‹ Des Névrites Post-Opératoires: Etiologie et TraitementChapitre 25 sur 26 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Toutes les fois que l’on observe chez un opéré des phénomènes de névrite, apparaissant à la suite d’une intervention chirurgicale, on doit tenir compte de ce qui revient au traumatisme opératoire en luimême, et aux causes prédisposantes ou adjuvantes qui existent toujours chez ces sujets.

II. — Parmi les causes prédisposantes, il faut citer les causes :

1) Mécaniques (torsion, arrachement, compression, dénudation) produites par le traumatisme même qui a nécessité l'intervention.

2) Infectieuses locales ou générales (la tuberculose au premier plan, syphilis, cancer. ..).

3) Toxiques (alcoolisme, saturnisme...).

4) Enfin les causes névropathiques héréditaires et personnelles (hystérie, épilepsie. ..).

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Toutes ces causes prédisposantes placentle système nerveux dans un état de moindre résistance et peuvent même créer des lésions au début qui évolueront à l’occasion du traumatisme chirurgical.

III. — Parmi les causes adjuvantes, l'infection de la plaie opératoire, son irritation au cours de la seconde intention doivent être mises au premier rang.

IV. — Donc, a priori, toute intervention, quelle que soit son siège, sa durée, sa gravité, peut être suivie de névrite post-opératoire, toutes les fois qu'elle est pratiquée dans les conditions énumérées plus haut ; mais il est bien certain que les complications névritiques auront plus de chances de se produire, si le chirurgien intentionnellement on non a comprimé les nerfs de la région (bande d'Esmarch, pince hémostatique), s’il les a dénudés (ablation de ganglions cancéreux ou tuberculeux) ou s'il : a irrités par des antiseptiques forts.

V.— D'après cette étiologie on conçoit que le traitement de telles névrites sera surtout prophylactique. Chez les sujets prédisposés, le chirurgien évitera autant que possible dans les manœuvres opératoires tout traumatisme nerveux. De même il évitera les causes adjuvantes immédiates par une asepsie et un drainage parfaits.

VI.— Le traitement curatif consiste à supprimer la cause de la névrite toutes Îles fois qu'elle sera acces-

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sible (cal osseux exubérant, cicatrice adhérente, moi-

gnon conique, ou extrémités osseuses dénudées).

Lorsqu'il s'agit d'une névrite par irritation ou par infection, on se hâtera de modifier les conditions du pansement en assurant au maximum l’asepsie de la plaie, sans employer pourtant de substances irritantes ou d'antiseptiques forts. Si la plaie est longue à se réunir, on soustraira les bourgeons douloureux aux actions irritantes extérieures, en pratiquant des greffes, dans les conditions favorables, pour oblitérer la perte de substance des tégu-

. ments.

Lorsque ces moyens indirects ne suppriment pas les douleurs et les autres troubles névritiques, il faudra s'attaquer aux nerfs lésés, soit par l’élongation qui est de peu de valeur, soit par la névrotomie ou mieux par la névrectomie, pratiquée au-dessus de la révion douloureuse, de façon à dépasser si possible le point du nerf malade. Mais on doit savoir que la névrectomie n'est pas toujours radicale, car l’exten-

sion des lésions le long du nerfest souvent insidieus?,

et on s'exposerait trop souvent inutilement à créer des troubles fonctionnels graves dans le membre ainsi énervé, sans avoir supprimé la cause de la névrite,

VII. — Pour les mêmes raisons, l'amputation du membre ne doit être pratiquée qu'à bon escient et en dernière ressource.

VIII. — Il est superflu d'ajouter que toute tentative de traitement chirurgical sera précédée et accom-

pagnée de l'administration des calmants, des nervins, des toniques. Ces médicaments, qui peuvent parfois compléter une-guérison commencée par la seconde intervention chirurgicale, rendront, dans tous les cas, moins intolérable au patient l’évolution prolongée de ses lésions.

Vu : \ Le président de la Thèse, PONCET.

| Vu :

Dour le Doyen, l'assesseur, LACASSAGNE.

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