OBSERVATION II
Empoisonnement pac un carbure d'hydrogène. — Opium Guérison.
Un domestique de 25 ou 26 ans, couché au premier étage, dans une chambre qui communique avec l'escalier d'un épicier; son maître raconte que depuis quelques jours il y avait dans l'escalier et dans la chambre une odeur très-forte de gaz d'éclairage, ou de pétrole, ou de benzine, il ne sait trop.
Un soir, l'odeur était si forte qu'il veut empêcher son domestique d'y coucher. Celui-ci le fait néanmoins, et, le lendemain matin, on le trouva asphyxiant.
Quatre médecins successivement appelés usent de la saignée, des vésicatoires à la nuque, des sinapismes jusqu'à escarrification. et de l'électricité. Tous ces moyens échouant, on amène le malade à l'hôpital Beaujon dans la journée, service de M. Sée. J'étais de garde; il était quatre heures du soir.
Etat du malade. Le malade est pâle, dans le coma depuis le malin; la pupille extrêmement dilatée, la peau anesthésiée. Je congtale un ràle trachéal très-intense, et de l'écume bronchique
tout autour des lèvres ; le pouls est insensible ; les muscles sont agités de contractions fîbrillaires.
J'ordonne 20 gouttes de laudanum : le lendemain matin, le ma^ lade était assis sur son lil, causant avec une parfaite intelligence; la pupille était normale.
. Deux jours après, j'appris qu'il mangeait très-bien, que la pupille était redevenue un peu large.