Miitlfline Inf ercDrr«nt, on aphasie
(P. Berthier. Gazette des Hôpitaux, H juin 4864.)
Une paysanne, sanguine et robuste, entre à l'infirmerie, en proie à une agitation maniaque accompagnée de gastralgie qui ne tarde pas à se dissiper. Mais, trois mois après, à la suite d'une aménorrhée produite par l'immersion des pieds dans Teau froide, la malade est prise de symptômes hystériques avec mu-
* Traité de pathologie interne, t. IV, p. 30 et 31 .
tisme complet, dont elle a conscience et qui l'oblige à parler par signes. Depuis, chaque mois, dès que les règles ont cessé, les mêmes phénomènes paraissent; et pendant tout le temps de son mutisme, elle montre plus d'intelligence, plus de souvenir. Rien n'a pu empêcher le retour de cet état surprenant.
L'empire qu'exerce l'utérus sur le système cérébral, et les rapports si connus entre les organes de la voix et ceux de la génération sont ici visibles. La chose est d'autant plus singulière que nous avons eu affaire à une forte constitution, à un fort tempérament, à une nature agreste. Dira-ton qu'il y a eu lésion des lobes antérieurs du cerveau? Comment caractériser une lésion cérébrale qui avive Tintelligence et aiguise la mémoire, sans entraîner avec elle des troubles symptomatiqucs?
Si, comme le dit M. Jules Falrct {Dict. encycl.^ art. Aphasie, p. 612), il y a peu d'observations authentiques propres à démontrer l'existence de l'aphasie chez les hystériques, nous devons nous estimer très-heureux d'avoir pu constater nous-même celle que nous venons de relater. La Gazette des Hôpitaux de 1871 contient une observation d'aphasie hystérique, publiée par le D"* Bazin, de Corbcil ; mais cette aphasie, étant liée à une grossesse, n'a que des rapports éloignés avec le sujet actuel.