VIII
ty t. — Lypémaiiie.
(Petr. Forestus. De cercbr. morbis, 1660, observât. 24.)
Une jeune fille de 20 ans, d'une faible constitution, d'un tempérament bilieux, éprouve la suppression du flux cataménial. — Un ulcère, d'où suinte un sang noir, paraît aussitôt après a la cuisse.
Un charlatan, consulté, fait sécher la plaie : aussitôt le sommeil s'enfuit, Tagitation survient, le délire arrive, des accès de colère violents suivent le trouble mental caractérisé par des idées tristes de damnation auxquelles se mêlent parfois quelques idées erotiques. Un homme de l'art, appelé, ordonne une saignée du pied, et obtient, après une évacuation copieuse, la réapparition des règles. . .
Les désordres intellectuels cessent immédiatement, et le calme renaît ensuite comme par enchantement.
Cette malade a guéri, et s'est mariée depuis.
Ceux qui doutent des transpositions humorales seront bien forcés de reconnaître ici le transport subit d'une fluxion de l'utérus à la cuisse, sous la forme d'un ulcère saignant ; attendu que le retour provoqué des règles a fait disparaître l'ulcère en même temps que le délire, vraisemblablement occasionné par la déviation menstruelle- On se rappelle ce que nous avons dit de la double tendance hémorrhagique de la femme au moment de la puberté et de la ménopause.
LYPÉMAKIE. m
iVS. — Lypémniiie.
IRetdellbt. Dictionnaire en 60 vol. art. Métastasse.)
Les règled, chez une demoiselle, s^étaient supprimées à la suite d'une vive frayeur*
Bien portante auparavant, et d^uiie belle santé, elle tomba tout à coup dans une tristesse qui faisait un constraste frappant avec sa gaieté ordinaire. Elle n'eut, pendant quelque temps, d'autres symptômes que la perte de l'appétit, des accès d'impatience, de mauvaise humeur, de brusquerie. Mais la menstruation ne reparaissant pas, quels que fussent les moyens que Ton pût mettre en usage, les facultés intellectuelles furent bientôt altérées.
Tous les mois, en outre, il se manifestait sur le visage une grande quantité de boutons qui n'étaient autre chose que le résultat d'un effort de la nature pour suppléer à la menstruation. Les moyens hygiéniques les plus convenables, unis à l'usage des sangsues fréquemment répétées, avaient au bout de quelques mois amené une amélioration marquée — lorsque je me vis forcé de quitter cette malade.
Une autre demoiselle, dont j'ai suivi le traitement pendant un assez long temps, m'a offert la réunion des mêmes symptômes.
Certaine analogie avec l'Observation précédente. Seule* ment) ici, la déviation menstruelle se portait à la face sous la forme d'une éruption, probablement un acné, l'éruption de la jeunesse.
Il est présumable que la persévérance du traitement eût amené la guérison déjà en bonne voie.
iVS. ^ Lypémanie.
[Ghambon. Maladies des femmes, V' partie, pngo 987;]
Une femme de 28 à 30 ans, d'un tempéramcilt très-bilieuse, vit ses règles supprimées. Son ventre était alors empâté, et elle était tombée dans un état de mélancolie avec délire. On Tuvail
m DES NÉVROSES MENSTRUELLES.
exposée infructueusement au supplice du traitement qu'on emploie sans discernement pour les Maniaques ou les Furieux, sans chercher à connaître la cause de la maladie. Je prescrivis des bains doux, un régime humectant, et une saignée du bras quelques jours avant l'époque où les règles auraient dû reparaître. Elles eurent un léger écoulement. — Après quelques semaines, je prescrivis un purgatif. Je parvins à dissiper le délire, et je fis enfin disparaître jusqu'au moindre sujet de crainte, qui aurait pu causer de l'agitation dans l'esprit de la malade.
La Mélancolie, dit l'auteur, est une maladie grave après la disparition des règles ; elle gêne la circulation abdominale, et favorise la production des obstructions et des squirrhes. En outre, elle altère le sang, qu'elle décompose, et cause une sorte de scorbut. Il donne cette Observation comme un exemple rare de cette maladie avant l'époque critique. Disons, en passant, que nous ne pouvons qu'applaudir à la façon dont il s'élève contre les moyens barbares, usités envers les fous de son temps.