INTRODUCTION
Parmi les nombreuses questions que soulève le problème ouvrier, il en est peu qui présentent une portée sociale aussi grande que celle du travail à domicile. L'étude en est importante, non seulement parce qu’elle côtoie un certain nombre de sujets de la plus haute importance sociale logements ouvriers, travail des femmes, marchandage,etc., mais encore parce qu'elle a pour objet les intérêts d’une des classes de salariés les plus malheureuses qu'il y ait au monde.
On peut concevoir de deux manières le travailleur à domicile, ou bien c’est un artisan exerçant son industrie pour son compte, ou bien un salarié qui livre ses produits au public par l’intermédiaire d’une autre personne dont ül dépend. C’est à ce dernier plus particulièrement que s’applique la qualification d’ouvrier à domicile : Sa condition est des plus misérables : isolé, en face d’un patron qui n’a vis-à-vis de lui aucune responsabilité, il doit subir des conditions de travail si détestables que l’on à pu les classer sous l’épithète caractéristique de « sweating system, » littéralement « système de la sueur ».
G. Lévy: |
Mais ces inconvénients sont-ils liés à l’organisme même de cette forme de travail, ou n’en sont-ils que des accidents. que l’on peut atténuer ? En d’autres termes, faut-il supprimer l’industrie à domicile, comme étant une forme mauvaise de travail, ou bien, au contraire, doit-on la conserver en raison des avantages qu’elle comporte ou qu’elle est susceptible de présenter, sauf toutefois à en améliorer les conditions en la réglementant, en organisant ses ouvriers ?
Telles sont les questions qui se posent à propos de l’industrie à domicile et que nous désirons étudier.