‹ Des Névrites Syphilitiques Et En Particulier De La Névrite Cubitale De La Période SecondaireChapitre 5 sur 16 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Les premiers travaux d’ensemble sur les affections nerveuses syphilitiques: sont dus à Lagneau (1860), Gros et Lancereaux ,(1861), Zambaco (1862). Dès cette époque, on réagissait contre l’opinion généralement admise, que la moëlle et le cerveau, de même que les différents viscëres, n'étaient atteints qu’à la période tertiaire de la syphilis. Ces auteurs rapportent des observations dans lesquelles la syphilis a frappé, dès les premiers mois de l’infection, soit le cerveau, soit la moëlle. Depuis lors, grâce aux travaux de MM. Fournier, Mauriac, Gilbert et Lion, les localisations précoces dela syphilis sur les centres nerveux sont bien connues. D’après la statistique que nous donne M. le professeur Fournier dans ses Zeçons cliniques sur le tertiarisme précoce (1893), les lésions du système nerveux viennent comme fréquence après les lésions cutanées, et cela, dès la première année. de la syphilis.

Mais si les affections syphilitiques du système nerveux central sont bien connues, en revanche celles des nerfs périphériques le sont fort peu.

Ces dernières années, on s’est beaucoup occupé des névrites périphériques de toute nature. Les travaux de MM. Joffroy, Déjerine, Lancereaux, Pitres et Vail-

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lard, Mme Dèéjerine Klamptre sont venus affirmer l'existence d’une névrite autochtone, d’une névrite primitive, sans lésions préalabl:s des centres trophiques des nerfs. Ces auteurs ont pubiiè des observations de névrites au cours des diverses intoxications et des diverses infections : fièvre typhoïde, variole, tuberculose, fièvre puerpérale, rhumatisme articulaire, etc. :

- Comme observations de névrite syphilitique, on n’a guère publié que des observations de paralysie faciale, de paralysie des oculo-moteurs, de paralysie des différents nerfs crâniens. Or, ces paralysies ont toujours êtè attribuées à la compression, soit par les méninges, soit par le périoste épaississ elles ne seraient donc pas dues à des. névrites primitives, essentielles. Lorsqu'il s’agit des nerfs crâniens, il est impossible d’affirmer qu’il n’existe pas de compression; mais lorsqu'il s’agit des nerfs rachidiens, si l’on ne trouve pas d’exostose, de périostite, pouvant comprimer le nerf dans son trajet, pourquoi ne pas admettre une névrite syphilitique analogue aux névrites des autres maladies infectieuses? D’ailleurs, si l’on considère la fréquence avec laquelle la syphilis se fixe sur les autres parties du système nerveux, cerveau et moëlle, il est tout naturel de penser qu’elle peut se fixer aussi, primitivement, sur les nerfs périphériques.

À ce propos nous nous demanderons de quelle nature sont les névralgies de la périvde secondaire. Sont-elles purement dynamiques, sine materia, sans lésions? Ne sont-elles pas plutôt symptomatiques de lèsions de voisinage, comprimant ou irritant les nerfs, ou encore, de lésions intéressant la substance même des nerfs ou leur

Or

névrilème, c’est-à-dire, syntptomatiques d’un début de névrite ou de périnévrite? Cette action du poison syphilitique, produisant directement l’inflammation du nerf, n’est qu'une hypothèse que permet d'accepter la façon nouvelle de comprendre l’action des maladies infectieuses sur les troncs nerveux. On ne peut en effet être affirmatif avant que les constatations anatomiques aient établi la réalité de faits semblables,

Nous avons trouvé dans les publications étrangères un certain nombre de nèvrites syphilitiques; personnellement, nous n’avons observé que trois cas de névrite cubitale à la période secondaire. Nous n’entreprendrons donc pas une étude complète des névrites syphilitiques ; nous passerons rapidement en revue les observations que nous avons pu trouver, pour étudier plus particulièrement la névrite cubitale de la période secondaire,

Mais notre étude, même restreinte à la névrite cubitale, sera forcèment incomplète, car nous sommes obligés de laisser de côté l’un des chapitres les plus importants, celui de l’anatomie pathologique. Cependant, bien que nous manquions de preuves anatomiques, nous chercherons à montrer par l’analyse des symptômes cliniques que, dans nos observations, la névrite cubitale était due à une lésion nerveuse périphérique, sans altérations des centres nerveux, et qu’elle était indépendante. de toute

compression.

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