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AMPUTATION DE CUISSE. -— NÉVRITE DU MOIGNON

Le 6 octobre 1898, Mme M..., âgée de 40 ans, tombe sous un tramway en marche qui lui broie le membre inférieur droitau niveau de l'articulation du genou, avec déchirures des parties molles et décollement de la peau jusqu'en haut de la cuisse. En arrière les lésions s'arrêtent un peu au dessous du pli fessier. En avant la déchirure des ligaments remonte en pointe jusqu à l'arcade crurale.

La malade est apportée dans le service de M. le professeur Poncet, où M.Bérard l’examine deux heures après l'accident. Etat de schok intense. Päleur de la face. Pouls petit et rapide. Tendance au refroidissement des extrémités. La malade,pourtant, a toute sa lucidité.

Localement un pansement fait à la hâte a néanmoins protégé relativement l'énorme plaie, qui saigne peu à cause de la torsion etde l’é‘rasement des vaisseaux par le traumatisme. [1 y a une fracture exposéeet comminutive au dessus des condyles qui sont eux-mêmes écrasés. Des corps étrangers : poussières, graviers, sont répandus à profusion dans la perte

de substance. Bref,du fait des lésions locales et de l’état géné-

ral la situation paraît désespérée.

Néanmoins, comme aucune tentative de conservationn'est possible, on fait immédiatement à la malade une injection de 500 grammes de sérum artihciel et, sous anesthésie légère, M. Bérard fait sommairement une amputation de cuisse le plus haut possible, en conservantle maximum des parties molles, qui ont été épargnées,surtout en arrière. Au niveeu même de la section on trouve des suffusions sanguines par destruction des vaisseaux, et il est notoire que le sciatique a été lui-même broyé et arraché partiellement. Pansement à

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plat. Dans la soirée nouvelle injection de sérum : on en fait d'autres les jours suivants en même temps que des injections de sérum antitétanique. |

L'état général se relève peu à peu en même temps que la plaie se régularise par élimination de quelques portions sphacélées. La malade peut être transportée chez elle au bout d’un mois et demi. À ce moment la plaie est encore béante, et le lambeau postérieur, ramené en avant, coiffe à peine la section du fémur.

‘Celle-ci s'entoure de bourgeons exubérants, qui, à mesure qu'ils étreignent davantage l'os, deviennent de plus en plus douloureux. La malade éprouve alors des douleurs atroces avec irradiation au crural et jusque dans l'articulation coxofémorale ; ces douleurs.accompagnées de crises ostéalgiques qui se répèêtent le jour et la nuit, sont telles, que M. Bérard doit faire une recoupe de l'os après avoir tranché largement autour toutes les parties mollés contenant des filets nerveux irrités. Cette opération itérative mit fin aux grandes douleurs.

Mais, pendant la convalescence qui dura pendant plus d’en an et au cours de laquelle la malade dut subirde nombreuses anesthésies surtout pour recouvrir, au moyen de greffes dermo-épidermiques,le moignon dénudé, de nouvelles crises se produisirent, moins intenses que les premières, mais cependant encore très pénibles. Ces crises apparaissaient soit lorsque la plaie avait suinté beaucoup dans un pansement déjà ancien, soit aux changements de température, soit au moment des règles. Lorsque, suivant son expression, la malade « souffrait de son os », elle entrevovait avec terreur le retoir des grandes douleurs du début. Dans l'intervalle de ces crises, elle se plaignait de fourmillements, de brûlures, d: déchirures, d'élancements tout autour de la plaie avec des phénomènes du même ordre, reportés par elle au membre absent, et même, avec des irradiations du côté du bassin qui nous firent craindre un instant de la névrite ascendante. Pendant quelques tenps aussi la malade se plaignit beaucoup de dou-

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leurs analogues dans le membre gauche, mais la plus grande part de celles-ci revenait à la cicatrisation, qui fut très lente, des gretfes dermo-épidermiques, prises là pour combler la plaie d'amputation. |

Aujourd'hui, rer novembre 1899, il ne reste plus que quelques ulcérations peu etendues à combler pour que tout le moignon soit recouvert; mais, malgré l'emploi de cicatrisants (acide phénique, diachylon...) et de pansements méthoüiquement et soigneusement renouvelés, il est certain que la peau, à ce niveau, vit mal. A plusieurs reprises, des greffes qui avaient tenu pendanttirois ou quatre mois se sont dé:achées, comme si de véritables troubles trophique: persistaient encore à ce niveau.

En somme, cette femme a présenté, à la suite du traumatisme nerveux effroyable de s°n accident, et à la suite surtout d’une amputation avec lambeaux de misère, se cicatrisant par seconde intention, des troubles névritiques, heureusement localisés à la région traumatisée, et qui reviennent partie au traumatisme accidentel, partie au traumatisme opératoire. Rien dans ses antécédents ne la prédisposait plus spécialement à cet ordre de complications, bien qu'il s'agisse d'une femme très sensible et très émotive, muis sans aucune tare nerveuse.

OBSERVATION III (Inédite)

(Due à l’obligeance de M. le professeur Monprofit, d'Angers.)

DÉSARTICJLATION DE LA I'© PHALANGE DU PETIT DOIGT POUR ÉCRASEMENT. — NÉVRITE CONSÉCUTIVE. — GUÉRISON

Mme C..., âgée de 55 ans. Antécédents de nervosisme très marqués. — Caractère emporté.

Cette femme a l’auriculaire de la main gauche écrasé par laicaite d’un vase très lourd sur la première phalange. L'amputation du doigt est pratiquée au niveau de la pre-

miére et de la deuxième phalange. Hémostase des deux col-

feet

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