‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 145 sur 174 · Manie hystérique · texte numérisé non relu

Manie hystérique

(J. B. Barthez. Consultations de médecine, 1807, t. Ier, p. 2GG.)

Une demoiselle de 25 ans, bien réglée et bien portante, entre, après une promenade qui l'a mise en sueur, dans une église fraîche où elle s'endort. Les règles, qui coulaient depuis le matin, se dérangent. Cette irrégularité s'accompagne de douleurs dans la région hypogastrique, d'oppression très-considérable, de crampes dans l'extrémité inférieure gauche qui se paralyse. Gha-

que mois, h la même époque, les mêmes symptômes se produisent. La malade, améliorée, cessa le traitement pendant deux mois, et fut reprise des accidents signalés, auxquels s'ajouta un vrai délire hystérique.

Rapprochons cette histoire de celle que Ph. Pinel rapporte, d'après un auteur anglais, pour prouver l'action de l'aménorrhée subite et accidentelle dans la production de la Manie et celle du froid sur l'aménorrhée (observation 184), et demandons s'il n'y a pas eu là un obstacle mécanique,

£»9. — Manie hystérique.

(Buisson. Considérât, niéd. sur deux cas de méd. prat. Thèse de Montpellier, 1810.)

Deux jeunes filles, l'une de 12 ans et l'autre de 15, s'imaginent avoir été ensorcelées par des pommes de terre qu'une vieille femme, à qui elles avaient refusé la charité, leur a données. Elles sont prises de vomissements, de convulsions, de fureur, perdent la parole, et se livrent à mille extravagances. Après un fort purgatif, administré vraisemblablement dans l'intention de débarrasser l'intestin des substances crues vénéneuses, le délire redouble violemment, les règles paraissent; et aussitôt le calme revient avec la lucidité. Elles restèrent très-bien guéries.

Foderé, qui cite le cas, le fait suivre des réflexions suivantes : « Il est possible que ces pommes de terre aient renfermé un principe vénéneux ; mais quelle que soit la cause de cette névrose compliquée, la guérison doit être attribuée au concours de trois événements : l'arrivée du printemps, un accès de délire plus fort, l'apparition des menstrues. » Les saisons peuvent-elles être pour quelque chose dans la guérison d'une folie? C'est fort douteux. In accès de délire violent peut-il servir de crise à un délire de même nature? C'esl peu probable. Reste l'apparition des menstrues, pour expliquer la terminaison heureuse de tous accidents.

23©. — Manie IiTsIt'rique.

(Dejaèghèhe. Annales médico-légales belges, 1843 )

Une fille de 55 ans, dont la mère était morte aliénée et dont plusieurs frères avaient été atteints de troubles intellectuels, ayant vu ses règles dérangées, fut prise d'accès hystériques avec conceptions délirantes. Elle resta pendant deux ans dans un état d'intelligence presque nulle, et incapable du moindre travail corporel ; des accès de rage frénétique interrompaient de temps en temps le calme le plus parfait.

Vers le commencement de la troisième année, elle offrit des signes d'altération organique du poumon, et à mesure que celte maladie faisait des progrès, les accès hystériques diminuaient d'intensité et l'intelligence devenait de plus en plus libre. El!e s'éteignit calme, tranquille et raisonnable.

Cette Observation, qui a été écrite dans le but de montrer rinfluence des maladies incidentes sur l'aliénation mentale, n'en porte pas moins ici un utile enseignement.

Evidemment, les troubles de l'utérus ont été le point de départ des troubles intellectuels, chez une fille toute préparée par l'hérédité. Mais, dans des circonstances organiques différentes , c'est-à-dire dégagées d'une maladie semblable, l'écoulement menstruel eût sans doute rétabli l'équilibre intellectuel ; car le poumon fluxionné a empêché toute déviation salutaire, et a fait ce qu'eût pu faire une fluxion utérine. Quand des actes physiologiques d'une certaine valeur s'exercent en même temps, le plus puissant atténue l'autre. C'est l'explication du célèbre aphorisme d'Hippocrate : Duobus iaboribus simul abortn , non in eodem loco, veJicmentior obscurcit altcrum.

23t. — Manie hystérique.

[Marcé. Gazette des hôpitaux. 11 novembre 1856, p. 526.)

Une dame de 26 ans offrait, après chaque accouchement, un délire bien caractérisé.

Neuf mois après le dernier, ayant souffert beaucoup de fatigues, et trois mois après le sevrage, à la suite d'une émotion vive, attaque d'hystérie. Quinze jours se passent, et les règles arrivent : excitation.

A la menstruation suivante, accès d'aliénation mentale qui se dissipe avec les règles. Pendant plusieurs mois, et malgré des toniques, retour périodique de l'aliénation constituée par de l'agitation, de la loquacité, des spasmes, de la violence dans les actes, du désordre dans les idées. On eut alors la pensée de pratiquer une saignée : dès lors les accès revinrent, quoique moindres, en même temps que les règles. Les mois suivants, le traitement fut continué ; chaque fois l'accès fut moindre, et la guérison s'acheva parla diète lactée, les évacuations sanguines ayant donné tout ce quon était en devoir d'attendre.

Cette Observation est intitulée : Manie hystérique, suite de sevrage. Est-ce bien le sevrage qui a causé la folie? Celuici aurait pu agir de deux manières : en causant une réplétion, ou une métastase. Dans le premier cas, les déplëtions sanguines étaient parfaitement indiquées ; dans le second cas, les attractifs révulsifs sont surtout de mise. Je nie rappelle parfaitement que Recb guérit une Maniaque, en rappelant la sécrétion lactée au moyen d'un chien qui remplaçait son nourrisson, — et Ton sait l'importance, exagérée peut-être, que le public attribue aux purgatifs après la cessation de l'allaitement. Les Annales d'électricité et d'hydrologie médicales de ces dernières années l'enferment un cas très-intéressant de lypémanie causée par le sevrage, et guérie par le retour de la sécrétion lactée : le docteur Van Holsbeck l'avait obtenue au moyen de l'électricité appli-

quêe sur les mamelles. Mais, ici, rien ne prouve que le sevrage doive être accusé. Le délire éclate après chaque accouchement, une émotion et les fatigues déterminent l'hystérie, et depuis, chaque menstruation produit le délire. Nous ne pouvons guère nous expliquer comment la guéri son a pu résulter d'une thérapeutique, qui semhlo en contradiction avec la pratique et la science ; car il a dû y avoir anémie.

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