FORUM
Vos marbres fabuleux, carrares ou portors, Funèbres visions de gloire ensevelie, Evoquent un passé plein de mélancolie
O temples du forum, stèles des siècles morts !
L’aire immense est déserte en ses tragiques bords. L'œuvre du temps mêlée aux gestes de la lie Accable ces géants que la paix humilie.
La plèbe triompha des fiers impérators.
Depuis lors, nulle flamme au foyer des vestales N’a conjuré du temps les atteintes brutales, Et le morne silence écrase les vaisseaux.
Mais, tardive justice, en mépris de la foule, Des licteurs, surgissant d’une frise qui croule, Devant tant de grandeur inclinent leurs faisceaux.
Rome, 1908
RS ee ce nd D gant mu ag 2 nm pdt We ue — 7 - PET ne
COLYSEE
} ; | LE à
as
COLYSEE
Le colosse flavien survit aux millénaires.
L’aigle victorieuse y posa son cachet.
L’amphithéâtre altier où Rome s’épanchait Déconcerta l’assaut des hordes mercenaires.
Le travertin jauni que le marbre cachait, Quand Titus ordonna ses fêtes sanguinaires, Vit passer les tribuns, les vieux légionnaires, Et les Chrétiens, taillant les dalles sous l’archet.
D'innombrables martyrs tombèrent dans l’arène. Pour le Christ, ils mouraient en regardant les cieux Et leur sublime foi souffletait les faux dieux.
La ruine est debout. Son ombre souveraine S’allonge sur la terre, et son immensité Ecrasera César dans la postérité.
Rome, 1908