Ulanie
(BlUERRE DC BoiSMOXT. IbîdCM., p. 100 . )
Une jeune fille, aux approches de ses règles, ne savait plus ni ce qu'elle disait, ni ce qu'elle faisait. Cet égarement mental cessait avec l'apparition de.s menstrues. L'esprit était intact pendant le reste du mois.
m.vmk. m
Les hommes de loi ne sauraient trop méditer les exemples de ce genre, qui démontrent que, chez certaines femmes, avant l'époque des règles, la sensibilité devient plus vive, la conception plus difficile, que le caractère prend quelque chose de bizarre et de capricieux. Il est peu de médecins qui l'ignorent, et qui ne constatent que ces défauts de la sensibilité peuvent aller jusqu'à déterminer des aberrations intellectuelles et la cécité de la volonté.
(Brierre de Boismost. Annales mêdic. psijch., 1851, t. III, p. G02-603.)
Une demoiselle de 44 ans, bien constituée, intelligente, instruite, a toujours été d'un caractère impérieux , mais d'une grande force de volonté. Blessée dans son amour-propre, déçue dans son ambition, elle devient peu à peu exaltée et Maniaque à l'époque menstruelle, et recouvre ensuite rapidement la raison. Au bout de trois semaines, elle quitte l'Etablissement. Mais aux approches de la période utérine suivante, les mêmes symptômes se reproduisent avec actes de violence. Conduite de nouveau dans mon Etablissement, elle reste quatre jours dans cet état; avec la cessation des règles, les phénomènes se dissipent. À chaque période menstruelle, des phénomènes semblables ont lieu. Voilà dix-huit mois que cela dure. Peut-être la raison reprendra-t-elle complètement le dessus, quand le flux menstruel aura complètement cessé.
Regrettons de ne pouvoir connaître le terme de cette situation. C'eût été une leçon pleine d'intérêt, au point de vue de l'influence de la ménopause.
199— Manie.
(B.uluhger. Annales mcd. psychoL> 1855, p. 555.)
Une jeune fille fut arrêtée à une gare de chemin de fer, en proie à une violente agitation Maniaque, avant ses règles. Con-
190 DES NÉVROSES MEiNSTÏUJELLES.
duitc à la Salpêtrière, clic y fut soumise à l'usage de l'opium, porté successivement de cinq à quinze centigrammes. Au bout d'une vingtaine de jours, le mieux survint. Mais, le mois suivant, l'accès étant revenu, on administra de nouveau le remède qui réussit.
Il y avait deux mois et demie que les règles n'avaient pas paru, lorsqu'elles se mirent à couler avec abondance pendant six jours ; dès lors la Manie reparut avec intensité. Nouvel emploi du médicament, porté ta vingt centigrammes, associé au fer. Le 20 juillet, la malade sortait guérie ; la menstruation n'avait exercé aucune influence fàcbeuse.
Je crains bien que l'opium n'eût aussi bien agi chez un jeune homme que chez cette jeune fille; puisque une foule de médecins ont préconisé cette substance dans la Manie, et assurent s'en être parfaitement trouvé auprès des deux sexes. La liste en serait trop longue ; car il faudrait remonter jusqu'à Avicenne, Celse, Aetius elc.
(Guislain. Leçons sur les pJirénopathies, 20e leçon, p. 117.)
Une demoiselle de 21 ans était atteinte d'une Manie qui revenait tous les mois, vers la fin de ses règles. Je lui faisais prendre des bains froids dans l'intervalle du déjeuner et du dîner, et la faisais promener ensuite. Les accès diminuaient d'intensité, mais ils persistaient. On négligea de faire promener la malade après l'administration du remède, et, le lendemain, il se déclaraun violent accès de fièvre. Ce lut le seul... mais il dura deux jours, et depuis lors ne reparut plus.
Voilà une crise par la fièvre, une véritable crise, comme nous en avons vu une: l'accès esl survenu, non poinl comme un retour fonctionnel, mais comme incident perturbateur, et se substituant aux moyens thérapeutiques.
19». — manie.
(Sadvet, Réflexions sur l'emploi des évacuât, sanguines, etc. Annales méd, jmjc/i, t. XII, 1848, p. 178.)
Marguerite, 16 ans, tempérament sanguin, bien réglée pendant deux ans. Deux ans après, suspension de l'écoulement, et, aussitôt après, accès de Manie de trois ou quatre jours de durée, coïncidant avec l'époque menstruelle. Depuis ce moment, tous les mois, à la même époque, le délire éclate et disparaît après une application de sangsues, que l'on fait tantôt aux régions supérieures des cuisses, tantôt aux malléoles.
Dans son Mémoire, l'auteur, quelques pages avant, a écrit: « L'on voit des femmes Maniaques, fortement constituées, plus réglées que d'habitude, éprouver un surcroît d'agitation au moment de leurs règles. Nul doute qu'il ne faille, alors, employer les évacuations sanguines. La pléthore est telle que la saignée devient un adjuvant des menstrues, paraît-il, insuffisant. » C'est ce qu'avait dit Guislain, d'une façon plus explicite. « Une menstruation copieuse invite parfois à l'emploi des saignées locales ; lorsqu'elle marche de front avec l'injection de la face, un état étincelant des yeux, une langue vermeille, de l'animation, de la gaieté, des chants, de la force dans le pouls. Alors, je fais parfois des déplétions au bord des os iliaques, là où sont les ovaires. Ainsi que je l'ai déjà dit, les femmes aliénées éprouvent souvent dans la région ovarienne des douleurs obtuses, profondes, qui simulent des douleurs rhumatismales. En employant alternativement les bains tièdes, et en faisant, à des intervalles plus ou moins rapprochés, une application de huit à dix sangsues au bas des lombes, on fait changer la Manie de face, et, dans certains cas, on parvient à rendre la malade à la santé » (Phrénopathies, — XXXe leçon, p. 158).
1i)S DES NÉVROSES MENSTRUELLES.