‹ Des névroses menstruellesChapitre 21 sur 130 · III · texte numérisé non relu

III

tZ. — Dyspnée.

(lïuNERwoLFF. Cité par Chambon dans ses Maladies des filles, t. II, p. 20.)

Une fille de 19 ans, ayant été attaquée d'une suppression, fut prise de lassitude et de difficulté de respirer. Son corps devint tacheté. Elle respirait très-difficilement, et avait de fréquentes défaillances. Après les premières doses d'un remède qui lui fit

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rendre par le nez quelques livres de sang, survint une faiblesse profonde. Les taches de la peau se dissipèrent par le moyen d'un bon régime et d'une liqueur emménagogue, et la malade se rétablit.

D'après l'exposé de ce récit, il est manifeste que le sang, ne pouvant s'écouler par son réservoir naturel, a reflué vers les organes respiratoires, probablement les parties faibles, pour y former une fluxion. Cette explication a été donnée par Freind, Boerhaave, Van Swieten et Ph. Pinel. De là les symptômes mentionnés. Et il a fallu que le reflux n'ait pas été très-énergique, puisqu'il n'a pas produit l'hémoptysie. Qui n'a vu, dans le cours de sa pratique, des aménorrhées suivies de pétéchies et de suintements hémorrhagiques par les bronches, soit spontanées, soit provoquées par un faible attouchement? Il est des auteurs qui établissent une corrélation intime entre les hémorrhagies et le système nerveux. Jules Parrot, qui a publié en 1859 une intéressante monographie sur les sueurs de sàng^ leur donne le nom à' hémorrhagies névropathiques (pp. 58 et 69) ; et je me demande si les stigmates des cénobites et des illuminés ne pourraient pas précisément s'expliquer par l'état nerveux dans lequel ces personnages demeurent plongés...

ItS. — Dyspnée Tertlglnease.

(J. N. GoRVisART. Essai sur les maladies du cœur, 2* classe, observ. 23.)

Une femme, née d'un père mort, disait-elle, d'une maladie semblable à la sienne, avait joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de 32 ans, époque à laquelle elle éprouva une légère douleur à la région du cœur qui devint tumulteux. Pendant trois années consécutives, la santé de cette femme ne fut pas autrement altérée, jusqu'à ce que les scènes sanglantes de la révolution vinssent ajouter aux palpitations et à la difficulté de respirer des mouvements convulsifs. L'état resta stationnnire jusqu'à l'âge de 41 ans.

Alors, le flux menstruel, qui avait toujours parcouru ses périodes naturelles, venant à se supprimer, détermina l'augmentation de la dyspnée et des vertiges. Et la malade, en dépit des soins, mourut une année après.

Certainement, l'âge critique n'a point été ici la cause de l'altération du cœur , mais il y a contribué. Tant que les fonctions de la matrice se sont accomplies normalement, le mal est demeuré en suspens ; une fois les fonctions de la matrice suspendues, la fluxion locale s'est détournée, et s'est ajoutée à la congestion viscérale pour précipiter la mort. L'observation 9 nous a montré, du reste, les relations qui peuvent s'établir entre la menstruation et l'asthme convulsif, chez une malade atteinte de cette dernière maladie, depuis qu'elle n'était plus en proie à des migraines substitutives de ses règles. Qui ne connaît, d'ailleurs, l'oppression à laquelle sont sujettes des femmes au commencement de leur grossesse, à l'époque où l'on ne peut expliquer cette sensation pénible par le volume de l'utérus, par une pression mécanique.

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