Hystérie suivie d'amblyople
(Tagubt. Opère citatOf p. 28.)
La menstruation s'est établie avec peine, et un peu tard, à l'âge de 17 ans, chez mademoiselle Julia, et pendant un an elle s'est accompagnée de crises hystériques qui ont disparu avec la régularisation du flux sanguin.
Mais,.après des chagrins multipliés et de diverse nature, les règles se sont supprimées, et les attaques convulsives sont revenues avec une amblyopie. Elle a 24 ans.
On serait en droit de supposer, à entendre les auteurs, que rhystérie causée par la menstruation est des plus communes. Beau a montré {Archives générales de médecine^ livre XI, juillet 1836) par des tableaux statistiques portant sur 227 femmes, que l'époque de la menstruation est celle où cette maladie est la plus fréquente. Hyacinthe Musset, dans son Traité des maladies nerveuses (1844, p. 269) s'exprime ainsi : « Je me range à l'opinion du plus grand nombre, et je pense que les anomalies de la menstruation contribuent beaucoup à déterminer cette maladie. En voici un exemple tout à fait remarquable : Une dame était très-peu, très-mal, et très-in^égulièrement réglée. Comme elle était très-passionnée, son mari ne lui sufQsait pas et elle avait des adorateurs. A trente ans, elle devint hystérique sans cause connue; à Tâge critique, elle se trouva guérie, et continua la même existence : à soixante-douze ans, elle était encore belle, fraîche, leste, pimpante, sans aucune infirmité. Elle est morte à plus de quatre-vingts ans. A quoi attribuer cette hystérie? A la continence? Non. A l'excès des jouissances? Non, puisque elle s'est conservée jusqu'à l'âge le plus avancé. Est-ce plutôt à l'irrégularité et à la rétention des menstrues? C'est ma conviction intime : si les accidents cessèrent, c'est
que l'utérus n'était plus dans des conditions favorables à leur développement, »
Nous ne sommes pas aussi convaincu que notre confrère, surtout en voyant le petit nombre d'hystériques figurer dans notre catalogue ; et je crains bien qu'on n'ait abusé du mot pour expliquer des opinions accréditées dans les masses, qui confondent la plupart du temps l'hystérie et la nymphomanie, grâce à l'étymologie abusive de la première de ces affections.
lY.