AV LECTEUR
Le Mémoire archéologique que je livre aujourd'hui i la pubhcitc , n'a été écrit que pour ôtre lu au Congrès breton, réuni à Vannes pour sa onzième session ; mais, après l'avoir terminé, j'ai pensé qu'il avait trop d'étendue et qu'il entrait dans trop de détails , pour permettre d'en saisir l'ensemble et d'en faire l'analyse critique, sur une simple lecture. Ce n'est donc que pour le soumettre à l'examen et pour en faciliter ta discussion sérieuse devant un jury compétent, que je le fais imprimer.
N'étant point antiquaire, je ne mets pas d'amourpropre à avoir raison , et à faire triompher mon opinion ; et c'est au contraire pour m'éclairer et afin d'obtenir des solutions satisfaisantes , que j'ai soulevé à dessein, dans ce Mémoire, les questions les plus délicates et les discussions les plus intéressantes.
Le publie commence à prendre goût à ces questions , [;à ces discussions . et je crois qu'il est bon d'exciter vivement son intérêt , en faveur de nos vieux monuments que le vandalisme atteint chaque jour , et qu'il fera bientôt disparaître de notre sol , si l'on n'y prend garde.
Vaones, le 25 Septembre 1853.
FOUQUET, DocteMT-Mcietm.
A lessirars les Membres de la section d'Archéologie
dD GoDgrès BretOD.
Messieurs ^
Veuillez m'excuseri si au lieu de me borner à répondre uniquement à une des questions que vous avez posées y je viens aujourd'hui vous présenter une étude complexe , qui embrasse les quatre premières questions de votre programme; et si au lieu des travaux analytiques que vous demandiez^ je vous apporte une œuvre synthétique que vous ne réclamiez pas.
A mon avis, Touvrage de notre estimable et regrettable ami Gayot Délandre , a laissé fort peu de chose à faire aux investigateurs morbihannais. C'était un homme sérieux, un esprit exact, un archéologue infatigable ; aussi, nous ne connaissons que peu de monuments anciens , en dehors de ceux qu'il a fait connaître , qui méritent une d€scription spéciale. Je ne négligerai cependant pas
d'indiquer daD8 (je Mémoire, quelques meuhira, quoi ques dolmeiia et quelques ruines dont il n'a pas parlé; mais je ne m'en occuperai sérieusement , que pour les rattacher à l'étude d'ensemble que j'entreprends, en m& plaçant à un nouveau point de vue.
Appelé , par mes fonctions , à parcourir cliaque année lesvillages, les champs elles vastes landes du Morbihan, j'ai vu beaucoup de monumcnls celtiques qui, chez noua, sont plus nombreux que partout ailleurs, et j'ai remarqué qu'ils étaient tantôt claJr-semés, et tantôt agglomérés dans certaines régions, tandis qu'ils font complètement défaut dans les autres.
C'est de cette observation qu'est née chez moi la pensée que cette répartition, des Menhfrs, des Dolmens et des Tmnulus, était une indication précise des lieux qu'occupaient, dans notre département, les anciens habitants; comme aussi les Voies, les Camps et les Villas, faisaient connaître tout le système de domination et d'occupatioQi du Peuple-Roi dans la Vénétie.
C'est le résultat des études que j'ai lattes à ce point de vue , que j'ai rhoneeup de soumettre à votre examen éclairé. Pour en faciliter l'étuie , j'ai divisé mon œuvre eu trois chapitres, que j'ai réduits autant que me l'a permis l'importance des questions qui y sont soulevées.
Ne vous méprenez pas, je vous prie, sur l'objet de mon travail qui doit être purement archéologique , quoi que les titres de mes chapitres ]>araissent indiquer ui étude historique.