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DU MICROSCOPE COMPOSÉ

Le microscope simple conduisit à la découverte du microscope composé. Nous avons déjà parlé des modifications , des phases que subit ce précieux instrument, nous ne devons nous occuper ici que du microscope tel qu'il est aujourd'hui. Nous indiquerons toutefois quelques particularités relatives à ses derniers progrès en prenant l'application de l'achromatisme pour point de départ.

La manie du néologisme s'est étendue jusqu'aux instrumens qui nous occupent. Le mot microscope, aussi expressif que possible , avait duré trop long-temps pour plaire encore aux novateurs. L'instrument jouait toujours le môme rôle, mais il avait subi des perfectionnemens et l'ancien nom ne pouvait convenir aux nouveaux appareils. Il fallait un second baptême, le docteur Goring fut le parrain et le microscope composé devint Yengyscope (de Éyçfw près et azovea voir). Cette dénomination était un emprunt fait par le docteur anglais à ses prédécesseurs, pour distinguer le microscope simple de l'instrument composé.

Nous aimons à rappeler, que le docteur Goring a des titres plus solides à la reconnaissance des observateurs. Nous apprécions ses travaux remarquables, nous profiterons souvent de son expérience, mais, routiniers que nous sommes, nous appellerons toujours un microscope un microscope.

Le microscope composé est un instrument d'optique destiné comme le microscope simple à l'amplification des objets. Mais

avec ce dernier on obtient le résultat au moyen d'une seule lentille ou d'une combinaison de lentilles qui agit immédiatement sur les rayons lumineux, en d'autres termes , qui grossit les objets et transmet directement à l'œil l'image amplifiée , tandis que dans le microscope composé, l'image n'est perçue qu'après avoir subi une seconde amplification produite par un autre système de verres.

Ces derniers prennent le nom d'oculaires, et sont dirigés vers l'œil , tandis que ceux qui produisent la première amplification, se nomment objectifs et sont tournés vers l'objet.

Dans son rapport sur le microscope achromatique (Annales ries sciences naturelles. Novembre 1824), Fresnel donne une idée juste et succincte de l'instrument composé.

«On sait, dit ce savant physicien, que les microscopes sont composés comme les télescopes , d'un objectif et d'un oculaire. Le premier sert à produire une image amplifiée de l'objet, dont les rayons sont ensuite reçus par l'oculaire qui la présente à l'œil en l'amplifiant comme une loupe au travers de laquelle on regarderait les caractères d'un livre. Les corps célestes et même terrestres qu'on observe avec un télescope sont toujours infiniment plus éloignés de l'objectif que leur image ; c'est l'inverse dans les microscopes composés. L'objet est beaucoup plus près de l'objectif que son image et voilà pourquoi celle-ci est, absolument parlant, plus grande que l'objet. Si, par exemple, la distance de l'image est dix fois plus grande que celle de l'objet, le diamètre de l'image sera dix fois plus grand que celui de l'objet. »

Après avoir traversé l'objectif, les rayons sentre-croisent et c'est dans cette position qu'ils sont repris par l'oculaire; il arrive donc que l'objet paraît renversé et c'est là un des grands reproches que l'on adresse à cet instrument. Nous devons avouer que ce renversement pouvait entraver les dissections et même, les rendre presqu impossibles.

Cet obstacle n'existe plus, heureusement; nous indiquerons plus loin les procédés et les instrumens que nous avons imaginés pour le faire disparaître. On comprendra facilement que l'amplification sera bien plus considérable dans le microscope composé que dans le simple; en effet dans l'un, on n'a qu'une puissance amplifiante tandis que dans l'autre, il y a double amplification.

On a construit différentes espèces de microscopes composés. Le premier , qui est généralement usité aujourd'hui , porte le nom de dioptrique ou microscope de réfraction. Mais une modification importante due au professeur Amici de Modène, en a fait un microscope de réfraction et de réflexion qu'il faut distinguer de l'instrument du même physicien , connu sous le nom de catadiop trique.

Pour éviter la confusion , nous appellerons le premier : dioptrique à prisme.

On nous reprochera peut-être, les répétitions qui se rencontrent dans ce chapitre, elles étaient inévitables. L'histoire spéciale de l'appareil composé et des tentatives que l'on fît pour achromatiser ses lentilles , devait nécessairement emprunter quelque chose à l'histoire générale des microscopes.

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