‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 124 sur 174 · Monomanie homicide · texte numérisé non relu

Monomanie homicide

[Annales de Hencke. 1827. 5e cahier. Copenhague .

Marie Lorentzen, née de parents hypochondriaques, âgée de 18 ans, habituellement valétudinaire, est sujette aux maux de tête, à l'insomnie et à des interruptions de règles qui exagèrent ces accidents. Chaque fois qu'elle entend parler d'un assassinat, elle éprouve un sentiment d'horreur. Au mois de juillet 1821, les règles subissent de plus grandes irrégularités; les vertiges, la céphalalgie augmentent. Au mois de septembre, les règles cessent de paraître ; la mémoire s'égare quelquefois, et la malade, pendant ses heures d'insomnie, est prise de mélancolies, de cauchemars, d'envies homicides. Le 8 novembre suivant, Marie tord un mouchoir en forme de corde, et se rend auprès de sa maîtresse endormie. Elle lui tamponne la bouche avec son mouchoir, et s'empare de ses mains... Madame Baggcr tombe de son lit, et parvient à se dégager. La lutte cesse, et la malade se sauve à travers champs dans l'intention de se donner la mort, pour éviter de pareils crimes. Mais, chemin faisant, elle, change d'avis et va se constituer prisonnière à la police. Cette lille fut déclarée non coupable, sur la déclaration du Collège de santé, connue ayant agi sous l'influence d'une affection corporelle où la suppression des règles avait eu la plus grande part.

La gradation pathologique est visible. Plus la menstruation devienl difficile, plus la santé se dérange. Les

MOXOMÀNIE; ICI

règles cessent de couler, le délire éclate. Il n'y a donc aucun doute sur Faction causale. Le Collège de santé, du reste, ne s'y est pas trompé, et a considéré la meurtrière comme irresponsable. Beaucoup de faits analogues, et qui passent inaperçus, sont insérés dans les feuilles publiques. On peut lire dans les journaux du 26 juin 1832, dans le Temps entre autres, la relation de quatre assassinats consécutifs accomplis par une jeune femme mariée depuis huit jours, et chez laquelle l'excitation génitale avait provoqué l'explosion d'une folie prête à éclater. (Lisez Foderé. Essai médico-légal sur les diverses espèces de folie vraie ou raisonnée, etc. page 209. — Strasbourg, 1852.)

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