‹ Des nerfs vaso-moteurs ganglionnairesChapitre 1 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

.qu'en 1727, Pourfour du Petit, après avoir coupé r cervical du grand sympathique cliez un animal ita la contraction de la pupille et la congestion dé :in grand fait venait d'être observé, qui devait avoir mde mfluence sur la marche ultérieure de la mé- Mais, comme cela se rencontre presque toujours iistoire des sciences, ce germe à sa naissance ne trait pas le terrain où il devait se développer; cette ; première de la science n'avait pas trouvé l'ingérlisan qui devait, pour ainsi dire, l'analyser et en tout ce qu'elle portait d'enseignement.

Claude Bernard était réservé ce rôle supérieur à

iier.

la priorité même. Cette célèbre expérience répétée par l'éminent physiologiste et d'autres que j'aurai à signaler dans le cours de ce travail, ont donîié cours à une théorie, aujourd'hui bien connue, sous le nom de théorie des vaso-moteurs.

Comme toutes les théories à longue portée, elle a ses partisans, elle a ses détracteurs également aveugles.

Le recours qu'on a si souvent à elle d'une façon banale, n'a pas manqué comme toutes les exagérations de la discréditer auprès de certains esprits sévères; enfin la demi notion des principaux points de la théorie n'a pas laissé que d'amener un certain vague sur sa valeur.

C'est dans le but d'indiquer ses origines, son état actuel, ses résultats acquis et à acquérir que j'ai entrepris ce travail.

Sous le nom de système vaso-moteur ou vasculo-moteur, m entend l'ensemble si considérable des filets du grand sympathique, qui se distribuent aux vaisseaux tant artériels que veineujt, et dont les variations locales donnent lieu à des états locaux de congestion ou d'anémie, en rapport avec l'augmentation ou la diminution du calibre des vaisseaux.

Mais les filets du grand sympathique ne se distribuent pas également aux artères grosses et moyennes ou aux veines, puisque les fibres musculaires sont plus développées dans les artères que dans les veines, plus développées dans les artères moyennes que dans les grosses; ces filets sympathiques ne vont pas seuls dans la tunique moyenne des vaisseaux, puisqu'on rencontre aussi danâ' ces organes des filets nerveux- directement émanés dé l'axe cérébro-spinal.

On devrait donc entendre par système nerveux vaso-

>moteur l'ensemble des' filets uetveux cérébro-spinaux et sympathiques qui se distribuent aux vaisseaux.

L'usage est autre et nous nous y conformerons ; nous lie ferons d'autant plus volontiers, qu'à notre avis, le grand ssympathique joue un rôle bien plus considérable dans les [phénomènes de contraction vasculaire que le système ccérébro spinal. Les vaisseaux sont d'ailleurs pourvus de tlibres musculaires lisses, et je crois que la plupart des [phénomènes que présente le système vasculaire peuvent ?s' expliquer par la galvanisation ou la paralysie des fileta iriu grand sympathique, sans admettre une dilatation

ive des vaisseaux, due à l'intervention de l'élément céro-spinal.

e m'occuperai donc uniquemeat ici des nevïs vaso-mors sympathiques; mais isoler l'étude des filets vascures du grand sympatique est, il faut l'avouer, aussi itraire à l'anatomie qii'à la physiologie. En connexion intime les uns avec les autres, ces deux 1res de nerfs sympathiques sont soumis aux mêmes lois nme aux mêmes variations fonctionnelles, fi'étude des nerfs vaso-moteurs m'amène donc à l'étude grand sympathique, et me voilà bien loin de mon point départ ou plutôt entraîné dans un champ bien plus 3te que celui que je m'étais proposé tout d'abord de [•courir.

Je ne le ferai donc à coup sûr qu'incomplètement, Bssé d'ailleurs par des circonstances particulières d'aever ce travail; et je m'occuperai du grand sympathilue, surtout au point de vue de ses fonctions vaso-morices.

Si l'idée de la théorie des vaso-moteurs est neuve dans a science des faits positifs et précis, si maintenant, quoique depuis peu, elle a cessé d'appartenir au domaine des

hypothèses, elle avait du moins depuis longtemps été pressentie par quelques-uns de ces esprits qui dépassent la limite des faits acquis à leur temps, et à qui il est donné de jeter dans leurs écrits certains pressentiments d'un avenir encore lointain que leur génie leur a, pour ainsi dire, fait entrevoir.

Bichat n'avait pas laissé échapper le rapport constant des vaisseaux avec le système nerveux ganglionnaire : « Il est, dit-il, trop général, pour ne pas tenir à quelque grand but des fonctions de l'économie. » Remontons plus loin encore : que sont ces expressions, aujourd'hui quelque peu surannées et quelques-unes, un peu vitalistes, de forces congestivcs, raptussanguinis, molimenhemorrhagicum? N'y retrouve-t-on pas déjà les vagues linéaments de la théorie des vaso-moteurs ? Ces expressions ne renfermentelles pas en germe l'idée de l'indépendance locale de la circulation opposée a l'unité du moteur général? Qu'étaient la sthénie et l'asthénie , le strictum et le laxv/n\ P Par ce seul souvenir du passé j'ai déjà rappelé, aux yeux de ses détracteurs, les griefs de la théorie que j'expose.

Ces derniers croient voir apparaître de nouveau ces dichotomies artificielles avec leurs corollaires thérapeutiques : les stimulants et les controstimulants ; ils redoutent à bon droit cette nosologie trop scolastique qui paie la prétention de s'appliquer à tous les faits généraux, de l'échec de ne s'appliquer à aucun fait particulier.

Telle est la pierre d'achoppement de toutes les lois artificielles qui prétendent à trop gériéraUser.

Tel est l'écueil de tous les systèmes, telle est la cause qui interdit au meilleur d'approcher de la perfection. Aussi ne faut-il les prendre que pour ce qu'ils sont, servant à l'étude, plus qu'ils ne reproduisent fidèlement la nature. 11 n'en est pas moins vrai que la dichotomie

existe jusqu'à un certain point dans les fonctions naturelles : l'une d'elles étant donnée par la physiologie ne pourra se dévier, rentrant ainsi dans la pathologie, que ;de deux seules manières: l'ex-cès ou la diminution, poussée au besoin jusqu'à l'absence; ûreep ouûtco. 11 n'en n'est pas moins vrai que, dans l'espèce, la congestion ou il'anémie, l'augmentation ou la diminution du calibre des vaisseaux sont l'expresion à laquelle peuvent se réduire lia plupart des phénomènes soumis au physiologiste et [par suite au pathologiste.

Dans les deux cas le système nerveux est l'agent primordial.

« Le système nerveux, dit Cl. Bernard, est l'appareil organique qui sert constamment d'intermédiaire à toutes les réactions qui se passent entre les liquides. » C'est à lui que doit d'abord s'adresser le thérapeutiste ; mais, î'est à la condition qu'au lieu de se borner à connaître ?es lois naturelles qui régissent les fonctions organiques, 1 apprendra comment, avec ces lois, on peut modifier tes fonctions; c'est à la condition qu'à la médecine Nxpectante succédera la médecine expérimentale, dont .'époque a été amenée par l'avancement récent des iciences de l'organisme. Loin de moi la pensée de relarder comme non avenue l'œuvre péniblement acquise jar nos devanciers ; mais loin de moi aussi l'idée qu'il aille suivre aujourd'hui la même voie. Une seconde aériode doit s'ouvrir avec l'aide des sciences expérilaentales; elle sera le couronnement de la première qui ■ été la période d'observation : c'est nous qui sommes I es anciens, a dit Pascal, parce que nous avons amassé Hes résultats de l'expérience des siècles, et ceux que mous appelons de ce nom représentent la jeunesse du

monde avec toutes les illusions, les faiblesses, que comportent les débuts de l'humanité.

Cette période expérimentale, basée sur les progrès de la physiologie moderne, peut dégager la thérapeutique d'un empirisme, qui a pu être utile en son temps et inaugurer pour cette dernière science une voie nouvelle dont mon affectionné maître, M. Gubler, vient de tracer le plan dans la préface de ses commentaires thérapeutiques du Codex. Voie nouvelle où le médecin, doublement éclairé sur les fonctions intimes de l'organisme et sur l'action physiologique des médicaments, pourra sans danger tenter les hardiesses de la médecine agissante, tout en restant fidèle au Primo non nocere de la médecine expectante.

Page 1