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LA BALLADE DES MISEBEUX

Voici Noël, et tout sourit.

Le soleil irise la neige Et d'arabesques la fleurit.

Dans le clocher vibre en arpège Le refrain d'un joyeux solfège.

Mais le long du chemin poudreux Paraît un émouvant cortège :

C'est la horde des miséreux.

Ils vont. La faim les assombrit. Du froid un haillon les protège, Leur sang débile s'amaigrit, Leur épuisement se rengrège.

Dans la lutte que rien n'abrège, Il n'est plus de répit pour eux.

Jamais leur enfer ne s'allège :

C'est la horde des miséreux.

Ils pleurent. La souffrance aigrit.

Elle ouvre aux passions un piège.

Et si la troupe s'aguerrit Quand l'âpre famine l'assiège, Elle se heurte au privilège.

Ils cheminent, le ventre creux, L'œil hagard dans la face beige :

C'est la horde des miséreux.

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