‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 109 sur 174 · MONOMANIE ÉROTICO-MYSTIQUE · texte numérisé non relu

MONOMANIE ÉROTICO-MYSTIQUE

la mémoire de Tailleur à propos de celui qu'il vient de citer, et il en eile un troisième, qui lui est aussi personnel, à la Société psychologique. Une petite conversation s'engage alors sur les rapports de la menstruation et de la folie amoureuse chez les femmes âgées. M. Calmeil déclare que cette vésanie est très-fréquente chez les vieilles aliénées ; mais que, d'accord avec MM. Gerdy, Cerise, Trélat, il croit que la relation pathologique entre rérotomanie et ce retour de la menstruation est un sujet très-rare, un fait à étudier. En feuilletant les documents nécropsiques de Parchappesur la folie nous y avons seulement trouvé (observation 38), une femme de 50 ans, bien réglée et bien portante jusque-là, en proie ensuite à un délire général avec érotisme.

i$'Z— Monomanië érotico-mjstiqite.

(ÎIekàtjdir. Archives cliniques des maladies mentales, 1862. Observât. 99.)

Une jeune fdle , menstruée à dix-sept ans et avec beaucoup de peine, subit h 25 ans une nouvelle perturbation dans la fréquence et l'intensité du flux. Concurremment avec ces anomalies et avec la puberté, survinrent des crises hystériques se compliquant peu à peu de troubles sensoriels à teinte mystique. Des contrariétés jetèrent mademoiselle dans une dévotion extrême : le travail fut délaissé, le caractère changé, l'irritation à son comble. Sortie d'une maison en apparence guérie, elle se montra arrogante, impérieuse, orgueilleuse, et se fit un rôle de persécutée : symptômes unis à un érotisme contenu, et coïncidant avec les désordres menstruels. On la mit dans un Asile. Les sentiments affectifs se pervertirent entièrement, Térotismc déborda, et s'organisa un délire mystique dans lequel elle était enceinte par des œuvres toutes secrètes. Cet ensemble morbide était lié à une exagération des fonctions menstruelles, devenues irrégulières, et accompagnées, soit de douleurs abdominales très-vives, soit de vrais accès hystériques.

Dans sa thèse sur la folle sympathique^ Loyseau dit qu'il y a une li, tison étroite entre la folie religieuse et les ano-

malies du système sexuel ; et il se demande si cela ne tiendrait pas à ce que beaucoup de personnes cherchent dans la religion la consolation d'un amour malheureux ou non satisfait. — Je partage son avis, et j'ajoute que, parmi les religieuses, le délire génésique est, peut-être, le plus fréquent. En proie à des sensations instinctives, la fille pubère ou nubile lutte entre ses devoirs et ses besoins, entre ses principes et ses sensations. Ne trouve-t-elle pas un appui suffisant, elle cherche une aide au sein de la Divinité. Si le système nerveux est prédisposé, la lutte aboutit à l'aliénation, et, la raisonne contre-balançant plus les sens, ceux-ci tombent au pouvoir de l'imagination déréglée.

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