Dyspnée -vertigineuse
(J. N. Corvisart. Essai sur les maladies du cœur, 2e classe, observ. 2ô.)
Une femme, née d'un père mort, disait-elle, d'une maladie semblable à la sienne, avait joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de 32 ans, époque à laquelle elle éprouva une légère douleur à la région du cœur qui devint tumulteux. Pendant trois années consécutives, la santé de cette femme ne fut pas autrement altérée, jusqu'à ce que les scènes sanglantes de la révolution vinssent ajouter aux palpitations et à la difficulté de respirer des mouvements convulsifs. L'état resta stationnaire jusqu'à l'âge de II ans.
Alors, le llux menstruel, qui avait toujours parcouru ses périodes naturelles, venant à se supprimer, détermina l'augmentation de la dyspnée et des vertiges. Et la malade, en dépit des soins, mourut une année après.
Certainement, l'âge critique n'a point été ici la cause de l'altération du cœur , mais il y a contribué. Tant que les fonctions de la matrice se sont accomplies normalement, le mal est demeuré en suspens ; une fois les fonctions de la matrice suspendues, la fluxion locale s'est détournée, et s'est ajoutée à la congestion viscérale pour précipiter la mort. L'observation 9 nous a montré, du reste, les relations qui peuvent s'établir entre la menstruation et l'asthme convulsif, chez une malade atteinte de cette dernière maladie, depuis qu'elle n'était plus en proie à des migraines substitutives de ses règles. Qui ne connaît, d'ailleurs, l'oppression à laquelle sont sujettes des femmes au commencement de leur grossesse, à l'époque où l'on ne peut expliquer cette sensation pénible par le volume de l'utérus, par une pression mécanique.