Migraiiies
(TissoT. Traité des nerfs, 1783, chap. XXH, art. 1.)
Une Anglaise de 25 ans, sujette chaque mois, dès l'âge de 13 ans, à une forte migraine, n'en avait été exempte que pendant six mois, à la suite d'une couche.
Une dame de Lyon, âgée d'environ 50 ans, ayant eu pendant plusieurs années dés migraines régulières, les avait perdues et était sujette, depuis ce moment, à un véritable asthme convulsif dont les accès étaient très-forts.
Je viens de recevoir une autre femme qui était venue, il y a neuf ans, me consulter pour différents maux qui l'avaient attaquée, après une fièvre violente, à la suite de laquelle des migraines, auxquelles elle était fort sujette auparavant, n'étaient point revenues non plus que ses règles. Après trois mois de traitement, les règles reparurent, les migraines revinrent quelques semaines ensuite, et ce fut alors, seulement, que sa santé se rétablit, du moins relativement.
On voit que la douleur hémicrânienne était en rapport constant avec l'état de l'utérus. Chez la première malade la couche établit une révulsion puissante que nous voyons opérée dans une foule de maladies, — dans le cours de ce recueil signalée à propos d'une femme hystérique (observât. 60, supplémentaire), d'une dame hypochondriaque (observât. 127), d'une épileptique (observât. 85, remarque) et dont on retrouve une preuve dans H. Musset {Traité des maladies nerveuses^ 1844, p. 255). La gestation, cependant, n'agit pas toujours comme dérivatif, mais aussi comme élément négatif; ainsi qu'on le vit chez une femme qui cessa d'être asthmatique en devenant enceinte , parce que les règles étaient chez elle une cause d'affaiblissement, motif immédiat de l'état asthmatique (Barry. A Treatise on the
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three digestions, p. 214 — et Robert Whytt, Vapeurs et maladies nerveuses, traduct, de 1767, p, 58),
Chez la seconde malade les migraines étaient tellement liées à la menstruation, que, l'une et l'autre simultanément disparues, sont remplacées par un asthme. Dans la troisième, un phénomène presque analogue se produit, et la malade ne peut recouvrer la santé qu'avec le retour des règles en même temps que de la migraine.
Nous aurons à reparler de cette fatale alternance,
[Gardanne. De la Ménopause, 1821, p. 352.)
Une dame, d'un tempérament lymphatique nerveux, fut sujette à des migraines passagères pendant tout le temps de la menstruation. A Tàge de 49 ans, ses douleurs devinrent perma^ nentes durant six semaines. En vain avait-on employé les sangsues au cou, les saignées du bras, etc., la malade succombait à la souffrance. Nous pratiquâmes la section de l'artère temporale : les douleurs diminuèrent et il ne resta, au bout de quelques jours, qu'un état passager de stupéfaction. La cessation des menstrues ne tarda pas à s'opérer, et cette dame fut guérie d'une maladie qui la tourmentait depuis trente années.
La constitution de cette dame ne supportait pas la fonction menstruelle ; et dès que les règles ont pu s'arrêter normalement, les migraines se sont dissipées. Le résultat thérapeutique est ici la seule pierre de touche applicable. Peut-être que si, au début, on eût fortifié l'économie, en combattant l'état lymphatique, on eût pu prévenir ou tout au moins abréger la durée d'une expression diathésiquc qui ne fit qu'aggraver la ménopause et qui ne cessa qu'avec sa disparition .