‹ Des Névrites Syphilitiques Et En Particulier De La Névrite Cubitale De La Période SecondaireChapitre 8 sur 16 · PESTE À · texte numérisé non relu

PESTE À

soumit les museles atrophiès aux courants galvaniques. L'amélioration fut rapide.

En 1892, Sorrentino publie un cas de polynèvrite syphilitique qu’il suivait depuis deux ans. Cette observation est intéressante par la gravité des troubles trophiques que présenta le malade. Il eut des panaris des doigts avec nécrose consécutive ; la main droite perdit totalement la deuxième phalange de l'index, la dernière et une partie de la deuxième phalange de l’auriculaire.

A la main gauche l'ongle du pouce manquait ainsi que celui de l'index ; le mêdius avait êtè enlevé par amputations successives ; les autres doigts avaient pas souffert du processus nécrobiotique. Aux pieds, pas de mutilations, mais déformation par rétraction des tendons fiéchisseurs. L’affection avait débuté environ cinq ou six mois après l'infection syphilitique. Le malade fut soumis aù traitement mixte. Le processus nécrobiotique s’arrêta.

Sorrentino se demande quelle était la nature des lésions nerveuses dans ce cas. « Je crois, dit-il, qu’elles ont débuté par une lente inflammation dans les éléments fibreux des nerfs et dans le névrilème, inflammation suivie d’hyperplasie, d’où compression et dégénérescence des éléments nerveux ».

Telles sont les observations de névrite syphilitique que nous.avons pu rèunir. Maintenant nous allons étudier la névrite cubitale ; nous présenterons tout d’abord nos

observations.

Pre El

OBSERvVATION 1 Th. du Dr Mayaud, 1873.

La nommée G..…. Françoise, corsetière, entre le 8 août 1871, salle Sainte-Eugénie, n° 10, service de M. Lancereaux. Filletrès forte, au mois de janvier, elle contracte un chancre sur la lèvre droite qui dure trois semaines. Cet accident n’a pas été traité. En février :. éruption généralisée, croûtes dans les cheveux. Aujourd’hui, nous voyons des taches de couleur café au lait, les unes de la dimension d’une pelite lentille, les autres d’une pièce de vingt centimes, au niveau des plus larges il existe une petite cicatrice (ecthyma probable). La malade dit n'avoir eu qu'une seule éruption, un: médecin consulté a fait faire des frictions avec l’onguent napolilain et a donné de l’iodure de potassium. Amélioralion notable. | Let

Il ya un mois et demi ou deux, pendant le cours de cette éruption, la malade était courbaturée, peau brûlante, fièvre, soif plus considérable là nuit que le jour, insomnie. La malade prétend n’avoir jamais eu de plaques muqueuses. Cette femme, quoique brune, sèche, d’un tempérament nerveux, ne présente aucun phénomène d’hystérie. Il y a deux mois, elle a éprouvé comme des fourmillements, un sentiment d’engourdissement dans l’auriculaire et l’annulaire droite, elle s’est aperçue en même temps que la sensibilité était abolie sur le côté interne du bras, elle a constaté que la main de ce côté avait moins de force musculaire. |

Nous constatons à son entrée qu’il existe une anesthésie complète de la peau de toute la partie interne de l’avant-bras, et des deux doigts sus-nommés. Cette anesthésie disparaît insensiblement à mesure que l’on se rapproche de la ligne médiane. Bains

Ce

sulfureux tous les deuxjours, iodure de potassium, un gramme. Sous l'influence de ce traitement nous voyons reparaître assez promptement la sensibilité ; la malade, dès le 15, sent les pincements et les piqüres d’épingles. La sensalion tactile est plus obtuse, il en est de même de la sensation du froid. Le 20, la sensibilité était à peu près normale. Dans le cours de son érup-

tion, cette femme a eu, à plusieurs reprises, une exagération

notable de l'appétit, une véritable boulimie avec polydipsie. |

OBsERvATION Il Par le Dr Erhmann (Wiener mediz. Blatter, 1886).

A. Z..., 38 ans, cocher, entré le 16 décembre à l'hôpital, a toujours élé bien portant jusqu'à il y a quatre mois, où il a contraclé la syphilis. Phimosis ; sur la paroi interne gauche du prépuce, on sent une nodosité dure, allongée, un peu plus grosse

qu'une fève. Pléïade ganglionnaire. Sur le raphé pénoscrotal, à la face interne des cuisses et sur le scrotum, plaques muqueuses plus ou moins saillantes. Sur le tronc et les membres, syphilide . maculeuse. Léger œdème des membres inférieurs et des paupières. Dans l'urine, on constate la présence d’une forte proportion d’albumine, d’épithéliums cylindriques, de corpuscules rouges et blancs du sang et d’épithélium des bassinets. Bains chauds, iodure de potassium, pansement avec l’emplâtre de Vigo. 20 janvier 1886. — L'’exanthème du tronc a disparu et les plaques muqueuses se sont affaissées.

19 février. — Plus d’albumine dans les urines.

95 février. — Le malade accuse des douleurs de l’estomac et de l'inappétence. Vomissements. On cesse l’iodure de potassium .

Quelques jours plus tard, iclère.

EIRE

29 avril. — Sur la face interne du tibia gauche, gonflement pâteux, douloureux du périoste. On revient à l’iodure de potassium. |

5 mai. — Périostile de la malléole externe gauche. Le tendon d'Achille et le muscle gastro-cnémien sont sensibles à la pression.

16 mai. — Au niveau de l’os cuboïde, des deux côlés, tuméfaction très caractérisée. Douleurs dans les articulations des première et deuxième phalanses de l’annulaire gauche, sensation de fourmillements sur le côté cubital de l’avant-bras gauche, dans l’annulaire et le petit doigt du même côlé.

En examinant avec soin le plexus brachiil, les nerfs sont très sensibles à la pression, notamment le nerf cubital sur tout son trajet. Celte sensibilité st très marquée derrière le condyle interne, mais elle est encore plus prononcée au milieu de la face antérieure de l'avant-bras, elle reste très vive jusqu’à la région cubitale de la paume de la main où elle s’étend aux doigts annu- Jaire et médius. Toutes les fois qu’on presse fortement les cordons nerveux dans le sillon bicipital, sur le plexus brachial, dans le creux axillaire, il se produit également des sensations douloureuses dans toul le bras. ;

La compression du nerf médian est moins douloureuse, celle

du nerf radial ne provoque pas de douleurs. Si l’on compare

cet état avec celui des nerfs du côté droit, il ne reste aucun :

doute sur la nature pathologique de ces douleurs. La pression sur. la colonne vertébrale n’est pas douloureuse. Les espaces interosseux sont déprimés notamment entre les métacarpiens de l’annulaire et du pelit doigt. Tous les muscles innervés par le cubital sont atrophiés. L'extension de l’annulaire et du petit doigt est incomplète au niveau des articulations phalangiennes. Les deux doigts ne peuvent s'appliquer l’un sur l’autre, ni l’annulaire complètement sur le médius. |

L'examen de la sensibilité montre une hyperalgésie de tout

D NN 7, ET Ney

Ne MOTS

le côté cu ital de l'avant-bras gauche, surtout dans sa partie inférieure. Sur la main, la zône hyperesthésique comprend la région cubitale et celle du nerf culané médian, Dans la zône hyperesthésique, les piqûres produisent un pompholix, du volume d'un grain de mil, entouré d'une auréole rouge à peu près grande comme une lentille, phénomène que l'on doit rapporter à des troubles vaso-moteurs. La chaleur et le froid provoquent de la douleur dans la zône d’hyperalgésie.

L’irritabilité du nerf cubital et du nerf médian est diminuée,

Les nerfs du membre inférieur gauche se montrent également sensibles à la pression pendant tout le cours de la maladie.

Lés réflexes roluliens étaient prononcés des deux côtés, les réflexes tendineux des membres supérieurs étaient les mêmes à droite et à gauche.

La continuation de fortes doses d’iodure de potassium (2 grammes par jour), amena une aimélioration telle qu’au commencement de juillet l’atrophie des muscles s'arrêta, les paresthésies disparurent, la sensibilité à la pression devint moindre. Crpendant à ce moment, les symptômes étaient encore très mani-

festes,

OSERVATION III

Névrite syphilitique du nerf eubital par MM. E. Gaucher et Barbe (Soc. de Dermatologie, 10 janv. 1895).

Lucie R..., âgée de 18 ans, couturière, sans antécédents mor-

bides dignes d’être notés, est entrée une première fois dans le

. service du D' Gaucher le 13 novembre 1894. Elle avait alors des

plaques muqueuses à la vulve et notamment une plaque

muqueuse, à base légèrement indurée, siégeant sur le bord libre

de la grande lèvre droile. Celle dernière plaque semblait voir &uccédé à un chancre induré datant du milieu du mois d'août:

De plus, la malade présentait des ganglions dans les aînes, et au cou une syphilis pigmentaire très marquée. Sous l'influence du traitement spécifique, consistant en deux pilules de sublimé de 0 gr. 01 chaque par jour, la malade fut vite améliorée et sortit guérie de l'hôpital le 21 novembre. |

Toutefois, pendant ce premier séjour, cile avait ressenti déjà des douleurs névralgiques au niveau du coude droit, en même temps que des fourmillements dans l'annulaire et dans l’auriculaire-du même côlé; mais elle n’en avait pas parlé croyant inutile d'attirer l’atlention sur ce symptôme, Elle ne s’en inquièta guère que le jour où elle s’aperçut que la force musculaire de sa main droite diminuait nolablement. Aussi rentra-t-elle à l'hôpitul le 12 décembre.

Voici les symplômes que l’on constatait : les trois premiers doigts de la main droite étaient dans une position intermédiaire entre la flexion et l’extension, mais l’annulaire et l’auriculaire élaient à moitié renversés du côlé de la face palmaire. En effet, les deux dernières phalanges de ces deux doigis ne pouvaient êlrè étendues, de son côté la première phalange de ces mêmes doigts ne pouvait être fléchie pour la même raison, à cause de la paralysie des muscles interosseux, innervés par le nerf cubital. Les trois premiers doigts avaient conservé une cer- ‘laine partie de leurs mouvements, par suite de l’intégrité des deux premiers lombricaux et dès muscles de l'éminence thénar innervés (moins l’adducteur du pouce) par le nerf médian. De plus, on constatait que les deux derniers espaces interosseux, surtout le quatrième, étaient amaigris.

Lorsqu'on explorait la sensibilité des doigts, on voyait que celle de l’annulaire et du petit doigt avait beaucoup diminué, sans être abolie, celle des autres doigts était normale.

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