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liom de francd. GiUctMttte dus pluB tard, le nèmbre dis ced gigantesques réservoirs était porté à trente^deux* Ils étaient échelonnés de manière à se vider Tim dans l'autre* Les orifices de mines dont la montagne était percée n'étaient pas moins de cinq mille. Quinze mille Indiens, arrachés par la tnita au doux climat de la plaine,^ enlevaient les minerais des entrailles de la terre; un nombre égal d'Indiens libres faisaient la besogne des ateliers. Le Potosi était célèbre dans les deux mondes, et aujourd'hui encore il est synonyme de la richesse par excellence.
Une fois passé le premier quart du xvu"" siècle, la production des mines du Potosi commença à décroître. Cependant, à la fin du xvn' siècle, elle était encore de 78,920 kilogrammes, ou 17,500,000 fr. de notre monnaie. A cette époque, la teneur du minerai était diminuée dans une forte proportion, elle égalait à peine celle du minerai mexicain de nos jours; mais la matière minérale était toujours inépuisable, et c'était une compensation. La production baissa encore pendant la première moitié du xvnr siècle. En 1789, elle était remontée à 80,8i8 kilogrammes, soit 30,000,000 francs. SHe devint un, peu plus totte pendant la dernière période décennale du xvui* siècle; mais elle était en baisse lors du soulèvement des colonies. Le i^otori conservait cependant le second rang parmi les mines d'argent de l'Amérique espagnole et du monde, et rendait près du double de toutes les mines de l'Europe réunies. Déjà, en i799, l'extraction n'est légalement accusée qu'à 77,000 kilogrammes. Pendant la première période décennale du xix^" siècle, elle a été de 6i,000 kilogrammes. Pendant la lutte de l'indépendance, elle fut un moment presque à rien. Depuis quinse ans, elle varie de 18 à ^,000 kilogrammes (4). C'est peu sans doute eu égard au passé de ces lieux si fameux, mais c'est encore près de la moitié de ce que rendaient toutes les mines de l'Europe au commencement du siècle.
11 s'en faut bien que les mines de Potosi soient près de l'épuisement, ^[uotque un historien célèbre, Robertson, l'ait annoncé depuis longtemps. Le minerai du Potosi^ de même que le minerai mexicain, est d'une faible ten^r en argent, mais de même aussi il se présente en très grande abondance. Ce qui en reste dans le sein de la terre forme une masse presque infinie. Le préfet du département du Potosi, dans un rapport qu'il adressait au gouvernement bolivien, en 1832, estimait que le minerai extrait du sein de la terre était, en volume, de 1 milliard 394 mUlionsde mètres cubes, et qu'il en restait à enlever à peu près autant (i milliarâ 383 millions de mètres cubes). Il est vrai que le minerai du fond est bien moins riche au Potosi que celui qui est voisin des
(1) Dans le cours de ce paragraphe, je n'ai indiqué que les quantités officiellement déclarées pouf la perception de Timpôt; il faudrait, selon les époques« ;r aiouter un quart, UB dnqtiiètiie, im septième à cause de ia contrebande.
atÛeuremend; mais esirce que le minerai ne plong^e pas au-^dessous da plateau où le Potosi se dresse, et à partir duquel seulement la masse a été calculée? Ensuite il s'en faut bien qu'on ait tiré parti de tous les mi^ nerais extraits jusqu'à ce jour. Les producteurs d'argent aujourd'hui yivent presque uniquement sur les déblais que les anciens avaient abait-donnés en amas immenses, comme de trop pauvre qualité. Ces rebuts, nommés pallacos, ne rendent que la moitié ou les trois quarts d'un mil^ lième d'argent. Ce n'est que la moitié de la teneur à laquelle le mineur mexicain s'arrête (i); mais, comme on n'a que la peine de les prendre, on s'en contente, on trouve du profit à les exploiter, quoique les méthodes de travail du Pérou soient bien plus imparfaites, je ne dis pas assez, bien plus grossières, bien plus indignes d'un peuple qui se donne pour civilisé que celles du Mexique. Les Mexicains, » peu avancés qu'ils soient, sont de grands mécaniciens et de savans mineurs auprès de la population du Potosi et des extracteurs péruviens en général. Tout ce qu'on peut imaginer de barbare, d'arriéré, de brut, donne à peine l'idée des procédés mécaniques en usage dans ces exploitations. Des mines où l'on ne peut se tenir debout, où la notion de la ligne droite est ignorée, où tous les transports se font à dos d'homme, où l'air manque et où les travailleurs suffoquent* Pas une charrette là où l'on aurait le plus de profit à en avoir; pas une descenderie le long des pentes où il serait le plus facile d'en ménager. Toujours et partout l'homme pour béte de somme. C'est à bras d'homme qu'on épuise l'eau des mines; au MexiquOi du moins, on se sert de la force des chevaux. De même dans les ateUers d'amalgamation. Quoique ce soient des mineurs péruviens qui, les premiers, aient substitué des mulets à l'homme pour fouler les matières et renouveler les surfaces, cette innovation n'a pas encore pénétré au Potosi. Cette besogne ^ est aujoutxi'hui encore faite par des hommes payés à raison de 3 francs 40 centimes, et même à ce prix m en trouve à peine. La population fuit les mines, séjour malsain où le travail est horriblement pénible, et contre lequel elle nournt une repu* gnance héréditaire à cause de la contrainte qu'on exerçait contre elle du temps de la. domination espagnole. Elle n'a pas plus de goût pour les ateliers d'amalgama.tion, parce qu'il est reconnu qu'un travailleur qui s'emploie au bocard où l'on pulvérise la mine à sec (au lieu de la broyer sous l'eau avec les €irr€kBtra$ mexicaines) n'a pas plus de cinq années à vivre, et parce que ceux qui piétinent dans les boues de farine métallique et de mercure contractent de cruelles maladies. En adop« tant des procédés plus conformes à l'avancement des arts et à l'humi^
(1) Plus exactement i et demi à 7 dix millièmes. Les minerais en petite quantité qu'oit retit« des filons sont moins pauvues. Ils rendent de 9 à 18 dix millièmes, mais, k cSilàé àtê M» d'extractiofi, Ûs de donnent jnw plus de profit que Its fQUa0Oêé
nité, on réduirait les frais dans une forte proportion, on surmonterait l'antipathie des populations pour l'industrie des mines; avec le même nombre de bras, on aurait une production triple ou quadruple. N'importe, les vieux procédés sont religieusement maintenus comme s'ils étaient écrits dans les commandemens de Dieu. Les bonnes méthodes du travail souterrain, les précautions salutaires comme l'aéragedes mines, les mécanismes les plus élémentaires, tels que le tombereau, la brouette, la pelle, l'emploi des bêtes de somme et de menus appareils pour ramalg«imation, sont inconnus, sont réprouvés, sont frappés d'interdit. Et c'est d'une mine ainsi exploitée pourtant qu'on a extrait depuis 1545 une valeur de 6 milliards au moins.
Il paraît cependant que le gouvernement bolivien, plus éclairé que ses administrés, s'est déterminé récemment à faire venir d'Europe quelques ingénieurs habiles dont la présence ne peut manquer de faire sentir ses effets, pourvu que l'appui des autorités leur soit continué et qu'il soit ferme. Si je suis bien informé, une des améliorations les plus efficaces et les plus simples en même temps qu'on pourrait attendre du gouvernement bolivien serait de supprimer l'hôtel des monnaies de Potosi, qui absorbe une somme énorme relativement aux ressources du trésor national, plusieurs centaines de mille piastres. Si ce que coûte cet inutile établissement était consacré avec intelligence aux voies de communication qui, dans toute la Bolivie, sont dans un état impossible à décrire, et sur lesquelles, pour une distance donnée, les frais de transport sont vingt-cinq ou trente fois plus grands que par notre roulage, après un délai de quinze à vingt ans, ce serait, pour le pays et surtout pour les mines, un bienfait inappréciable. On obtiendrait des résultats non moins heureux, si, en fermant l'hôtel des. monnaies, on faisait servir une partie de ce qu'il coûte à créer à Paris une institution où vingt-cinq ou trente jeunes gens, choisis parmi l'élite de la jeunesse boU vienne 9 seraient élevés, aux frais de la république ^ de manière à importer dans leur patrie les connaissances sur lesquelles se fondent les arts les plus essentiels de la civilisation. 50,000 piastres par an suffiraient à l'entretien d'un établissement aussi profitable.
n n'est pas possible de dégager d'une assez grande incertitude la production totale de la mine du Potosi depuis l'origine. Un seul point est parfaitement certain, à savoir qu'elle est immense. D'après les renseignemens officiels qui avaient été envoyés à M. de Humboldt, de 1556 à 1789, elle aurait été de 788,258,500 piastres; il avait ajouté pour les onze premières années 127,500,000 piastres. Un fonctionnaire du Potosi, le tesorero don Lamberto Sierra, cité par M. de Humboldt, a évalué la production, de 1556 à 1800, à 823,950,508 piastres, ce qui, déduction faite des dix dernières années, serait un peu plus que l'estimation transjnise à l'illustre auteur de ï^ssm politû/ue sur la NomelleSspagne»
Les documens publiés par le préfet du département du Potosi, confirmés par un voyageur qui a pu consulter lui-même les livres de la monnaie, montreraient que, de 1556 au i^' janvier 1835, la production de la montagne du Potosi, indépendamment des autres mines qui approvisionnent la monnaie, a été de 734,205,903 piastres. En y joignant, pour les onze premières années de Texploilation, 28,827,590 piastres, estimation déduite du témoignage de quelques-uns des écrivains anciens choisis parmi ceux qui sont le plus dignes de foi, et notamment^ de Herrera et du père Acosta, on a un total de 763,033,493 piastres, Jusqu'au 4" janvier 4846, ce serait, à raison de 788,011 piastres pour chacune des onze dernières années, 774,701,618 piastres, toujours sans compter ce qui est sorti en contrebande. Beaucoup d'argent a été dirigé amsi vers le Brésil par les vallées qui, du sommet des Andes, descendent vers Torient, c'est-à-dire vers cet empire. L'argent est attiré au Brésil par une cause analogue à celle qui en a fait tant expédier en Chine, beaucoup moins intense cependant: il y est rare, les mines brésiliennes ne donnant que de l'or. Autrefois, et surtout lors de la splendeur du Potosi, la contrebande paraîtavoir été fort considérable. Le père Acosta, qui écrivait à la fin du xvi« siècle (4), la dit d'un tiers. C'est ce qui a pu être de son temps; mais il ne parait pas, d'après ce que m'ont rapporté des personnes qui ont été sur les lieux, qu'il faille ajouter, pour le présent, plus d'un septième au produit officiel (2). En moyenne, nous supposons avec M. de Humboldt que l'exportation clandestine a été d'un quart, parce que, par exception, la grande production du Potosi a eu lieu à l'époque où le contrôle de la métropole était le plus impuissant. On arrive ainsi à 965 millions de piastres; mais, en admettant que ces calculs soient irréprochables, nous ne sommes pas encore au terme des difficultés, car, dans ces comptes, la piastre n'est pas la même au commencement et à la fin. Actuellement la piastre dont il s'agit est de 8 et demi au marc castillan « la piastre de 8 réaux, la piastre enfin qui répond, poids pour poids, en argent fin, à 5 francs 43 centimes. De la découverte à une époque indéterminée, comprise cependant entre 4580 et 4600, c'était la piastre de 43 réaux et demi. Par ce motif, il convient d'ajouter au produit précédemment calculé 434 millions de piastres,etainsi on arrive au totaldéfinitif de 4, 099 millions de piastres
(1) La date de son ouvrage de V Histoire naturelle et morale des Indes est de 1591.
(2) Les mines du Potosi sont loin des côtes, dans une contrée où la difficulté des transports est inouïe; les droits de la couronne auraient été faciles à y maintenir, s*il s'était rencontré des autorités qui youlussent en prendre la peine et qui ne se missent pas de connivence avec les fraudeurs. Uabsence de For dans les lingots du Potosi devait rendre la fraude moins tentante. La diminution du droit royal, qui du quiiit fut réduit à la dime en 1736, ne put manquer de réduire l'exportation furtive. U est vrai qu'alors la grande production du Potosi était passée.
de 8 réa^x ou de 5,9^ milUoi^us de Iranos, pu mcata et 96,054,086 kite. te calcul liuiopté par M. de Qumboldt pour Ti^pliQÎItttioiiannètâe f IMS, donnerait 279 millions et demi de piastres à^ fim, ee ffû porterait le total définitif à 1,378 millions de piastres, ou en Inaocs a 7^483 miUîotts, ou encore à 33,671 ,430 kilogrammes.
La Bolivie compte encore d'autres mines qui sont |M*odu£tive8 et q«|i même sont moins déchues que celles de Potosi : ce sont celles des ptovinces de Chayaota, de Porco, deCîhicbaset de IHKqx>. Le monnayage à Potosi a été moyennement, pendant chacune des ckiq années ûinnprises entre le i «' juillet 1829 et le 1 «' juillet 1834, de i ,912,922 piastres, sur quoi l'or forme une quantité yariable de 500,000 francs à i million. La moyenne des quarante années terminées au l^'' jaftypef iMQ, dé^ duction faite de Chicuito et de Puso, qui n'd^tpartiennent flusÀ k Bolivie, mais qui, sous le régime /cpiopial, i^essof^ÎBsaieBt à la tnamaie 4e Potdsi, était de 3 nji^ions de piastres. Ce n'est guère que «noî^é en sus du monnayage d'il y a dix ans; njkais, si. rensemUe n'a diminué cpie du tiers, le Potosi est réduit dans la proportion de 4 à i.
Depuis 1834, la production est ^demeurée statioimaîiie. Lamoywne de douze années, dont j'ai pu i^e piiociurer le .chiffre, estjde M,5é8 kî- Ip^rammes pour le Potosi, de 36^1 kilogrammes pour les aolres mines de la répuMique^ avec ui^e addition d'un aeyitîèine pour 1^ ecm- * trebande,.c'iest;
Pour le Potosi 22,306 kilogranunes de fin;
Pour les autres muies. . . 29,738
Total. . . 52,044
Au taux des monnaies françaises, c'est une somme de 11,565,000 îr.
La production de l'or est d'au moins 300,000 piastres, (ffj^ répondent à 444 kilogrammes de métal fin ou à 1;529;000 fraACS. jU wine du Potosi n'en fournit pas.
Vin.
Le Mexîqoe elle Pérou représentaient au conunenoement du «ècie et représ^ent aujourd'hui encore les deux tiers des métaux {précieux retirés des mines du Nouveau-Moiide. Après aix, cependant, d'autres étajts UQiiéritent d'être signalés; tel est avant tout le Brésil, qui a fourni une quantité d'or comparativement énorme, et dcHit il est impossible que les gîtes aurifères ne recèlent pas encore bien des trésors. Tels sont la l^ouvellenGrenade, d'où l'on retire une assez grande quantité du même métal, les États-Unis, qui en présenta pareillement des gtsemaas remarqi^les au moins par leur étendue, et le Chili, qu'on citait axAtrefois pour sa productiou eu or, mais qui est plus important aujourd'hui par 1^ mines d'argent.
Le vas^ empire du Brésil offl-e, dans plusieurs de ses provinces, et notamment dans celle de Minas Geraës, des alluvions aurifères iiè^ vastes d'où l'on retire aussi du diamant, et qui, connues depuis |»'ès 4e trois cents ans, ne donnent lieu à une exploitation suivie que depuis le commencement du xvnr" siècle. Cinquante ans après, le Brésil ren^ dait une quantité d'or supérieure à ce que fournissait le reste du nou'^ veau continent; ce qui acquittait les droits varia pendant quelques années de 6,500 à 8,500 kilogrammes, d'où on a conclu, à cause de la contrebande, que la production approchait de 12,000 kilogrammes. A cette époque, on frappa au Brésil et en Portugal beaucoup de monnaie d'or, et en 1777 on estimait que la quantité d'or monnayé qui circulait dans ces contrées était égale à huit fois la monnaie d'argent Peu à peu ce beau rendement diminua. D'après les renseignemens détaillés et précis qu'a fournis M. d'Eschwege, directeur-général des mines du Brésil, ce n'était plus, à la fin du xvm** siècle, que 3,700 kilogr. C'était tombé encore plus bas quelque temps après. Ainsi, de 1810 à 1821, le produit moyen enregistré était de 1,095 kilogrammes; c'est beaucoup que de porter à 2,000 kilogrammes le produit réel. En 1824 l'extraction parait même avoir été réduite à 584 kilogrammes. Plus récemment, M. Claussen, a évaluée à 2,500 kilogrammes environ. Ainsi la contrée qui était le grand réservoir d'or où puisait le monde commercial il y a un siècle, n'a plus, sous ce rapport, qu'un rang subalterne. 11 ne faut pas l'en plaindre, car il parait que c'est pour le travail plus régulier et plus sûrement productif de la culture des terres que les lavages des sables aurifères ont été délaissés. Cependant l'introduc- Jtion au Brésil de méthodes plus scientifiques, semblables à celles qu'on
emploie dans la Russie d'Asie, rendrait Findustrie de For plus profitable et pourrait par conséquent Texciter de nouveau.
Suivant les calculs de Raynal, qui sur ce point méritent confiance, Tor sorti du Brésil, en acquittant les droits, depuis Forigine jusqu'en 1755, monte à 480 millions de piastres ou 3,434,400,000 francs, soit 7iO,000 kilogrammes d'or fin. L'état du quint fourni par M. d'Eschwege accuse une production, de 1756 à 1777, de 138,000 kilog., et de 1778 à 1810, de 110,000 kilogrammes. C'est donc jusqu'en 1810 un total de 958,000 kilogrammes auquel il faut ajouter la contrebande qui a toujours été très active au Brésil. Si on la suppose du tiers du produit déclaré, et c'est i)eut-être insuffisant, on arrive à 1,277,300 kilogrammes.
Depuis lors on peut évaluer la production à 60,000 kilogrammes; ainsi le total définitif serait, au minimum, de 1,337,300 kilogrammes, répondant à 4,606,356,000 francs.
Après le Mexique, le Pérou et le Brésil, il ne reste que des contrées dont la production totale, jusqu'au commencement de ce siècle, était évaluée par H« de Humboldt, contrebande comprise, à 414 millions de piastres, uniquement en or. C'est une grosse somme, sans doute, lorsqu'on Fenvisage d'une manière absolue, mais, relativement à ce qu'on avait extrait alors de l'Amérique, c'est seulement un quatorzième. Passons rapidement en revue ces états , dans lesquels la production n'avait pas à beaucoup près dit son dernier mot, lorsque M. de Humboldt publiait ses savantes recherches.
n.-ltiHJBLIOVE DE LA NOUVBLLE-CaEIllABB.
L'ancienne vice-royauté de Grenade, devenue d'abord république de Colombie, puis, en 4830, sous-di visée en trois états indépendans, la Nouvelle-Grenade, Venezuela et TÉquateur (4), produisait, dès le xvn« siècle, des métaux précieux, à peu près uniquement de Tor. Cest le sol de la république actuelle de la Nouvelle-Grenade qui seul en a fourni et continue d'en livrer au commerce. Jusqu'à ces derniers temps, on n'exploitait que les sables d'alluvion , qu'on soumettait au lavage, suivant la méthode élémentaire des orpailleurs de nos rivières; mais actuellement, et de plus en plus, on attaque les filons qu'on a découverts en grand nombre. On a d'ailleurs introduit, dans le lavage même, des perfectionnemens : on broie, au moyen d'appareils simples, ^vec avantage, les galets qui s'y trouvent en assez forte proportion. On traite ainsi particulièrement les monceaux de cailloux qui restent des anciens lavages.
Les principales exploitations en roche sont dans la province d'Antioquia, où depuis long-temps on exploite les alluvions. Le Magdàlena et le Cauca, son tributaire, puissans tleuves au long parcours, qui se déroulent du sud au nord parallèlement l'un à l'autre, enserrent une cordillère fort escarpée, où les filons sont nombreux et où l'on lave les sables aurifères, non-seulement dans la province d'Ântioquia, mais aussi dans celles plus méridionales de Neyva, dePopayan. On a attaqué d'autres filons situés dans la cordillère, ramification de la précédente, et dirigée de même du midi au nord, cpii est comprise entre le Cauca et l'Atrato; c'est à cette portion du pays qu'appartiennent les mines de la Vega de Supia, nommées aussi mines de Harmato, où l'or est accompagné d'argent. Le Bas-Choco, zone allongée et à peu près plate, entre l'Atrato et la mer du Sud, contient des filons aurifères bien reconnus aujourd'hui j mais on s'y est attaché jusqu'à présent aux mines d'alluvion. On retire pareillement de l'or des sables de la province de Pam-
A la fin du dernier siècle et à l'ouverture de celui-ci, les deux hôtels des monnaies de Santa-Fé de Bogota et de Popayau donnaient annuoir lement ensemble S(,400,000 piastres en or. M. de Humboldt estime, pour cette époque, la production déclarée à 48,000 marcs, ou 4,140 kilogrammes d'or fin , et la production réelle à 4,744 kilogrammes. L'ex-
(i) Uiiy partie du territoire de l'Equateur, la province de Quito, provient du Pn*ou.
traction alors allait toujours croissant. D'après des renseignemens puisés aux sources officielles, dont je suis. redevable à M. le colonel Acosta, le monnayage moyen des deux années 1806 et 1807, pour les deux hôtels réunis, est de 22,363 marcs d'or, ou de 3,0^11,502 piastres, ce qui suppose, d'après ce qoi m'a été rapporté mr la cotifi^èbaÉrde de ce tempslà, une production de 3,300,000 piastres, soit de 4,880 kilogrammes. Pendant la lutte de Tindépendânce, qui fui longue et acharnée dans la Colombie (c'est là que combattait le libérateur BoMYar), rexplôilatioà des mines souffrit beaucoup. Il y a lieu àe croire , c'est F^mation de M. Jacob, que l'extraction déclarée, du i^' janvier 18tO au 31 décembre 1829, fut moyennement de 1,678,214 piastres, dont au moins 1,600,000 en or. Ce serait en poids de métal fin : argent, 1,911 kik)* grammes; or, 2,366 kilogrammes.
A cause de la contrebande, alors devenue plus facile, il faudrait comp^ ter au moins 100,000 piastres, ou 2,443 kilogr. d'argent, et 2 miUions de piastres, ou 2,958 kilograitirûes d'ôr. Depuis lors la production s'est relevée. Les deux hôtels des monnaies de Bogota et de Popayan ont frappé, en 1843, 1,862,090 piastres en or, soit 2,754 kilogrammes, en 1844, 1,696,500 piastres, ou 2,509 kilogrammes. La moyenne des deux années est de 1,779,295 piastres, ou 2,631 kilogrammes d'or.
Mais il s'est fait, dans ces dernières années, une active contrebande. Le commerce extérieur étant devenu facile, les exploitans en ont pro^ fité pour éviter non-Sieulement les droits, mais aussi les formalités gê^ nantes qui leur étaient imposées. Il fallait, l'an passé encore, ^yér un» taxe de 19 pour 100, et l'on ne pouvait exporter qu'après le monnayage, de sorte que le mineur du Bas-Ôioco aurait été forcé d'envoyer sa poudre d'or, à travers un pays impraticable, jusqu'à Popayan, d'où on la lui aurait retournée eu espèces. Dans ces circonstances, presque tout l'o^ que donnent les lavages du Bas-Cboco était expédié au dehors clandestinement. L'hôtel des monnaies de Quito, dans la république de l'Equateur, où l'on fabrique par au 100,000 piastres au plus , s'alimente de l'or du Choco. L'or dés lavages les plus voisins, celui de Barbacoas particulièrement, prend cette voie. Il se monnaie aussi à Quito un peu d'argent, qui paraît venir du Pérou. Une autre partie de l'or de la Nouvelle-Grenade se rend à la Jamaïque et de là en Angleterre. Le gouvernement grenadin, qu'un bon esprit anime, et qui sent de quelle importance peut devenir pour le pays l'industrie de l'or, en faveur de laquelle les particuliers font des efforts intelligens, vient d^adopter des dispoàtions libérales pour le commerce de ce produit. L'exportation des lingots est permise désormais; ils pourront sortir moyennant un droit environ moitié moindre de celui que supportaient les espèces. D'après une comparaison établie entre l'entrée et la sortie des marchandises, on doit
présumer que Texportation, tant en espèces qu'en liiîgote et en poudre d*or, représente actuellement 3,230,000 piastres.
Avec les mines d*or que nous avdûs nommées, la Nouvelle-Grenade en possède d'autres dont l'exploitation remonte à la découverte même da continent américain par tUtriébipiie èôlomb : ce sont celles de la province de Veragua dans l'isthme de Panama. Par un ménagement spécial polir Im ff&ptxMiàtié de rfétbme, le gbmëtnemeht dfe Éagoiâ a conféré «ne imtmmifé èdmptète à l'extfakîlîWil de Tôt darts cette province. On en fait, à Vamttië, des ouvrages qui sont estimés partout. Une portion de Yùv de lai province d'Anliocïtfîàl est de même mise en bîjoiix, et il faut y afvoîr égard. 11 y a lien ainsi de porter la production totale d'cir delà répilblicfoe à 3,350,000 piastt'es, ^it 4,954 kilogrammes de métal fin ou 47,064,000 frattc* Il faut aussi tefilr compte d'une proddciioti d'environ 200,000 piastres en argent {provenant des mines de la province de MaHqfuitâ, qu'exploite Une compagnie anglaise mal récompensée ifasqti'à présent de §en efforts. C'est l'équivalent de 4,887 kilog, de métal fin ou de l,09&5000 fraiics. Ce ne s(M pas les seules mines d'argent qu'il y aurait à utiliser dans la I<fonvelle^renade.
La prodtictiènde la Nouvelle-Grenade, depuis l'origine jusqu'à 1810, peut être évaluée à ^5 tniltlons de piastres en or; de 1810 jusqu'à ce jour, on peut estimer qd'il a été produit du même métal une valeur de 81 nnllions et demi de piastres : ce serait donc jusqu'à ce jour 376 millions et demi de piastres ^ or, répondant à 556,840 kilogr. de métal pur, on à 1,918 millions de francs.
Quant à l'aident, on ne Sanraifl guère l'èvaltier qu'à 250,000 kilogr. ou 55mitt)onRret demi de francs environ.
LES ËTATS-HmS.
Depuis une vingtaine d'années, les États-Unis se sont xnis à produire de Tor. Les premières recherches remontent à 1814, mais ce ne fut que dix ans après qu'il y eut un produit appréciable. On rencontre For au pied de la longue chaîne des AUeghanys, au bas de la crête la j>lus orientale connue sous le nom de Montagne-Bleue [Blue-Ridge), qui, en vertu de la configuration singulière par laquelle les Âlleghanys se distinguent, court, ainsi que toutes les autres crêtes, dans le même sens <iue la chaîne et a la même étendue. Il est épars dans des sables d'alluvionj on Texploite aussi dans le roc même, où on Ta découvert dans des filons de quartz. On cite des exploitations d'or dans tous les états du littoral de l'Atlantique, au midi du fleuve Potomac, jusqu'à celui d'Alabama, que baigne le golfe du Mexique. Les travaux sont ainsi dispersés sur une longueur en ligne droite d'un millier de kilomètres. Il y a lieu de croire que les gisemens d'or reparaissent aussi au nord du Potomac, à la base du Blue-Ridge; mais, dans cette partie de l'Union américaine, il n'y a pas d'esclaves, et le travail humain, le travail libre, appliqué à la terre ou même aux manufactures, est trop productif pû'ir qu'on s'occupe de mines d'or. L'or n'est donc exploité que dans les états à esclaves, la Virginie, la Caroline du nord et la Caroline du sud, la Géorgie et l'AIabama, et il l'est languissamment, parce que ces gîtes, qu'à certain moment on avait beaucoup vantés, paraissent peu productifs. Le gouvernement fédéral, dans un excès de condescendance, avait créé un atelier monétaire dans les montagnes, afin d'offrir aux exploitans un débouché facile; mais jusqu'à ce jour, l'approvisionnement annuel que toutes ces mines réunies ont fourni aux hôtels des monnaies s'est élevé une seule fois un peu au-delà de 1 million de dollars, c'est-à-dire de 1,509 kilogrammes. La production totale depuis 1824 jusqu'au 1*' janvier 1845 ne représente que 13,594 kilogrammes. On peut admettre qu'aujourd'hui la monnaie reçoit des mines la valeur de i million de dollars. Si l'on y ajoute un cinquième, et c'est beaucoup, parce que le gouvernement'américain, ne frappant l'or d'aucun impôt, n'ci provoque point l'exportation clandestine en lingots, et même l'attii\3 vers les liôtels des monnaies par le haut prix qu'il en donne, on a ira une production annuelle de 1,800 kilogrammes. La production t )lale, depuis l'origine jusqu'au 1" janvier 1846, parait être ainsi de lS,o25 kilogrammes; c'est un peu moins de 1 mètre cube. En monnaie française, ce serait 63,810,000 francs.