RÉSUMÉ
I. Relativement à l'élévation du tracé : Les recherches sphygmographiques des modifications apportées par les médicaments dans la tension artérielle ne sont probantes qu'à la condition que la pression du levier ait été constante pour chaque malade au moins.
II. Relativement à la lecture du tracé : Le sommet de la pulsation peut se former en plateau dans deux cas opposés : paralysie absolue ou tétanie énergique des parois artérielles.
Dans le premier cas, assimilable à une membrane inerte; dans le second cas, comparable à une paroi rigide, la paroi artérielle est, dans l'un et l'autre cas, incapable de transformer en un mouvement modifié et prolongé l'action saccadée du cœur.
III. La paralysie vaso-motrice avec abaissement de la tension, élévation de la température, accélération du pouls, contraction delà pupille, augmentation du calibre des vaisseaux, s'observe à la suite de l'administration de l'opium et dans le sommeil naturel, et sous l'influence de la chaleur ainsi que de la diminution, de la pression atmosphérique.
IV, La galvanisation du vaso-moteur, avec élévation . de la tension, abaissement de la température et ralentissement du pouls, dans le plus grand nombre des cas; dilatation de la pupille et diminution du calibre des vaisseaux, s'observe à la suite de l'administration de : digitale, sulfate de quinine, belladone, acide arsénieux, ergot de seigle, tartre stihié, et sous l'influence du froid ainsi que de V augmentation dépression atmosphérique.
V. 1° A baute dose, la digitale paraît agir primitivement sur le cœur, dont elle modifie le rhythme. Elle produit au sphygmograpbe des séries ternaires de pulsations, chacune formée d'une longue et de deux brèves, qui peut se scander à la manière d'un dactyle ( — u u) (Gubler);
' 2" A faible dose , la digitale paraît agir primitivement sur les vaisseaux. La digitale s'accumule dans l'organisme ; elle prolonge ses effets bien au delà de son administration au malade.
YI. L'action du sulfate de quinine est rapide, constante; elle croît proportionnellement à la dose, et s'arrête avec la cessation du traitement.
Vil. La belladone a une action très-fugace. Plus que pour tout autre médicament, la dose a besoin d'être souvent augmentée pour produire un effet constant sur la tension. Son action sur la fréquence du pouls n'est pas en rapport avec son action sur la tension.
VIIL L'acide arsénieux et l'ergot de seigle agissent, au point de vue de la tension, dans le même sens que la digitale, le sulfate de quinine et la belladone.
Arrivé au terme de ce travail, si je jette les yeux en arrière sur le chemin que j'ai parcouru, je crois y trouver un nombre de faits suffisant pour légitimer l'impor-
tance que j'ai cherché à donner à l'union de la physiolo gie expérimentale avec la clinique, véritables bases de toute médecine rationnelle. J'y vois aussi, à coup sûr, bien des faits, qui, demandant la confirmation du temps et de l'expérience, auraient eu besoin, pour leur défense, d'une autre plume que la mienne ; je vois bien des hypothèses; mais je pense avec l'auteur d'une dissertation inaugurale sur ce même sujet, M. Barel de Pontèves, que les hypothèses sont à la science, o ce que le crédit est à la richesse; » et si cette opinion avait besoin d'une confirmation , elle la trouverait dans ces vers de Lucrèce :
Et si ratio non potuerit dissolvere causam Cur ea, quas fuerint juxtara auadrala, procul sint Visa rotunda, tamen praestat rationis egentem Reddere mendobe causas uiriusque figura?
Quam manibus manifesta sjis emittere quaequam.
(Liv. IV.)