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OBSERVATION IX

Au no 17 de la salle Sainte-Adélaïde, à l'hôpital Saint-Antoine, était couchée une femme d'une cinquante d'années, présentant tous

— gelés signes de la tuberculisation pulmonaire. Un jour que j'étais de garde, celle malade est prise d'une hémoptysie des plus abondantes.

Je prescris : tartre stibié, 0,10.

Quelques vomissements surviennent en très-petit nombre et peu abondants, l'hémorrhagic s'arrête; mais la femme, environ une demi-heure après la dernière prise du médicament, devient en proie à un délire gai ; en même temps, la pupille subit un élargissement considérable.

Une heure après, sans aucun traitement, le cerveau de celte malade avait repris ses fonctions normales.

Froid. — A celte liste des agents qui galvanisent le système vaso-moteur, je dois ajouter d'abord : le froid. « C'est le plus puissant des sédatifs, » a dit Trousseau. Drake (de New-York) a signalé la petitesse du pouls à la suite des inhalations d'air froid. Mais son effet est variable suivant l'organisme auquel il s'adresse : c'est ainsi que chez les gens vigoureux la douche froide peut en dernière analyse amener l'augmentation des phénomènes calorifiques.

Waller appliquant de la glace à 0° sur le trajet du nerf cubital, constata d'abord une hyperesthésie, analogue ici à celle que produit le sinapisme, par paralysie vaso-motrice. Mais telle n'est pas l'action finale, l'action, en un mot, du froid prolongé; l'anesthésie ne tarda pas à survenir. Du côté de la contractilité musculaire, il observa la même succession : l'excitabilité apparut d'abord, puis vint la cessation de la contractilité. Brown-Séquard a même observé, à propos du froid, un phénomène réflexe assez curieux : plongeant la main gauche dans la glace, il vit la température de la main droite baisser, en même temps que survenait la pâleur. C'est à ses propriétés anémiantes que le froid doit d'être employé à l'extérieur dans la hernie étranglée et à l'intérieur dans le traitement de

l'iléus. Il agit sur les nerfs vaso-moteurs comme sur les autres filets musculaires du grand sympathique.

M. Banabé, auteur d'une thèse sur les propriétés thérapeutiques du froid, cite l'exemple de je ne sais quel duc de Ferrare, atteint d'une constipation opiniâtre, qui ne pouvait aller à la garde-robe qu'après avoir fait une petite promenade les pieds nus, sur du marbre. « Le froid, dit M.Guérard, appliqué sur nos tissus, détermine un resserment des petits vaisseaux. »

Faisant allusion à cette loi posée par Broussais de l'équibre qui s'établit toujours entre la stimulation exagérée d'un organe et l'asthénie d'un autre, M. Lacorbière donne l'exagération fonctionnelle de la muqueuse gastro-intestinale, comme un corollaire du refroidissement périphérique déterminé par l'influence du froid.

Pression atmosphérique. — Après le froid je mentionnerai l'augmentation de la pression atmosphérique, comme agissant dans le même sens. Il est vrai qu'on a moins souvent la faculté de la voir varier dans cette direction, qu'on n'a, dans les montagnes, celle de la voir diminuer. Mais, ne peut-on pas se demander, si ce n'est pas à la faculté qu'ont la plupart des poissons de se maintenir à une pression constante par des mouvements d'ascension ou de descente dans la masse d'eau qu'ils habitent, que ces animaux doivent le développement inférieur de leur système grand sympathique signalé par tous les naturalistes et rappelé par M. Sappey dans son traité d'anatomie ?

Quoique à des degrés différen,ts, tous ces agents, dont l'action est opposée à celle de l'opium, diminuent le calibre des petits vaisseaux, dilatent la pupille contractée par l'opium.

Ils galvanisent donc les filets supérieurs du ganglion cervial supérieur, au même titre que les filets vaso-moteurs généraux. Ils agissent comme la galvanisation réelle du filet supérieur du ganglion cervical dans l'expérience de Kuyper.

Leur action réfrigérante est d'ailleurs conforme aux connaissances acquises sur la galvanisation du grand sympathique, et le sphygmographe n'a d'autre mérite que de confirmer ce que la physiologie et la clinique faisaient déjà prévoir.

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