‹ Des névroses menstruelles; ou, La menstruation dans ses rapports avec les maladies nerveuses et mentalesChapitre 88 sur 174 · DÉLIRE FÉBRILE · texte numérisé non relu

DÉLIRE FÉBRILE

les maisons d'aliénés — que, par la cessation du flux menstruel, les personnes prédisposées sont privées d'un puissant dérivatif el partant plus exposées à la fluxion cérébrale.

g IV.

HO. — Délire fébrile.

(Dusourd. Opère citato. Observ. G9.)

Une demoiselle, sujette à des agitations nerveuses, se met dans l'eau froide au début de ses règles. Celles-ci se suppriment. Dès le soir se font sentir une vive douleur à la tête, despandiculations, et un peu de fièvre. Le lendemain, grande agitation et persistance de la fièvre. — Saignée, bains de pieds, potions purgatives. Le second jour : délire violent, extrême agitation et très-peu de fièvre; sinapismes, réfrigérants sur la tête, sangsues à la vulve, julep à la laitue et à la valériane, extrait aqueux d'opium. Amélioration. Puis, retour des accidents avec la cessation du traitement, et complication d'une fièvre intermittente. Alors, cessation des accès et du délire. On dirige un courant de vapeur sur la vulve... peu à peu reviennent les règles, qui calment les désordres. Les troubles nerveux ne cédèrent définitivement, que lorsque les indices de la menstruation reparurent.

lit— Délire fébrile.

(Vandermonde. Journal de médecine et de chirurgie, 1759, t. X, p. 21.)

Une fille d'environ 25 ans, étant irrégulièrement menstruée depuis dix mois, fut attaquée d'une fièvre avec délire, que le médecin crut indépendant de la pyrexie et constituer une aliénation mentale. Réfléchissant à l'irrégularité des règles, aux douleurs de tète que la malade avait éprouvées après la suppression, M. Majaud, médecin del'Hotel-Dieu, lit appliquer six sangsucs à la vulve. Pendant deux menstruations, il v eut un mieux

très-marqué; à l'époque de la troisième, les règles reparurent, et la malade fut guérie.

Le médecin a fait preuve d'une grande sagacité ; car il étail difficile d'entrevoir la véritable cause de ce délire fébrile, et le succès du traitement a confirmé sa manière de voir. Que de gens, à sa place, n'eussent pas manqué de rejeter cette cause avec énergie, et eussent été loin de la soupçonner! Le délire, évidemment, n'était qu'un épipliénomène, une dépendance de l'hypérémie cérébrale.

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