MONOMANIE
mulée en termes presque aussi explicites, à la .page Gi> du tome Ier de son Traité. J'ai connu moi-même, en province, une novice, qui fut cinq fois poussée à l'incendie de son couvent, pendant qu'elle avait ses règles. Le tribunal qui l'a condamnée apprit avec étonnement, pende temps après, qu'elle avait succombé à une congestion cérébrale : on peut voir Phistoire que j'en ai publiée dans la Gazelle médicale de Lyon, en 1 8 5 N .
f 50. — Monomanie incendiaire.
Morel. Études cliniques sur les mal. ment. 1852, t. Ier, p. 319.
Marie-Emélie, âgée de 16 ans, n'ayant jamais été menstruel', éprouve des maux de tète, des palpitations, des goûts bizarres. Puis, sous l'empire d'instincts morbides, elle met le feu dans plusieurs endroits et vole dans les églises. On la traduit en cour d'assises, qui la renvoie à l'asile d'aliénés de Mareville. Pendant son séjour dans cet Établissement, elle n'a, par sa conduite, donné lieu à aucune répréhension grave; sous l'influence d'une médication apropriée, les règles sont venues, les instincts se sont modifiés, le caractère s'est montré plus franc, plusexpansif, et deux ans après son entrée, elle offrait les signes d'une franche guérison.
Cette Observation, qui a été reproduite par M. Baume, comme un exemple de crise (Thèse de Paris 1864, pagell), doit rentrer dans le cadre de mes recherches, — et je la revendique hautement. 11 arrive quelquefois que, après des fièvres graves de longue durée, la nature, avec son instinct et dans sa prudence, ne voulant pas accu ni nier perte sur perte, retarde la réapparition des menstrues; comme dans un cas antérieur, rappelé par Morel, et comme dans le cas précédent. Ici, l'Age seul diffère ; celui de nos trois monomaniaques incendiaires viendrait corroborer les affirmations des médecins légistes, qui sont persuadés que L'instinct de la destruction se remarque presque toujours chez les jeunes
filles de 12, 15, 20 ans, et surtout, comme le ditTaufflieb, à l'époque de la menstruation. L'école allemande est celle qui a le plus appuyé cette opinion, et à sa tête se place Vogel. (Voyez, pour le premier, les Annales d'hygiène publique et de médecine légale de juillet 1855. — Po.ur le second, Matériaux pour la doctrine médico-légale de l'imputation, édition de 1855. Stendal.)