.

9 H. binalis Turp.

10 H. commissuralis Breb. mss.

11 H. aculeata Breb. mss. Binateila

Breb. 1. c.

12 H. Antilopoea Breb. mss.

13 H. Phaseolih Breb. mss. Achnan-

thes slomatirnorpha Turp.

14 H. palmatà Breb. mss.

15 B. Incus Breb. mss.

16 H. bioculata Breb. I. c. Cosmarium

Menegh.

Vï. BINATELLA Breb. i. c. Corpuscala sœpius Iriangularia (rarô 4-5-6 aoguiaria vel îobalo-radiaia) pancto centrali bioalira conjugata.

1 B. furcigera Breb. mss.

2 B. polymorpha Breb. base.-

Var : /3. ictusa.

y. tricera. Micrasterias Kutz.

A incurvata.

s. letracera. Staurastrnm para-

doxum Meyeu.

K. didicera. Micrasterias Kaîz.

3 B. furcellina Breb. mss.

4 B. controversa Breb. mss.

5 B. bacillaris Breb. I. c.

6 B. sexcostata Breb. mss.

7 B. monticclosa Breb. mss.

8 B. spongiosa Breb. fnss.

9 B. m-piDA Breb. I. c.

10 B. muricata Breb. i. c.

11 B. cuspsdata Breb. 1. c. sub B. tri-

cuspidata.

12 B. dejecta Breb. I. c.

13 B. brevispjna Breb. mss.

14 B. tumida Breb. î. c.

15 B. mutica Breb. !. c. Sianrasirum

triiobum Menegh.

? Ecuinella articulata Ag. Gonferva ecbinata Ensl. Bot.

VIL CLOSTERIUM Nitzsch. Ltinulina Bory. Corpuscula fusiformia rarô cyliodrica lunatira curvala aut recta.

1 C. Lunula Nitzsch.

2 G. Leibleini Kutz. Gel te espèce doit-

eile êfre séparée de la précédente?

3 C. subrectum Breb. I. c.

4 C. striolatum Ehrenb.

5 Ci doliolatum Breb. mss.

6 C. elongatum Breb. mss.

*7 C. cornu Ehreub.

8 C. rostratum Ehrenb. Echinella

acuta Lyogb.

9 C. acerosum Ehrenb.

10 C. acus Nitzsch.

11 C. gracile Breb. mss.

12 C. subdlatum Breb. mss> Frustulia

subulataKutz.

Var : P,. confroversunr.

13 C. tenue Kutz.

14 C. gregarium Menegh. Micrasterias

lacerata Kutz.

15 C. truncatom Breb. ms».

16 G. baculum Breb. I. c.

*17 C. trabecula Ehrenb.

18 C. lamelloscm Breb. I. c.

Î9 C. digitus Ehrëbb.

20 G. granulatcm Breb. .mss.

2t C. mon \ le Breb. mss.

?£2 C. TRSPUNCTATUM NitZSCh.

23 C. ccRTUM Breb. mss,

? VIII. TROCIIISCIA Kolz. corpuscula vesiculosaglobosa folitaria aut regulariler conjuncta.

1 T. moniliformis Menegh. Tessarlhronia Turp.

Var : 3. duplex. Scenedesmus duplex Katz.

* 2 T. amara Kulz. Helerocarpella Turp.

3 T. QUADRIJUGA Kulz.

*4 T. tiiermalis Menegh.

5 ï. BIJUGA KulZ.

6 T. DIMIDIATA KulZ.

7 T. solitaris Kulz.

Les genres Geminella Turp , Sphœras- Irum Mey., Pleurococcus Menegh., £c/unellaAch., etc., que je n'ai poiut fait entrer dans cette liste, ne me sembleul point appartenir aux Desmidiées.

DIATOMÉES ou BACILLARIÉES.

Nota, les espèces qui habitent la mer sont suivies d'un (M. ) , et celles qui ont été trouvées fossiles d'un (F. ).

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