V. — Migraines
(Observations de l'auteur.)
Une femme de l'asile d'aliénées de la Madeleine, à Bourg-en- Bresse, et que j*ai soignée, était, depuis l'interruption de ses règles, atteinte de migraines mensuelles. Celle-ci cessant, la malheureuse fut prise d'une fièvre intermittente et de folie. Elle avait 46 ans.
Chez une autre malade du même établissement, âgée de 55 ans, la menstruation était remplacée par une migraine.
Ces faits ont une frappante analogie avec les précédents, qu'ils corroborent. Il y a des maux devenus nécessaires, des organismes tellement disposés qu'ils sont voués à une misère ou à l'autre, faute de soins dès le début.
La diathèse nerveuse a de telles racines, qu'une d'elles arrachée une autre la remplace : uno avulso^ non déficit aller.
Il est bien entendu que la fièvre intermittente ayant cessé, la folie a persisté. Et, probablement, cette fièvre — essentiellement nerveuse — n'était que le prélude de l'aliénation mentale. Du reste la céphalalgie, quelle que soit sa forme, manque rarement dans la menstruation, l'on a vu même des femmes tellement en souffrir qu'elles appelaient la mort. • Il n'est pas d'auteur qui ne l'ait signalée dans sa pathologie.