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EXCITATION DES VASO-MOTEURS

En faisant agir un courant d’incluction sur le bout périphérique d’un tronc vaso-moteur coupé, sur ce tronc intact, sur un ganglion ou sur les centres d’origine, on provoque un phénomène complètement opposé à celui que nous venons de décrire c’est-à-dire la contraction des muscles vasculaires, et par conséquent le rétrécissement du calibre des vaisseaux. Nous n’énumérerons pas les différents points où l’excitation peut être portée; ils ne diffèrent point de ceux que nous avons indiqués pour la section: notons cependant qu’il existe une difficulté spéciale qui tient à ce que, sauf quelques exceptions, les vaso-moteurs sont mêlés aux nerfs cérébro-spinaux, ce qui complique l’expérimentation.

Lorsque l’excitation est violente, il y a une vérita contraction tétanique qui persiste longtemps et qui peut

aller jusqu'à l’oblitération de la lumière des vaisseaux. Si elle est faible et de courte durée, la contraction cesse rapidement, et une dilatation marquée lui succède.

D’une manière générale, toute contraction est suivie d’un repos des muscles, c’est-à-dire d’une dilatation. D’ordinaire, pour ces expériences, on emploie l’électricité comme excitant, mais tous les excitants des nerfs déterminent les mêmes résultats. Les capillaires se dilatent ou se contractent évidemment suivant l’état des artérioles, mais nous pensons que ces changements de calibre sont passifs ; il est difficile d’admettre que les capillaires, qui sont formés par la juxtaposition de cellules épithéliales puissent se contracter activement. Weber prétend qu’il a pu exciter directement des capillaires, et il n’a pas vu survenir de changement de forme.

On fait également contracter les vaisseaux en électrisant directement les tissus, mais dans ce cas on agât à la fois sur les muscles et sur les nerfs ; en substituant les courants de la pile aux courants d’induction on obtient des effets remarquables, étudiés par M. Onimus et par moi en 1868.

Sans chercher en ce moment à interpréter ces expériences, je noterai ici ce qui est relatif à l’excitation des vaisseaux ; nous avons constaté à l’œil nu, sur l’oreille des lapins, et à l’aide du microscope sur les pattes des grenouilles, que les courants ascendants, c'est-à-dire en sens opposé à la direction de l’influx nerveux dans les vaso-moteurs, amenaient immédiatement une contraction des vaisseaux; cette contraction durait assez longtemps, puis les artérioles se dilataient peu à peu.

Avec les courants descendants, au contraire, après une courte contraction due à la fermeture du courant, nous

déterminions une dilatation considérable, qui persistait si l’on prenait soin de ne produire aucune interruption du courant; dans le premier cas, ou diminuait la circulation locale; dans le second on l'exagérait, et cela bien évidemment par une influence sur les vaso-moteurs, car pour les muscles lisses le sens du courant ne pouvait avoir aucune importance.

EFFETS DE LA PARALYSIE DES VASO-MOTEURS OU DE LEUR EXCITATION ARTIFICIELLE ET DIRECTE.

Jusqu’à présent l’expérimentation nous montre des faits nets et faciles à interpréter, nous voyons d’un côté la destruction des vaso-moteurs suivie de la paralysie des vaisseaux qui se laissent distendre, et d’autre part l’excitation de ces mêmes nerfs qui est accompagnée de la contraction des muscles des vaisseaux et du resserrement spasmodique de ces conduits;

II est à peine besoin de dire, que plus les vaisseaux seront riches en fibres musculaires de la vie organique et plus les phénomènes seront marqués, et à ce sujet je ferai remarquer que ce ne sont pas uniquement les petites artères périphériques qui remplissent ces conditions; mon ami le Dr Gimbert a fait voir que les artères viscérales, même volumineuses, avaient une puissante tunique musculaire.

Enfin certaines veines peuvent lutter avec les artères pour la puissance contractile; il est vrai que les fonctions vaso-motrices de ces dernières ont été peu étudiées, bien qu’elles méritent, comme nous le montrerons, une sérieuse attention.

On s’imagine aisément que par son influence sur les

vaisseaux, le système vaso-moteur tient actuellement une larg’e place en physiologie et qu’un certain nombre de fonctions se trouvent placées sous sa dépendance.

Ainsi il possède une action évidente et immédiate sur la rapidité du cours du sang et sur la tension ; en modifiant la tension, il réagit sur les mouvements du cœur qu’il accélère ou ralentit; il agit en outre, indirectement sur la calorification, la sensibilité, la motilité, sur la constitution meme du sang, sur la nutrition, les sécrétions, sur certains appareils spéciaux, enfin sur l'organisme tout entier.

Nous allons étudier séparément ces résultats si variés de la paralysie ou du resserrement des vaisseaux.

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