niéiilng^lte
(AifBRAL. Op. citi T. V, p. 130.)
tJne couturière de 28 ans, mère de famille, est vivement affectée de quelques propos extravagants. Les règles, au milieu de leur cours, se suppriment, et cette femme est prise aussitôt d'un violent frisson qui dure vingt-quatre heures;
Le lendemain, phénomènes hystériques.
Le troisième jour, rejet de toute ingestion.
Le cinquième, douleur rachidienne, pouls fréquent, constipation.
Le septième, sommeil agité, roideurs tétaniques.
Le huitième, délire.
Le neuvième, face gripée, augmentation de l'algie, regard incertain, soubresauts tendineux.
Le dixième, sueurs froides, trismus violent, oppression, mort.
Autopsie : inflammation des méninges encéphalo-rachidiennes*
Il est fâcheux que les antécédents nous soient restés inconnus. On y aurait pu trouver les éléments créateurs de Taffcction. Le fait n'en existe pas moins, frappant et terrible : là encore, il faut supposer une grande prédisposition héréditaire ou acquise. L'expérience apprend que l'hérédité doit être soupçonnée, toutes les fois que la cause est trop en disproportion avec l'effet ^
fis. — méningite.
(Martin. Mémoires de médecine, etc., 1835, p. 391.)
Une fille de 17 ans, d'une forte constitution, d'un tempérament sanguin lymphatique, contracte l'habitude de Tonanismc. Six semaines se sont à peine écoulées, que les traits du visage s'altèrent : elle éprouve des palpitations, de l'oppression , une toux sèche* des hémoptysies, une tristesse profonde... L'évacuation menstruelle, qui venait d'avoir lieu, avait été moins abondante. Sangsues aux cuisses, amélioration.
A Tépoque suivante, l'écoulement reste insuffisant, et tous les accidents se renouvellent ; sangsues aux cuisses, amélioration. Au
* Ceux qui no seraient pas convaincus de T existence de cetle sorte do méningite, pourraient lire, dans un ouvrage des plus sérieux de Parent-Duchatclet etL. Marlinet, sur V inflammation de Varachnoïdey les pages 11, 17, 184 de l'édition de 1821, où sont formulées les opinions de ces savants, et Tobservation XXIil, intitulée : « Àracbnitis par suppression de menstrues » .
lois de mai, le flux diminue encore: engorgement des genoux, n juin, douleurs crâniennes, névralgie intermittente. Peu à peu étal empire: douleurs intolérables, trouble des idées. Délire, mvulsions au milieu desquelles la mort survient peu de temps près.
L'onanisme, paraît-il, aurait été la cause de cette terrile maladie. Je ne le nie pas; les paralysies consécutives
ce vice ne sont pas très-rares, et d'un aiitre côté, les afîctions cérébrales troublent presque constamment le cours es menstrues. Mais on sait combien les excitations sexuelîs, provoquées par l'irrégularité de la menstruation, soUi- Itent à la masturbation ; donc je suis porté à penser que elle-ci n'a été qu'une association, qui a activé le mal.
Ce qui me le fait encore supposer, c'est l'amélioration onsécutive à chaque application de sangsues, c'est encore 'hémoptysie, supplément probable d'un flux incomplet, 'est enfin Tarthrite consécutive à la diminution de ce flux it qu'il ne faut pas confondre avec l'arthralgie hystérique lont parle Bricrre de Boismont.
Quoique les faits de cette série soient, heureusement, plus isséminés et moins communs, ils n'en sont pas moins réels, 'il y a doute ou duplicité de cause dans certains cas, les utres ne permettent pas de douter de leur légitimité ; d'aumt mieux que le diagnostic a été vérifié par l'autopsie, exipté dans une des Observations.
Les troubles menstruels — principalement la suppression
— peuvent donner lieu, occasionnellement ou directement,
des accidents fluxionnaires capables de produire le délire
BERTBIER. -- NÉVROSES. S
fébrile avec ou sans épilepsie et les diverses formes de la pî ralysie, et de se terminer par la mort. Ces accidents,* pli communs à Tâge critique, très-rares pendant la jeunesse^iz3e, n'épargnent point Tâge adulte, et ne surviennent jamaKr is avant Tâge de puberté. Le tempérament sanguin sembl s'y prêter le mieux. Cette opinion, — qui était celle d'Abei crombie, Lallemand, Gendrin, Andral, OUivier d'Angers • ne doit laisser aucun doute, aujourd'hui, dans les espri
L'écoulement insuffisant, l'écoulement immodéré, le d faut d'écoulement des règles, détermine chez les filles (3^^ préférence et chez celles surtout douées du tempérame sanguin, diverses troubles fonctionnels du système nen'cur souvent bénins, sérieux dans certains cas, très-graves dar'^^s quelques autres, pouvant dégénérer en altérations [organ i" ques et aller jusqu'à compromettre la vie, ou entraîner à leu-:===ir suite d'incurables infirmités. Les maladies, dont je parle, nomment : spasmes, névroses, convulsions, congestion paralysies, inflammations cérébrales.
Aucun âge nubile n'eât à l'abri de ces accidents- Tout^^' fois ils dépassent peu le temps critique, et ne survienne*^* jamais avant 14, 16, 18 ans. Un relevé des observatior:^^ d'Hoffmann donne le résultat suivant : sur onze affectior^s hystériques, cinq se rapportaient à la puberté et cinq ^ l'âge critique ; une seule se déclara vers 21 ans.
Les femmes sont-elles plus souvent frappées d'apoplexî^ après qu'avant 40 ans? Les femmes paralytiques vivent, di t-* on, plus longtemps que les hommes de leur espèce. Darx^ certains Asiles, elles fournissent une assez longue carrières '
m prétend que la périodicité des règles est un puissant déîvatif contre la paralysie.
Mais les paralysies générales, passé Tâge de 50 ans, doraient s'éteindre plus rapidement, puisqu'elles ne sont ilus secourues par cet important tribut! D'un autre côté, 'apoplexie, est, en général, très-rare chez les femmes, Taprès l'avis de Rocheux et contrairement à celui de Gham- K)n. N'y aurait-il pas chez les femmes, pour l'explication le ce fait, une différence de réceptivité qui établit une plus grande passivité du cerveau, une réaction moins vive, une lésorganisation plus lente? Ou bien, comme le pense Grinaud, ne tiendrait-elle point à ce que les maladies nerveuses, plus fréquentes chez les femmes, surtout à l'âge îri tique, sont moins dangereuses ; en vertu de cet axiome lippocratique : une maladie est d'autant moins à craindre jumelle a plus de rapports avec la constitution du corps qui l'éprouve? Minus periculosè xgrotant iiy vel tempori familiari morbus est^ quam quibus horum nuUo officiis cofjnatusque existit.
Le flux cataménîal insuffisant détermine plus spécialement la pléthore, les accidents congestifs du cerveau et de ses membranes* Celle-ci s'associe volontiers à l'hystérie qui, chez quelques sujets prédisposés, se change en épilepsie, mal non inconnu de nos pères et désigné sous le nom d*épilepsie utérine par Sennert, Janson, Lansonnius, Ghamlon; épilepsie ab utero^ par Johnston; épilepsiejoo/y/?osa, far Hoffmann ; épilepsie pléthorique, par Bonnet; épilepsie angiotériique^ par Esquirol.
Comment donc distinguer Cette épilepsie de celle dite esentielle?
Pomme consacre un chapitre à Tépilepsie hystérique, cauéc par la menstruation vicieuse. Voici comment il s'exprime : le paroxysme épilcptique n'aura lieu que dans le etnps périodique des règles ; c'est ce qui la différencie de
la véritable épilepsie, qui reconnaît une cause particuliè dans le cerveau. {Traité des vapeurs^ 2^ édit., p. 122.) médecins de l'antiquité admettaient cette différence. Ils perr
saient que les convulsions utérines étaient plus dangerei ses; parce que, disaient-ils, la semence et les autres liquidei^aes filtrés dans les parties de la génération acquièrent, par un^ise stase trop longtemps continuée, une acrimonie qui infeci non-seulement les esprits animaux, mais encore les liqu des en circulation dans les canaux, et que, répandus ej suite dans toutes les parties du corps, ils y occasionnet::»^ un empoisonnement destructeur. Ainsi parlaient Senner €;, Willis, Pimerose, Houiller, Baillou, Vanhelmont, Syden.ham.
Je ne partage leur opinion, ni quant à cette gravité, ni quant à l'interprétation. L'épilepsie sympathique, qu'elle ait son origine dans le foie, l'intestin, le cœur, l'utérus, sera toujours moins grave ; si les affections qui l'engendrent ne sont point dégénérées en maladies organiques. Mais, je crois à cette distinction, quanta la nature, à la cause, aux symptômes, au point de départ. Maintenant, y a-t-il toujours apparence seule de perte de connaissance, dans l'épilepsie menstruelle? Les convulsions en sont-elles toujours bien tranchées ? L'action des odeurs sur les femmes atteintes d'affection nerveuse de source utérine est-elle, comme on l'a écrit, la pierre de touche qui sert à le reconnaître"? L'avenir nous l'apprendra.
Ne passons pas outre, sans constater l'influence de 1^* menstruation sur le mal caduc chronique. Nous la vérifions à chaque instant. Le professeur Bazin, un savant aliéniste cl<^ Bordeaux, a fait relever chaque jour le nombre des atlaquo^" de ses épilepliques, avec l'indication des époques merx--' struelles; chez toutes, à cette époque, les attaques étaient plus fréquentes; beaucoup, même, n'en ont eu qu'à moment.
La rétention menstruelle produit, dans des circonstances heureusement exceptionnelles, des dangers plus grands encore : la congestion, l'apoplexie, la méningite, la myélite.
J'ai dit exceptionnelles ; quoique certains auteurs, Ollivier d'Angers entre autres, aillent jusqu'à dire que les congestions sanguines du rachis chez les femmes sont le plus souvent causées par la suppression d'une évacuation habituelle, telles que les lochies et les règles [op. citât. ^ tom. II, p. 57 et suiv. de l'édition de 1837).
Ludwig avait émis des idées analogues, bien longtemps avant. « Les douleurs dorsales, qui existent si souvent dans les fortes coliques d'intestin, dépendent d'une affection de la portion lombaire de la moelle, qui communiquent avec le grand sympathique, etc. Le sentiment de tension dans le dos et les lombes, accusé par les femmes chez qui Téruption des règles est difficile, résulte aussi d'une irritation semblable de la moelle épinière. » {Advers. med. pract., 1770, tome P% p. 711.)
Quelques années plus tard, J. Franck écrivait : « La circulation veineuse et artérielle du rachis et de la moelle doit éprouver de nombreuses modifications, dans le cas où il axiste quelques engorgements chroniques des viscères abdominaux, ou lorsque l'utérus est distendu par le produit ie la conception. » A côté de cela, il range les affections ie la moelle, qui surviennent à la suite d'une suppression des règles, d'un flux hémorrhoïdal, ou de toute autre hémorrhagie habituelle {Praxxos med. univers. Prxcept.^ 1822,tomeVI, p. 26).
Ces paroles confirment celles de Pierre Franck :
« Est-il donc étonnant que la suppression d'un flux habituel, comme les règles ou les hémorrhoïdes, soit souvent accompagnée de douleurs dorsales et lombaires, etc.? N'estce pas, encore, à la congestion et à la distension des sinus vertébraux et des veines vertébrales qu'il faut attribuer cer-
il8 DES NÉVROSES MENSTRUELLES.
taines douleurs du dos et des membres inférieurs, quelque^i^^es névralgies sciatiques, certaines claudications, divers moimi-^uvements convulsifs, la stupeur ou la paralysie de ces mem^r^^i' bres? » {Delectus opusmlorum medicorum^ 1792, tom, IMl -I De vertebr. column.)
Ces symptômes divers, comme l'indique Joseph Franc! se manifestent quelquefois pendant l'écoulement même, comme l'observation de Gendrin en fait foi (n° 69),
Enfin, Pierre Franck assure qu'ils peuvent se présente^^r
avant l'écoulement, comme l'avait signalé Hippocrate, dan ss
les Coaqiies.
Une fois la congestion cérébro-spinale admise, il est fa^ cile de se rendre compte, par la réitération des épancher ments séreux, des exsudations plastiques, voire des inflam — mations.
L'écoulement immodéré^ ainsi que toutes les pertes ex— ' cessives, occasionnent presque toujours des phénomènes convulsifs : ce qui a été remarqué depuis Hippocrate, distinguant les convulsions qui tiennent aux lésions fonctionnelles de celles qui tiennent aux lésions organiques , souvent assez graves pour devenir mortelles. Elles se produisent en vertu de l'axiome : Sanguis moderator ner^ vorum.
Les causes morbides, dans ces cas, sont : les émotions morales et les impressions atmosphéx^iques. Quelquefois, il est vrai, elles s'unissent à l'irrégularité ou au défaut; mais il est impossible de ne pas reconnaître que le trouble menstruel a presque toujours été la cause fondamentale, Admet-^ tons quelques réserves, pour les circonstances où une émotion brusque aurait pu suffire à engendrer les désordres nerveux; mais établissons en principe le point de départ capital dans les fonctions utérines. L'action du trouble des règles sur les nerfs moteurs s'explique parfaitement, du. reste, par celle qu'exerce le poumon sur le centre médul-
laire. La respiration opère le mouvement dilata toire de la moelle comme du cerveau : dans les émotions violentes et répétées, ces dilatations se suspendent, ralentissent le cours du sang veineux, et produisent la stase des sinus vertébraux et des veines dépourvues de valvules. De là, les congestions du rachis.
De l'ensemble de ces considérations découle une thérapeutique, basée sur des doctrines et des faits. Le climat, la constitution, le tempérament, l'âge, le genre de vie, les maladies antérieures, l'habitude diététique, la diathèse primitive seront pris en considération, et jamais invoqués comme raisons banales.
On n'oubliera pas en vertu de quelles lois se produit le flux des règles, la double tendance hémorrhagique, générale, partielle : l'on constatera la nature du désordre menstruel. Toutes choses fondamentales, sur lesquelles nous reviendrons à propos du traitement.
Nota. — Si nous avons fait figurer ici des fluxions irritatives ou phlegmasiques parmi les névroses, — qui sont, d'après la léfinition classique, des états nerveux sans lésion organique ap- 3réciable — c'est que, d'abord, comme nous venons de le dire, îeux-ci sont souvent le point de départ des autres; c'est, enmite, que ces deux ordres de phénomènes ont le même siège, et jue nous aurions cru notre œuvre incomplète, si nous ne l'aidions envisagée sous toutes ses faces et dans toutes ses consé- :|uences.