CONCLUSIONS
Les reins et le foie, principaux organes dépurateurs de l'organisme, sont étroitement liés par une synergie physiologique et une solidarité pathologique : on sait que l'insuffîsance hépatique peut déterminer des altérations rénales ; l'expérimenta lion démontre qu'inversement l'insuffisance rénale peut provoquer des réactions et des altérations hépatiques.
En raison de sa fonction antitoxique, le foie, plus que tout autre organe, subit les effets de Tauto-intoxication qui résulte de l'insuffisance de la dépuration rénale.
L — La suppression brusque el complète des fondions rénales, quel qu'en soit le mécanisme producteur, provoque constamment les modifications suivantes du parenchyme hépatique :
Tout d'abord une congestion intense, généralisée, prédominant souvent dans la zone péri-sus-hépatique des lobules ;
En second lieu des modifications cytologiques diverses ; aspect grumeleux, vacuolisation du protoplasma, avec ou sans surcharge graisseuse, atrophie par compression entre les capillaires eclasiés ;
Enfin et surtout une disparition rapide et d'ordinaire
complète du glycogène^ disparition que ne peut expliquer à lui seul l'état d'inanition dans lequel se trouvent habituellement les animaux opérés.
II. — La suppression fonctionnelle d'un rein, les destructions partielles des deux reins, lès néphrites, en un mot tous les étals d'insuffisance rénale déterminent du côté du foie une modification cellulaire que nous avons décrite et désignée sous le nom (['étal clair avec surcharge glgcogénîque: les celltries augmentent de volume, leurs granulations protoplasmiques se raréffeoi et les mailles de leur réticulum cytoplasmique sont distendues par une quantité exagérée de glycogène.
Celle même modification des cellules hépatiques s'observe après les injections intra-veineuses ou sous cutanées d'urine, d'urée, de sels potassiques et ammoniacaux.
III. -^ Lorsqu'elles se répètent ou prolongent leur action ^ toutes ces causes finissent par produire une sclérose du foie à début péri-portal.
Etant donné le parallélisme admis, démontré entre les différentes fonctions du foie, notamment entre ses fonctions glycogénique et antitoxique, on peut déduire des faits expérimentaux les conclusions suivantes:
Chez les animaux qui succombent à la suppression des fonctions rénales, le foie a épuisé ses réserves de glycogène dans sa lutte contre l'intoxication, et son pouvoir antitoxique a été anéanti ;
Chez les animaux qui résistent à Finsuffisance rénale, le
foie est au contraire en surcharge glycogénique, en suractivité anlitoxique ; à la longue il finit par se scléroser.
La clinique avait entrevu que les lésions rénales étaient susceptibles de retentir sur le foie, sans pouvoir en fournir une démonstration satisfaisante. Nos résultats expérimentaux apportent celte démonstration et permettent de proposer une explication pathogénique.