HISTORIQUE ET INTRODUCTION
Si les recherches modernes ont modifié profondément la pathologie rénale et mis à l’ordre du jour la néphrite, il ne faudrait pas en conclure qu’elle est une nouvelle venue en médecine : Elle a été connue des plus anciens auteurs et elle est décrite avec beaucoup d’exactitude dans le traité « des maladies internes » d'Hippocrate. On trouve des observations de néphrite dans Bonet, Morgagni, Hoffmann, Stahl, Bœrhaave, Chopart.
Ces auteurs s'accordent à dire qu’elle se voit à tous les âges, mais surtout dans l’âge viril, et Bonet la décrit chez deux enfants en bas âge.
Les causes en étaient nombreuses; le refroidissement, l’abus des boissons alcooliques et échauffantes, la nourriture succulente et stimulante, les poisons, la cantharide, la suppression de la transpiration, des menstrues, des urines, les coups et chutes sur la région des reins, la goutte, la gravelle, le rhumatisme, des métastases, un état pléthorique, etc... les unes vraies, les autres
fausses. Une multiplicité de classes y était établie par
ASE
Sauvages, Linné, Vogel, Sagar. On les divisait en : uéphrite simple cu essentielle (la népbrite par excellence), en néphrite calculeuse, puis vermineuse. Il y avait des néphrites actives et des néphrites latentes.
Enfin il faut arriver aux travaux de Bright et Payer pour voir individualiser lPœdème, symptôme qui caractérise tout un type de népbrite et nous vo yons Rilliet et Barthez dans leur Trailé clinique el pratique des enfants (1843) dire : « L’œædème a des causes multiples. Cependant les atfections des reins sont une cause des plus fréquentes et des plus efficaces ». Ils comparent les observations chez l’enfant à celles de l’adulte; ils décrivent la néphrite alkumineuse caractérisée par une anasarque plus ou moins intense, avec de l’albuminurie. «Elle se présente, disent-ils, scus la ferme aiguë cu chronique. La icrme aigue est elle-même fébrile ou non fébrile, et la itcrme chronique est &’emblée chronique ou succède à une néphrite aiguë ou subaiguë ». Ils s'étendent déjà sur les symptômes cardio-vasculaires, sur les crises d’éclampsie et dans les éditions successives du même traité, celle de 1887 par Barthez et Sanné, nous suivons l’évoluticn quise fait dans la connaissance des néphrites.
Quelles thécries ne furent émises, quelles explications ne furent données pendant toute la seconde moitié du dernier siècle !.….
Pour les uns l’albuminurie était due à une altération de la crase sanguine, à l’état hydrémique du sang, à
son appauvrissement en chlorure; pour d’autres comme
ND
Meyer, Robinson, Beckmann, Stockwis à l’afiaiblissement de la pression sanguine; pour Charcot et Litter au ralentissement du cours du sang dans le rein; entin pour Lecorché à l'altération de l’épithélium rénal.
Dieulafoy décrivit alcr: les petits signes du Brightisme et Fournier consacra une étude sur l’éclampsie. Avec la découverte de l'urée par Rostock et Christison on mit ces accidents sur le compte de l’urémie. Cwen Rees combattit cette thésrie: Frerichs de Berlin en vit alors ia cause dans le carlonate €'ammoniaque. Enfin Osbone tente une autre explication : ces accidents seraient dus à l'inflammation de l’arachnoïde cet le même (wen Rees les fait venir de l’infiltration œdémaleuse des centres nerveux.
Pour l’hyäropisie il y eut non moins d'hypothèses : Christison, Rayer et Bartels en voient le principe dans la désalbumination du sang qui entraîne «on hydrémie : d’autres dans l’hypertrephie du cœur et l’hypertension; et pour Ewald, Thomas, Conheim il faudrait la chercher dans l’altération de la texture des petits vaisceaux.
Enfin que dirons-nous des théories plus ou moins confuses que nous avons encore rencontrées dans beaucoup de nos manuels sur la néphrite épithéliale et la néphrite parenchymateuse ?
fl faut vraiment arriver aux auteurs modernes pour voir étudier scientifiquement les néghrite:, en se basant non seulement sur les symptôme: bien établis, mais sur
de véritables épreuves cù dosant les ingesta et les ex-