Lypémanie
(FoDERÉ. Traité du délire, 1817, t. 2, p. 191.)
Une fille de 27 ans éprouve des affections tristes, qui amènent des dérangements dans la menstruation. Incohérence dans les idées à chaque époque périodique, actes de fureur dans l'un desquels la malade tente d'étrangler sa mère, puis mélancolie sombre avec idées de possession.
Elle court les églises pour se faire exorciser, elle porte des reliques pour empêcher que le diable ne l'enlève, etc. Conduite à la Salpêtrière, elle y subit, à son entrée, les remontrances sévères de l'inspecteur, qui ébranle ses convictions erronées. Au huitième jour, les règles s'annoncent par un pouls fréquent et convulsif, par des yeux vifs, un visage rouge, et la céphalalgie.
Le dix-huitième jour, fièvre continue avec redoublements tous les i3oirs, suivie de sueurs abondantes. La fièvre prend le carac-
LYPÉMANIE. i8t
tère intermittent, les menstrues se régularisent, et cette fille sort peu de temps après parfaitement rétablie.
A n'en pas douter, c'est à la fièvre, qui a servi de crise, que nous devons le retour des règles, et parlant la guérison, ' Nous ne nions pas qu'en certaines circonstances Técoulement menstruel n'agisse lui-même comme crise, indépendante de toute causalité ; mais cet exemple est une preuve bien manifeste qu'il peut aussi être le signal du retour à la santé par le fait seul de son retour, et non comme phénomène critique incident,