‹ Des nerfs vaso-moteurs ganglionnairesChapitre 8 sur 15 · OBSERVATION III · texte numérisé non relu

OBSERVATION III

DuHjo alcoolique. — Teinture de digitale sans effets. — Opium. — Guérisou.

Au n" 3t de la salle Saint-Lazare, dans le service de M Axenfeld, était couché un homme, ancien soldat, buveur de profession. Il était entré à l'hôpital avec de l'abattement, de l'embarras et de la lenteur dans la parole, de l'amaigrissement. On pensait au début d'une paralysie générale.

Deux ou trois jours après son entrée, il est pris de délire, et les mots du répertoire des buveurs reviennent souvent dans son langage.

On ordonne 4 grammes de teinture de digitale.

Le lendemain, on apprend de la sœur que le délire a été plus violent que la nuit précédente. La pupille, qui la veille était moyenne, s'est sensiblement dilatée.

M. Axenfeld ordonne 0,10 d'opium ; la pupille se contracta, et le malade n'eut plus de délire.

Je ne veux pas multiplier ces observations. Dans toutes celles que je pourrais citer encore, l'indication a toujours été presque infailliblement puisée dans l'état des pupilles.

Sommeil. Il n'est pas sans intérêt de rapprocher de ces

tracés consécutifs à l'administration de l'opium un tracé que j'ai pu prendre sur un homme sain et profondément endormi (tracé n" 5).

Ce tracé est presque identique à celui de mes tracés btenus par l'opium qui présente la plus faible tension 11° 2). Là, comme ici, grande élévation du tracé accusant me très-faible tension; ligne d'ascension verticale; plaoau: descente rapide avec rebondissements. Flemming, i;ir la compression de la veine jugulaire, produisit le iimmeii avec des rêvasseries.

Alcool. A l'opium j'ajouterai l'alcool. N'ayant pas d'ex- )ériences personnelles sur les variations de la tension à a suite de l'usage de cette substance, je n'en parlerai que lour rappeler la similitude d'action et d'indications qu'il irésente avec l'opium. Ses propriétés paraissent être fort lifférentes suivant qu'on l'applique à l'extérieur, bien 'iitendu dans les limites d'une absorption insignifiante, )u bien à l'intérieur.

Dans le premier cas il paraît faire contracter les petits •aisseaux; c'est ainsi qu'il est efficace pour arrêter les lémorrbagies en nappe, qui se font à la surface des plaies. I. de Gaulejac a constaté qu'il retarde la formation des lourgeons charnus, et qu'il diminue la suppuration; deux jhénomènes qui découlent de la contraction des petits aisseaux.

11 est fréquent d'observer les effets de son absorption à lose copieuse; or, l'ivresse donne un tableau parfait de 'hyperémie cérébrale : contraction pupillaire, rougeur le la face, chaleur, ampleur du pouls. A l'autopsie des mimaux empoisonnés par l'.alcool, Ludger-Lallemand, tiaurice Perrier, J.-L.-P. Duroy ont trouvé une congestion iu système vasculaire, surtout du foie et du rein. C'est en vertu de cette propriété hyporémiante que alcool agit lorsqu'on l'administre à l'intérieur à la suite les opérations graves : Snellen, après avoir caupé, chez

un lapin, la moitié de chaque oreille, pratiqua la section du grand sympathique cervical d'un seul côté : l'oreille du côté où la paralysie vaso-motrice avait été déterminée fut cicatrisée en dix jours; l'oreille opposée ne le fut qu'au bout de quinze. Mais à cette propriété qui lui est commune avec l'opium de paralyser le vaso-moteur, l'alcool en ajoute une autre qui le différencie de ce premier médicament. Voici ce que dit, à cet égard, M. Gubler parlant des maladies où il y a perversion fonctionnelle tendant à l'adynamie : « Les alcooliques peuvent rendre des services considérables, soit en apportant un aliment respiratoire et ralentissant la dénutrition, soit en rendant agissantes des forces radicales à l'état latent, soit en cédant à chaque instant au système nerveux la force qui lui manque. »

La propriété hyperémiante de l'alcool crée pour la mesure de son emploi dans l'algidité cholérique une difficulté véritable, en prévision des accidents congestifs qu'on aura à combattre dans la période de réaction. Du reste, dit M. Béhier, en parlant des cholériques : «Beaucoup d'entre ceux que j'ai ainsi traités avec succès, étaient d'un âge avancé, » et il ajoute : « c'est là une condition toute spéciale. » C'est qu'en effet les vieillards sont sous le rapport de la richesse sanguine du cerveau dans un état tout opposé à celui des enfants; et qu'à l'inverse de ces derniers les premiers supportent parfaitement l'opium et l'alcool, trouvant en outre dans ce dernier une excitation chez eux éteinte.

A l'appui de ce qui précède je cite deux observations de délire guéri par l'alcool, elles sont dues à l'obligeance de mon collègue et ami Jollivet, qui les a recueillies l'an dernier dans le service de M. Gubler, dont il était alors l'interne :

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