HISTORIQUE
En laissant de côtè les nombreux cas de paralysies syphilitiques, que l’on peut considérer comme des paralysies secondaires : paralysie faciale, paralysie du muscle moteur oculaire commun, etc., nous n’aurons à relater qu’un nombre très restreint de névrites syphilitiques.
Dés 1852, le D' Vaulpré (de Bourg-en-Bresse) publie, dans le Bulletin de thérapeutique, l'observation d’une femme, âgèe de 38 ans, en pleine période secondaire, qui souffrait de douleurs violentes, lancinantes, paroxystiques, le long du nerf sciatique et du nerf crural. Les douleurs disparurent au bout de huit jours par le traitement mercuriel intense.
En 1859, le D' Rodet, ex-chirurgien en chef de l’hospice de l’Antiquailles à Lyon, rapporte, dans la Gazette médicale de Lyon, une observation d’atrophie musculaire progressive, de nature syphilitique, guérie par l’iodure de potassium. La maladie débuta un mois après le chancre indurèé par des douleurs sourdes dans les jambes, au niveau des mollets et des articulations, et siègeant aussi dans le bras droit, La faiblesse des jambes augmenta, les crampes devinrent plus frèquentes dans les mollets et dans les pieds, surtout du côté droit. Les doigts de la main droite étaient engourdis, et ne se rapprochaient
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qu’incomplètement; le malade ne pouvait écrire qu'avec beaucoup de peine. Les muscles des éminences thénar et hypothénar, le court abducteur du pouce étaient atrophiés. Les muscles de l’avant-bras et du bras droits étaient notablement diminués de volume; la cuisse et le mollet droits êtaient également plus amaigris qu’à gauche. Tous les muscles atrophiès étaient atteints de secousses fibrillaires. L’atrophie musculaire progressa; le malade boîtait de la jambe droite et ne pouvait tenir une plume de la main droite. La maladie avait débuté en mars, l’amélioration ne se fit sentir qu’en octobre. Les crampes diminuèrent, les forces augmentèrent peu à peu, de sorte qu’au mois de janvier, le malade pouvait marcher et pouvait écrire, mais toujours avec difficulté. Les muscles airophiès reprirent en partie leur volume primitif, Ce n'est guère le tableau de l’atrophie musculaire progressive, qui débute par le court abducteur du pouce, qui envahit symétriquement les membres supérieurs, et qui évolue sans crampes et sans douleurs. Nous croyons plutôt qu’il s’agissait d’une névrite multiple d’origine syphilitique, analogue aux polynévrites que nous mentionnons plus loin. EE En 1873, le D' Mayaud, dans sa thèse, rapporte une observation de névrite cubitale de la période secondaire. Nous la reproduisons plus loin in exlenso.
En 1880, le D' Caradec (de Brest) publie, dans la Gazette des hôpitaux, une curieuse observation de névrite nodulaire du nerf saphène interne droit, à la période secondaire. Le nerf saphène présentait vingt-cinq à trente petits névromes, disséminés sur toute sa longueur; ces
mn tO névromes disparurent sous l'influence du traitement mercurlel.
En 1884, dans sa thèse sur la Sciatique syphilitique, le D' Dubois rapporte un certain nombre de sciatiques dé la période tertiaire de la syphilis, observations dues à Cirillo, Gérard, Zambaco, etc., et une observation de sciatique droite avec atrophie musculaire, survenue à la période secondaire et guërie par le traitement mixte. Nous la résumerons brièvement,
(Thèse de Dubois, Paris, 1884, Obs. XX).
- La nommée B..., 21 ans, mariée le 10 mai 1882, devient enceinte. Quelques semaines après, boutons sur les parties génitales. Sirop de Gibert.
- Le 22 décembre 1882. — Elle accouche d'un enfant mort-né. . Quelque temps après, douleurs dans la cuisse gauche, plus intenses la nuit. Faiblesse de la jambe. Elle entre à l'hôpital le 18 février 1883. Taches cuivrées sur le thorax et sur le bras. Vive douleur le long du nerf sciatique gauche. Sensibilité diminuée dans tout le membre et notamment à la partie externe de la jambe, et sur le dos du pied. Membre inférieur gauche affaibli ; la malade ne peut marcher. |
Injections sous-cutanées de peptone mercurique ammonique.
Amélioration rapide en quatre ou cinq jours.
On combat l’atrophie musculaire par les courants continus. Le 31 mars 1883, la malade peut marcher; elle quitte l’ hôpital, La sensibilité n’est pas complètement revenue. La force manque encore. Plus de douleurs.
En octobre 1883, le membre du côté malade a UD son volume normal.
et
: Le D' Dubois conclut qu'il existe à la période secondaire une ‘sciatique qui « peut être essentielle », une névrite subaiguë virulente qu’on pourrait comparer à la sciatique de l'infection purulente et de la fièvre typhoïde.
À l’étranger, cette question des nèvrites syphilitiques a été, ces dernières années, l’objet d’un assez grand nombre de travaux,
En 1879, Buzzard publie un cas de sciatique droite avec douleurs violentes, faiblesse du membre, atrophie musculaire. Le malade avait contracté la syphilis quinze ans auparavant. Il guérit par liodure de potassium en «moins de cinq semaines.
En 1881, Ormerod présente à la Socièté de. nd de Londres, un Cas d’hypertrophie douloureuse du .nerf - médian et lattribue à la syphilis héréditaire.
Buzzard, en 1885, rapporte une observation de. para
lysie faciale double, de paralysie des membres supérieurs et inférieurs, avec troubles de la respiration et de Ja déglutition et anesthésie disséminée à la période tertiäire. Le: malade guérit par liodure de potassium et - reprénd ses occupations au bout de six mois. Erhmann, en 1886, publie un cas de polynévrite sur -.venue à la période secondaire; le nerf cubital était particuliérement atteint, nous rapportons cette observation plus loin.
Mills (G.-K.) présente la même annëe devant la Société . de neurologie américaine, trois cas de névrites multiples d’origine syphilitique. À
Kahler, dans un travail sur {a polynévrile radiculaire syphilitique (1887), fait ressortir qu'il existe, outre des
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